À quelques heures du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, prévue ce jeudi 11 juin avec le match opposant l’Afrique du Sud au Mexique, les rues de France vont se parer de maillots aux couleurs des Bleus et des autres nations. Pourtant, l’engouement pour ces tuniques ne se limite plus aux périodes de compétition. Comme le rapporte RMC Sport, le maillot de football a quitté les tribunes pour s’imposer comme un vêtement du quotidien, porté autant pour son esthétique que pour sa symbolique sportive.
Ce qu'il faut retenir
- Les maillots de football, autrefois réservés aux supporters, sont désormais portés comme des accessoires de mode, même en dehors des périodes de compétition.
- Les boutiques spécialisées, physiques et en ligne, enregistrent une forte demande pour des pièces vintage ou des modèles esthétiques, avec des prix allant de 70 € à plus de 600 €.
- Les influenceuses et les maisons de luxe ont contribué à populariser ce phénomène, transformant le maillot en objet tendance.
- Les marques comme Adidas misent sur des collections travaillées, avec des détails comme des cols polo ou des finitions dorées, pour séduire un public élargi.
Un phénomène qui dépasse le cadre sportif
La Coupe du monde, qui débute demain, est souvent l’occasion pour les amateurs de football d’arborer fièrement les couleurs de leur équipe favorite. Pourtant, de plus en plus de personnes portent des maillots de clubs ou de sélections sans même suivre le sport. « J’ai un tee-shirt du Real, je ne sais pas vraiment d’où viennent les maillots, mais la plupart sont beaux », explique une jeune femme interrogée par RMC Sport dans les rues de Paris. Autre exemple, un homme arbore fièrement celui du Celtic Glasgow : « Je suis un supporter de loin, je regarde les scores de temps en temps, mais j’aime l’esthétique du maillot, les rayures, le logo », confie-t-il.
Ce phénomène n’est pas isolé. Une passante, interrogée près des Halles à Paris, raconte avoir acheté « celui du PSG et un autre d’une équipe anglaise, Fulham. Il est blanc et va avec tout. Ils sont moins connus, c’est rigolo ». Autant dire que l’aspect vestimentaire prime désormais sur l’engagement sportif. Les boutiques officielles, les magasins d’équipementiers et les friperies ont bien compris cette évolution : elles mettent en avant des rayons entiers dédiés aux maillots, qu’ils soient vintage ou récents.
Le marché du maillot : entre collection et tendance
Le virage vers la mode s’accompagne d’un essor des commerces spécialisés. À Paris, le magasin d’Hippolyte, dédié aux maillots vintage, attire une clientèle variée. « Au début, nous avions surtout des collectionneurs. Aujourd’hui, une nouvelle génération arrive et achète ces produits pour les porter dans une démarche plus mode, plus image », explique le gérant. Les demandes les plus fréquentes ? Le maillot du Brésil, porté par des influenceuses, ou celui de la saison 1998-1999 floqué Ronaldo, estimé à 245 €.
Les prix varient selon l’état, la rareté ou la signature. Les premiers modèles neufs commencent autour de 70 €, mais les pièces portées ou signées par des joueurs peuvent dépasser 600 €. Les friperies, comme celles du Marais ou de Belleville, consacrent désormais des espaces entiers à ces tuniques, autrefois négligées. « Nous avons énormément de demandes pour le maillot du Brésil. Peut-être parce que des influenceuses ou des blogueuses en ont porté », précise le gérant du magasin parisien.
Quand la mode rencontre le football
Le tournant vers la mode ne date pas d’hier. Dès 2019, des célébrités comme Beyoncé ou Kim Kardashian ont popularisé le phénomène en portant des maillots en public. Les maisons de luxe, à leur tour, se sont emparées du concept. Pierre Maturana, créateur du média Dégaine et rédacteur en chef de Sofoot, souligne l’impact de cette tendance : « Toutes les marques multiplient le nombre de maillots. On voit une attention particulière portée au design. Tout le monde veut son col polo, son détail doré. Nous sommes dans ce qui est sans doute la meilleure période pour les maillots depuis les années 1990. Adidas a fait un travail monstrueux sur ses collections et il y a une communication énorme autour de ces produits ».
Cette Coupe du monde 2026 devrait encore amplifier ce phénomène. Les équipementiers misent sur des collections soignées, avec des collaborations entre marques de sport et créateurs de mode. « Pendant cette Coupe du monde, il y aura un gros sujet sur les maillots », anticipe Pierre Maturana. Un pari risqué pour certains, mais qui reflète l’évolution des attentes des consommateurs.
Un accessoire à double tranchant ?
Si l’accessoirisation des maillots permet de démocratiser le football et de toucher un public plus large, elle soulève aussi des questions. Les puristes dénoncent parfois cette tendance, estimant qu’elle dilue l’identité des clubs et des sélections. Un avis que ne partage pas Hippolyte, le gérant parisien : « Ce n’est pas grave si quelqu’un porte un maillot pour son style. L’important, c’est que le football reste présent dans le quotidien ».
Pour les collectionneurs, en revanche, la valeur patrimoniale des maillots reste un critère central. Les pièces historiques, comme ceux des années 1970 ou 1980, continuent de susciter l’engouement, mais à des prix bien plus élevés. Certains modèles vintage dépassent désormais les 1 000 €, preuve que le marché n’a pas dit son dernier mot.
Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : le maillot de football a désormais sa place dans les garde-robes, au même titre que les t-shirts ou les sweats. Et avec la Coupe du monde 2026, l’engouement ne devrait pas faiblir.
Les maillots vintage attirent pour leur valeur historique, leur rareté et leur esthétique rétro. Les pièces portées par des légendes du football, comme Ronaldo ou Zidane, ou celles des années 1990-2000, sont particulièrement prisées. Leur prix peut atteindre plusieurs centaines, voire milliers d’euros, selon leur état et leur provenance.
Oui, certaines maisons de luxe, comme Gucci ou Louis Vuitton, ont collaboré avec des clubs ou des équipementiers pour créer des collections haut de gamme. Ces maillots, souvent en édition limitée, mélangent design sportif et esthétique luxueuse, avec des prix pouvant dépasser 1 000 €.