Dans une démarche visant à réduire sa dépendance technologique vis-à-vis des États-Unis, le Parlement européen a décidé d’abandonner Google en tant que moteur de recherche par défaut sur ses postes informatiques internes. D’après Frandroid, c’est Qwant, l’outil français développé par OVHcloud, qui a été choisi pour prendre cette place stratégique à partir de septembre 2026.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Parlement européen remplace Google par Qwant, moteur de recherche français détenu par OVHcloud, sur ses ordinateurs internes.
  • Cette transition s’inscrit dans une volonté de souveraineté numérique européenne et de réduction de la dépendance aux technologies américaines.
  • Le changement prendra effet à compter de septembre 2026, date de mise en œuvre prévue.

Un choix stratégique pour l’autonomie numérique

La décision du Parlement européen reflète une tendance plus large en Europe, où plusieurs institutions cherchent à limiter leur exposition aux géants américains du numérique. Selon des sources internes citées par Frandroid, cette migration vers Qwant s’accompagnera d’un accompagnement technique pour garantir une transition fluide. Qwant, créé en 2013, se distingue par son engagement en faveur de la protection des données personnelles et son algorithme sans pistage publicitaire.

Pour le Parlement, l’enjeu dépasse le simple remplacement d’un outil. Il s’agit aussi de marquer une volonté politique d’affirmer une autonomie stratégique dans un secteur dominé par les acteurs américains. Qwant, déjà utilisé par certaines administrations françaises, présente l’avantage d’être hébergé en Europe et conforme au RGPD.

Google encore présent, mais en retrait

Si Google reste disponible pour les utilisateurs qui le souhaitent, son statut de moteur par défaut sur les postes du Parlement européen prendra fin. Aucun calendrier précis n’a été communiqué quant à une possible généralisation de cette mesure à d’autres institutions européennes, mais des discussions sont en cours au sein de l’Union. La Commission européenne, par exemple, continue d’utiliser Google dans ses locaux, bien que des alternatives locales soient à l’étude.

Cette décision intervient alors que les tensions géopolitiques entre les États-Unis et l’Europe s’intensifient, notamment sur les questions de régulation des données et de fiscalité des géants du numérique. Qwant, de son côté, a salué cette initiative et s’est dit prêt à accompagner le Parlement dans cette transition.

Un moteur français soutenu par OVHcloud

Fondé en 2013 par Éric Léandri, Jean-Manuel Rozan et Patrick Constant, Qwant est aujourd’hui détenu majoritairement par OVHcloud, le groupe français spécialisé dans le cloud. « Nous sommes fiers de contribuer à la souveraineté numérique européenne », a déclaré à Frandroid Octave Klaba, président d’OVHcloud. Qwant revendique plus de 50 millions d’utilisateurs en Europe et se positionne comme une alternative crédible aux moteurs américains.

L’adoption de Qwant par le Parlement européen pourrait donc servir de levier pour d’autres institutions. En France, le moteur est déjà utilisé par certaines administrations, comme la Caisse des Dépôts ou encore l’Assemblée nationale pour ses recherches internes.

Et maintenant ?

La mise en œuvre de cette transition est prévue pour septembre 2026, une échéance qui laisse peu de marge pour d’éventuels retards. À plus long terme, cette décision pourrait encourager d’autres institutions européennes à suivre l’exemple du Parlement. Reste à voir si cette initiative inspirera aussi le secteur privé, où Google domine largement le marché des moteurs de recherche.

La question de la compatibilité des outils tiers avec Qwant reste également en suspens : certains logiciels professionnels ou applications internes pourraient nécessiter des ajustements. Enfin, l’impact de cette mesure sur les relations entre le Parlement européen et les autorités américaines pourrait être scruté de près, dans un contexte où les tensions commerciales persistent.