Comme chaque fois que le cours du Bitcoin subit une forte correction, des voix influentes n’hésitent pas à annoncer sa fin prochaine. Cette fois, c’est Jeremy Grantham, cofondateur de la société de gestion d’actifs GMO et figure médiatique reconnue pour ses anticipations sur les crises financières, qui se prononce en faveur d’un déclin inéluctable du Bitcoin au cours des prochaines décennies. Une analyse rendue publique dans le cadre d’une interview accordée au média financier CNBC, alors que le marché américain des actifs numériques traverse une période de forte volatilité, selon Cryptoast.
Ce qu'il faut retenir
- Jeremy Grantham, stratège financier et cofondateur de GMO, affirme que le Bitcoin « finira par disparaître lentement » au fil des prochaines décennies, non pas de manière brutale, mais dans l’indifférence croissante des investisseurs.
- Il qualifie la « Proof of Work » du Bitcoin de « inutile » et juge cette cryptomonnaie sans valeur intrinsèque, ne générant aucun revenu, dividende ou flux de trésorerie.
- Le milliardaire souligne que le Bitcoin échoue à remplir les trois rôles traditionnels d’un actif financier : réserve de valeur, moyen de paiement et source de revenus.
- Les sorties nettes des ETF Bitcoin spot ont atteint un record historique de 4 milliards de dollars en juin 2026, un signe de désaffection parmi les investisseurs institutionnels.
- Malgré ces prédictions, les défenseurs du Bitcoin rappellent que cette cryptomonnaie a déjà surmonté de nombreuses crises et conservent un espoir dans son utilité à long terme.
Un analyste historique des crises financières se prononce contre le Bitcoin
Jeremy Grantham n’est pas un inconnu dans le monde de la finance. Ce stratège, dont la société GMO gère des actifs depuis 1977, s’est fait remarquer pour avoir anticipé avec justesse l’éclatement de la bulle Internet au début des années 2000 ainsi que la crise des subprimes en 2008. Dans une interview récente accordée à CNBC, il a une nouvelle fois livré son analyse sur l’état des marchés, évoquant notamment une possible correction majeure liée à l’engouement excessif autour de l’intelligence artificielle. C’est dans ce contexte qu’il a été interrogé sur le statut du Bitcoin, dont il dresse un portrait particulièrement sévère.
Trois arguments pour justifier la fin annoncée du Bitcoin
Pour Grantham, le Bitcoin ne repose sur aucune base économique tangible. Premier point, il ne produit aucun revenu, dividende ou flux de trésorerie, contrairement aux actions ou aux obligations. Deuxième point, il échoue à servir de réserve de valeur stable, son cours restant extrêmement volatile. Enfin, troisième argument, il n’a jamais réussi à s’imposer comme un moyen de paiement largement adopté, malgré son adoption progressive par certains commerçants. « Une preuve de travail qui ne vaudra jamais rien », a-t-il résumé sans détour, qualifiant l’actif de purement spéculatif.
Selon lui, le Bitcoin ne serait donc qu’un produit de spéculation, dont la valeur repose uniquement sur la confiance des investisseurs dans sa capacité à monter, sans aucune utilité réelle. Une analyse qui contraste avec celle des partisans du Bitcoin, qui y voient une innovation monétaire majeure et une alternative aux systèmes financiers traditionnels.
« Avec le temps et au fil des décennies, je pense que le Bitcoin finira par disparaître lentement, pas de façon spectaculaire, mais dans une indifférence croissante. »
Un marché des ETF Bitcoin en pleine érosion
Les prédictions de Grantham surviennent à un moment où le marché des ETF Bitcoin spot, ces fonds cotés en bourse permettant d’investir dans le Bitcoin sans en posséder directement, traverse une période difficile. Les données compilées par Cryptoast révèlent que le mois de juin 2026 a enregistré des sorties nettes record, avec un total de 4 milliards de dollars retirés de ces produits. Un chiffre qui illustre une perte de confiance progressive des investisseurs institutionnels, malgré l’engouement initial pour ces instruments financiers.
Pour autant, certains analystes tempèrent ces chiffres en rappelant que le marché des cryptomonnaies reste jeune et soumis à des cycles de forte volatilité. Les défenseurs du Bitcoin rappellent d’ailleurs que cette technologie a déjà connu plusieurs phases de déclin avant de rebondir, notamment après les corrections de 2018 ou 2022. Bref, si les prédictions de Grantham se fondent sur des arguments économiques solides, elles s’inscrivent dans un débat plus large sur la pérennité des actifs numériques.
Le Bitcoin face à la maturation des marchés financiers
Grantham souligne également que l’intégration croissante du Bitcoin par les acteurs de la finance traditionnelle pourrait accélérer son déclin. Selon lui, les cycles historiquement associés à cette cryptomonnaie tendent à s’estomper avec l’arrivée de capitaux plus structurés, qui exigent une utilité économique claire. Une analyse qui rejoint celle de certains régulateurs et économistes, pour qui le Bitcoin peine à trouver sa place dans un système financier de plus en plus régulé et dominé par les institutions.
Pourtant, malgré ces critiques, le Bitcoin conserve une base d’utilisateurs fidèles et une capitalisation boursière qui en fait l’une des cryptomonnaies les plus valorisées au monde. Son cours, bien que volatil, reste suivi de près par des millions d’investisseurs particuliers et institutionnels. Autant dire que, même si les arguments de Grantham méritent d’être pris au sérieux, le débat sur l’avenir du Bitcoin est loin d’être clos.
Reste à voir si le Bitcoin parviendra à surmonter les défis qui se présentent à lui. Une chose est sûre : le débat sur son avenir ne fait que commencer.
Grantham critique le mécanisme de « Proof of Work », qui consiste à faire valider les transactions par des mineurs utilisant une puissance de calcul massive, en arguant que cette méthode consomme une quantité d’énergie colossale sans générer de valeur économique tangible, comme des revenus ou des flux de trésorerie.
Les sorties nettes record de 4 milliards de dollars en juin 2026 suggèrent une perte de confiance à court terme, mais certains analystes y voient une phase de consolidation après plusieurs années d’engouement. Le marché des ETF reste jeune et pourrait rebondir en fonction des conditions macroéconomiques.