Selon Journal du Coin, le lobby américain des cryptomonnaies intensifie ses pressions sur le Sénat pour que celui-ci adopte définitivement le CLARITY Act, un texte visant à encadrer le secteur des actifs numériques aux États-Unis. Porté par des acteurs majeurs du marché, ce projet de loi cristallise les attentes d’une régulation claire, alors que l’industrie réclame depuis des années un cadre juridique stable.

Ce qu'il faut retenir

  • Le CLARITY Act est un projet de loi américain visant à clarifier le statut juridique des cryptomonnaies et des entreprises du secteur.
  • Les lobbies crypto, dont des acteurs comme Coinbase et Circle, militent activement pour son adoption au Sénat.
  • Ce texte pourrait définir des règles nationales, évitant ainsi une fragmentation réglementaire entre États.
  • Les défenseurs du projet estiment qu’il renforcerait la compétitivité des États-Unis face à l’Union européenne et à d’autres juridictions.
  • Le vote final, initialement prévu pour mai 2026, a été reporté à plusieurs reprises.

Un texte né de l’impatience des acteurs du marché

Le CLARITY Act a été proposé en 2024 pour répondre à l’absence de cadre fédéral clair aux États-Unis, où les États fédérés appliquent des règles disparates. Coinbase, l’une des plateformes d’échange les plus influentes, a multiplié les prises de position en faveur du texte. « Sans une loi nationale, les entreprises américaines du secteur seront toujours désavantagées face à leurs concurrents étrangers », a déclaré Brian Armstrong, PDG de Coinbase, dans une tribune publiée en mars 2026.

D’autres acteurs comme Circle, émetteur de l’USDC, ou Kraken ont rejoint la mobilisation. Selon leurs estimations, l’adoption du CLARITY Act pourrait attirer plus de 50 milliards de dollars d’investissements supplémentaires en trois ans. « Les États-Unis risquent de perdre leur leadership technologique si une régulation adaptée n’est pas mise en place rapidement », a souligné Jeremy Allaire, cofondateur de Circle, lors d’une audition au Congrès en avril 2026.

Les points clés du projet de loi en débat

Le texte propose plusieurs mesures phares : la définition légale des cryptomonnaies comme « actifs financiers hybrides », l’attribution de pouvoirs de supervision à la SEC et à la CFTC, ainsi que la création d’un régime de licences nationales pour les entreprises du secteur. Patrick McHenry, ancien président de la commission des services financiers de la Chambre des représentants, a rappelé que « ce projet vise à éviter que chaque État ne crée ses propres règles, ce qui créerait une insécurité juridique permanente ».

Le texte inclut également des dispositions pour lutter contre le blanchiment d’argent et protéger les consommateurs, deux priorités pour les régulateurs. Cependant, certains sénateurs républicains, comme Tom Cotton, s’opposent à une supervision trop centralisée par la SEC, qu’ils jugent « trop restrictive ».

Un calendrier sous pression

Le vote au Sénat, initialement prévu pour mai 2026, a été reporté à deux reprises en raison de divergences entre démocrates et républicains. Journal du Coin indique que les lobbies ont obtenu une nouvelle audience auprès des sénateurs la semaine dernière, avec l’objectif de faire adopter le texte d’ici la fin du mois de juin. « Le timing est crucial : les élections de novembre approchent, et certains élus pourraient hésiter à prendre une position tranchée sur un sujet aussi clivant », analyse un observateur du secteur sous couvert d’anonymat.

Si le projet est adopté, il entrera en vigueur six mois après sa promulgation. Les entreprises concernées devront alors se conformer à de nouvelles obligations, comme la déclaration des transactions suspectes ou l’obtention d’une licence fédérale. Les détracteurs du texte, notamment certains défenseurs des libertés individuelles, craignent une surveillance accrue des utilisateurs.

Et maintenant ?

Si le Sénat valide le CLARITY Act d’ici la fin juin, les États-Unis pourraient disposer d’ici la fin 2026 d’un cadre réglementaire parmi les plus avancés au monde. Cependant, les prochaines semaines seront décisives : les lobbies devront convaincre les indécis, tandis que les régulateurs devront préciser les modalités d’application. Une adoption partielle du texte, avec des compromis, n’est pas exclue.

Reste à voir si ce projet, salué par une partie de l’industrie, parviendra à concilier innovation et protection des investisseurs, ou s’il sera victime des clivages politiques avant même d’être appliqué.

Selon Journal du Coin, les principaux soutiens incluent Coinbase, Circle, Kraken, et plusieurs fonds d’investissement comme Andreessen Horowitz et Paradigm. Ces acteurs estiment que le texte renforcerait la position des États-Unis dans la course mondiale aux cryptomonnaies.