Le Nigeria, première économie d'Afrique subsaharienne, se positionne comme un acteur majeur dans l'adoption des cryptomonnaies, notamment des stablecoins. Selon Journal du Coin, le Fonds monétaire international (FMI) vient de publier un rapport soulignant les risques liés à cette tendance. D'après les données compilées, le pays capte à lui seul 60 % des flux crypto du continent, un chiffre qui reflète à la fois l'engouement local pour ces actifs et les défis réglementaires associés.
Cette concentration des transactions en stablecoins – des cryptomonnaies indexées sur des actifs stables comme le dollar – interroge les autorités internationales. Pour les experts du FMI, elle pose des questions sur la stabilité financière du Nigeria, où l'inflation chronique et la dépréciation de la naira poussent les citoyens à se tourner vers des alternatives décentralisées. Journal du Coin rappelle que cette dynamique s'inscrit dans un contexte où le pays est déjà le troisième au monde en volume d'échanges crypto, derrière les États-Unis et la Russie.
Ce qu'il faut retenir
- Le Nigeria représente 60 % des flux crypto d'Afrique subsaharienne, selon le FMI.
- Les stablecoins y sont massivement adoptés, en réponse à l'inflation et à la dépréciation de la naira.
- Le pays est le troisième au monde en volume d'échanges crypto, derrière les États-Unis et la Russie.
- Le FMI s'inquiète des risques pour la stabilité financière liés à cette adoption accélérée.
Une adoption qui s'accélère malgré les défis économiques
La popularité des stablecoins au Nigeria s'explique par des facteurs structurels. Avec un taux d'inflation dépassant 30 % en 2025 et une monnaie locale, la naira, en constante dépréciation face aux devises étrangères, les citoyens cherchent des moyens de préserver leur pouvoir d'achat. Les stablecoins, comme l'USDT ou l'USDC, offrent une relative stabilité, contrairement à la monnaie nationale. Journal du Coin précise que cette tendance s'est amplifiée depuis 2023, année marquée par une restriction accrue des transferts d'argent vers l'étranger par la banque centrale nigériane.
Pourtant, cette adoption massive n'est pas sans risques. Le FMI met en garde contre la volatilité potentielle de ces actifs, malgré leur ancrage théorique à des devises stables. En cas de crise de confiance ou de liquidité, les détenteurs de stablecoins pourraient subir des pertes importantes. Les autorités nigérianes, déjà sous pression pour réguler le secteur, peinent à encadrer ces flux, souvent opaques et transfrontaliers.
Le FMI appelle à un cadre réglementaire renforcé
Dans son rapport, le Fonds monétaire international souligne la nécessité d'un cadre réglementaire adapté pour encadrer l'utilisation des stablecoins. «
L'adoption rapide de ces actifs dans un contexte de faible inclusion financière et de forte inflation nécessite une supervision accrue pour éviter des risques systémiques», a déclaré un porte-parole du FMI. Le Nigeria, qui avait déjà interdit les cryptomonnaies en 2021 avant de partiellement revenir sur sa décision, se retrouve face à un dilemme : stimuler l'innovation tout en protégeant son système financier.
Les autorités locales semblent divisées. Certains responsables prônent une libéralisation partielle pour capter les bénéfices économiques, tandis que d'autres militent pour un contrôle strict afin d'éviter les dérives. Journal du Coin indique que des discussions sont en cours avec des acteurs du secteur pour élaborer une stratégie nationale, mais aucun calendrier précis n'a encore été annoncé.
Une chose est sûre : le Nigeria reste sous surveillance. Son modèle d'adoption des stablecoins pourrait inspirer – ou inquiéter – d'autres économies émergentes confrontées aux mêmes défis.
D'après les données compilées par Journal du Coin, les stablecoins les plus échangés au Nigeria sont l'USDT (Tether), l'USDC (USD Coin) et le DAI. L'USDT domine largement le marché, représentant plus de 80 % des volumes d'échanges.
La banque centrale nigériane a d'abord interdit les cryptomonnaies en février 2021, avant de partiellement assouplir sa position. Depuis, elle impose des restrictions sur les transferts d'argent vers l'étranger et surveille de près les plateformes locales. Aucune mesure spécifique ciblant les stablecoins n'a encore été annoncée.