Annoncé en 2021, « Le Grand Tour », le train ultra-luxueux conçu par le parc du Puy du Fou pour relier Paris à son site emblématique, tarde toujours à voir le jour. Selon BFM Business, ce projet pharaonique, initialement prévu pour une commercialisation en 2023 puis repoussé à 2025, accumule les retards en raison de difficultés d’homologation ferroviaire.
Ce qu'il faut retenir
- Un retard de plus de trois ans sur le calendrier initial, qui prévoyait un lancement en 2023.
- Des problèmes d’homologation liés à l’innovation du projet, jamais exploré par un opérateur privé en France.
- Un trajet de 4 000 km sur six jours, passant par Reims, Annecy, Avignon et le Puy du Fou, avec des étapes culturelles et viticoles.
- 15 cabines de 10 à 30 m², équipées de salles de bain privatives, pour un maximum de 30 passagers par voyage.
- Un prix de départ à 4 900 euros, pour une expérience « sur mesure » visant 600 voyageurs la première année.
D’après les informations de BFM Business, « Le Grand Tour » doit son existence à l’audace de Nicolas de Villiers, président du Puy du Fou. Ce dernier avait imaginé un train alliant le charme de la Belle Époque à une expérience immersive, mêlant voyage et spectacles. Pourtant, malgré l’engouement suscité à l’annonce du projet, sa concrétisation se heurte à des obstacles administratifs et techniques.
Le principal écueil réside dans l’homologation des voitures, entièrement conçues sur mesure. « La dimension pionnière de cette aventure a un corollaire : la création de ce train très innovant impose de respecter un cadre réglementaire spécifique, particulièrement exigeant en matière ferroviaire, qu’aucun opérateur privé n’avait exploré avant le Puy du Fou », explique un porte-parole du projet à BFM Business. Les organismes d’homologation accompagnent le projet, mais les délais s’avèrent plus longs que prévu.
Outre ces contraintes réglementaires, le projet a subi un contretemps imprévu : un changement d’industriel en charge de la rénovation des voitures récupérées auprès de la DB, la SNCF allemande. Ces wagons, transformés pour l’occasion, devaient symboliser l’alliance entre tradition et modernité. Pourtant, leur adaptation aux normes actuelles s’est révélée plus complexe que prévu.
Si « Le Grand Tour » devait initialement desservir des étapes prestigieuses – comme les vignobles de Saint-Estèphe ou les champs de lavande d’Annecy –, son itinéraire final reste inchangé : Paris (gare de l’Est), Epernay, Reims, Beaune, Annecy, Aix-en-Provence, Avignon, Chenonceau et le Puy du Fou. Le parcours, d’une durée de six jours et cinq nuits, couvre près de 4 000 kilomètres, avec des arrêts prévus dans des lieux habituellement fermés au public. Nicolas de Villiers n’hésitait pas à qualifier ce projet de « plus grand spectacle jamais créé » par le parc.
Côté prestations, le train se veut un condensé de luxe à la française. Les 15 cabines, dont les surfaces varient de 10 à 30 m², offrent un confort comparable à celui d’un palace cinq étoiles : salle de bain privée avec douche et toilettes, literie haut de gamme, et espaces aménagés pour des moments de détente. Le tout dans un style rétro soigné, évoquant l’Orient Express sans en être une copie. « Nous voulons une expérience immersive et sur mesure », insiste Nicolas de Villiers. Avec seulement 30 passagers par trajet, l’objectif est de garantir un service personnalisé, à l’image des croisières les plus exclusives.
Le tarif, lui, reflète cette ambition : les billets débutent à 4 900 euros par personne, hors options supplémentaires. Le Puy du Fou table sur l’engouement de quelque 600 voyageurs la première année, un chiffre qui pourrait évoluer en fonction de la demande et de la notoriété acquise une fois le train opérationnel. Autre particularité : le train sera exploité à 100 % par l’entreprise, qui deviendra ainsi opérateur ferroviaire – une première pour un parc à thème.
Nicolas de Villiers, interrogé par BFM Business, maintient son optimisme quant à la faisabilité du projet. « Ce train est une aventure humaine autant qu’industrielle », a-t-il souligné, rappelant que les défis techniques font partie intégrante de l’innovation. Pour le parc, il s’agit de diversifier son offre et de créer un nouveau vecteur d’attractivité, au-delà des spectacles historiques qui ont fait sa renommée.
Reste à savoir si le marché du tourisme de luxe, déjà concurrentiel, sera réceptif à cette offre. Avec des prix comparables à ceux d’un voyage à l’étranger, « Le Grand Tour » devra convaincre par son exclusivité et la qualité de son expérience. En attendant, le compte à rebours continue pour ce projet aussi ambitieux que fragile.
Selon BFM Business, l’homologation est complexe car il s’agit d’un projet innovant, jamais tenté par un opérateur privé en France. Les voitures, conçues sur mesure, doivent répondre à un cahier des charges ferroviaire particulièrement exigeant. Les organismes certificateurs accompagnent le Puy du Fou, mais les délais dépassent largement ceux initialement prévus.