À partir du 4 juin 2026, les 7 500 ordinateurs utilisés par les agents et les eurodéputés du Parlement européen basculeront automatiquement vers Qwant. Selon FrenchBreaches, cette transition, annoncée par courrier électronique aux utilisateurs, consiste à rediriger les recherches effectuées depuis la barre d’adresse des navigateurs Firefox et Microsoft Edge vers ce moteur de recherche français. Bien que les utilisateurs conservent la possibilité de modifier ce paramètre, cette décision illustre la volonté politique de l’Union européenne de promouvoir des alternatives technologiques européennes.
Principaux éléments à retenir
- À compter du 4 juin 2026, le Parlement européen redirige l’ensemble de ses recherches internes vers Qwant, moteur de recherche français.
- Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de souveraineté technologique portée par l’UE pour réduire sa dépendance aux géants américains du numérique.
- Le choix de Qwant repose sur son engagement en faveur de la protection des données personnelles et du respect de la vie privée.
- Malgré une part de marché inférieure à 1 % en France, Qwant reste loin derrière Google.
- Le moteur français a accéléré son indépendance technologique après la fermeture de l’API Bing Search en 2025.
- Une coentreprise avec Ecosia, baptisée European Search Perspective, a été lancée pour développer un index de recherche entièrement européen.
Cette mesure s’inscrit dans un contexte où l’Europe cherche à réduire sa dépendance aux technologies étrangères, notamment américaines. Comme le rapporte FrenchBreaches, la Commission européenne doit présenter, le même jour que l’entrée en vigueur de cette mesure, un nouveau paquet législatif dédié à la souveraineté technologique. L’objectif est de diminuer l’influence des fournisseurs étrangers dans des secteurs stratégiques tels que le cloud, l’intelligence artificielle, les moteurs de recherche ou encore les logiciels professionnels.
Le Parlement européen a justifié son choix en mettant en avant l’approche de Qwant en matière de protection de la vie privée. Contrairement à Google, ce moteur limite explicitement le suivi des utilisateurs et la collecte de données personnelles, une orientation alignée sur les valeurs européennes en matière de confidentialité. Plusieurs eurodéputés avaient déjà demandé en novembre 2025 une réduction progressive de l’utilisation de logiciels américains au sein des institutions.
Un acteur encore marginal mais stratégique
Malgré cette avancée symbolique, Qwant reste un acteur très minoritaire sur le marché de la recherche en ligne. En France, sa part de marché est estimée à moins de 1 %, un chiffre qui contraste avec la domination écrasante de Google, leader incontesté du secteur. Même parmi les alternatives axées sur la confidentialité, Qwant se situe derrière Ecosia sur certains segments du marché.
Cette faible présence s’explique en partie par les difficultés rencontrées par Qwant pour développer son propre index de recherche. Pendant plusieurs années, l’entreprise a utilisé les résultats de Bing grâce à un partenariat commercial avec Microsoft. Cependant, la fermeture de l’API Bing Search en 2025 a profondément affecté son modèle économique, comme l’a confirmé Olivier Abecassis, directeur général de Qwant : « Cette décision de Microsoft a eu un impact majeur sur les revenus de l’entreprise et a ralenti nos efforts pour construire une véritable alternative européenne aux moteurs de recherche américains. »
Une alliance européenne pour rivaliser avec les géants américains
Face à cette situation, Qwant a accéléré sa stratégie d’indépendance technologique. En mai 2025, l’entreprise a racheté le moteur de recherche solidaire Lilo, puis a lancé, quelques semaines plus tard, une coentreprise avec Ecosia appelée European Search Perspective. L’objectif de cette collaboration est de construire un index de recherche entièrement européen capable de rivaliser avec les infrastructures de Google ou Microsoft.
Les responsables du projet estiment que cette initiative pourrait couvrir jusqu’à 30 % des requêtes effectuées en France d’ici la fin de l’année 2026. Un objectif ambitieux, compte tenu de la domination actuelle de Google sur le marché. Selon les porteurs du projet, cette coentreprise vise à proposer une alternative crédible et souveraine pour les internautes européens tout en réduisant leur dépendance aux technologies étrangères.
Une opportunité majeure pour Qwant
Pour Qwant, l’adoption par le Parlement européen représente une visibilité institutionnelle inédite. Cette décision renforce sa crédibilité dans sa quête d’indépendance technologique, alors que l’Europe cherche à construire ses propres champions numériques. Même si son infrastructure reste en phase de transformation, Qwant bénéficie désormais d’un soutien politique fort.
Cette mesure pourrait également inciter d’autres administrations publiques européennes à se tourner vers des solutions développées sur le continent. Au-delà du cas de Qwant, le choix du Parlement européen illustre une tendance de fond : la volonté croissante de l’Union européenne de reprendre le contrôle de ses outils numériques et de réduire sa dépendance aux plateformes technologiques étrangères. Une stratégie qui pourrait profondément transformer le paysage numérique européen dans les années à venir.
Cette décision du Parlement européen s’inscrit dans une dynamique plus large de l’UE pour affirmer sa souveraineté numérique. Si elle ne garantit pas à elle seule le succès de Qwant, elle envoie un signal fort en faveur des alternatives européennes. Il reste à observer si d’autres institutions suivront cet exemple et si les utilisateurs, y compris au sein du Parlement, s’approprieront durablement ce changement.
Le choix de Qwant s’explique par son engagement en faveur de la protection des données personnelles, une valeur centrale pour les institutions européennes. Contrairement à d’autres alternatives, Qwant limite le suivi des utilisateurs et la collecte de données, ce qui correspond aux principes défendus par l’UE en matière de confidentialité.
La tâche s’annonce complexe, car Qwant ne représente actuellement que moins de 1 % du marché français. Toutefois, son partenariat avec Ecosia et la création de l’index European Search Perspective pourraient lui permettre de gagner en visibilité. L’objectif de couvrir 30 % des requêtes en France d’ici fin 2026 reste très ambitieux et dépendra de sa capacité à attirer les utilisateurs et à développer une infrastructure robuste.