Selon BFM Business, l'économie japonaise a résisté au deuxième trimestre, grâce à des mesures de soutien gouvernementales et de solides exportations, qui ont atténué l'impact de la guerre au Moyen-Orient. Le Produit intérieur brut (PIB) de la quatrième économie mondiale a progressé de 0,3% sur la période avril-juin par rapport au trimestre précédent, selon des chiffres officiels publiés lundi.

C'est toutefois un ralentissement par rapport à la croissance de 0,5% enregistrée au premier trimestre, et une performance inférieure aux prévisions des analystes sondés par l'agence Bloomberg, qui tablaient sur une croissance stable à 0,5%. Les chiffres sont plus mauvais que prévu. La consommation comme l'investissement sont faibles, a déclaré à l'AFP Taro Saito, économiste à l'institut de recherche NLI.

Ce qu'il faut retenir

  • Le PIB du Japon a progressé de 0,3% au deuxième trimestre.
  • La croissance est inférieure aux prévisions des analystes.
  • La consommation et l'investissement sont faibles.
  • Les exportations ont connu leur croissance la plus rapide depuis novembre 2022.
  • Le yen est tombé à son plus bas niveau depuis 40 ans face au dollar.

Contexte économique

La croissance n'est pas due à la vigueur de l'économie, mais à une baisse des importations, car les importations de pétrole sont difficiles en raison des problèmes de circulation dans le détroit d'Ormuz, a ajouté Taro Saito. Le PIB du Japon a progressé au deuxième trimestre à un rythme supérieur à son potentiel, mais le détail des chiffres affaiblit l'argument en faveur d'un relèvement des taux par la Banque du Japon dès septembre, une perspective de plus en plus intégrée par les marchés, a constaté Taro Kimura, expert de Bloomberg Economics.

La consommation des ménages est elle aussi restée faible malgré la progression des salaires réels et la baisse de la fiscalité sur les automobiles, a-t-il ajouté. L'inflation (hors produits frais) a encore accéléré à 1,6% sur un an en juin, dopée par la flambée des cours de l'énergie alors que le Japon est extrêmement dépendant de ses importations d'hydrocarbures.

Impact sur l'économie

Le yen affaibli est en revanche un atout pour les groupes exportateurs nippon, devenus plus attractifs à l'international. Ainsi, les exportations du pays ont connu en juin leur croissance la plus rapide depuis novembre 2022, grimpant de 19,3% sur un an, portées par les ventes d'équipements pour semi-conducteurs et le yen bas. Sur le plan intérieur, Tokyo s'est employé à contrer les pressions inflationnistes.

Après un plan de relance massif adopté fin 2025 et de vastes rabais fiscaux sur l'énergie, de nouvelles aides ont été adoptées au printemps pour soutenir la consommation des ménages. La Première ministre Sanae Takaichi a aussi annoncé fin juillet que la taxe sur la consommation des produits alimentaires allait être ramenée de 8% à 1% à partir d'avril 2027 pour atténuer les effets de l'inflation.

Et maintenant ?

Les experts s'attendent à de nouvelles hausses des taux d'intérêt à l'automne, sur fond d'inflation persistante et alors que l'écart avec les taux bien plus élevés de la Réserve fédérale américaine (Fed) contribue à plomber le yen face au dollar. La devise nippone pâtit toutefois aussi des inquiétudes croissantes sur la politique budgétaire expansive de Tokyo à coup de plans de relance et de rabais fiscaux, alors que la dette du pays représente plus du double de son PIB.

En conclusion, l'économie japonaise a résisté au deuxième trimestre, mais la croissance est inférieure aux prévisions et la consommation et l'investissement sont faibles. Les exportations ont connu leur croissance la plus rapide depuis novembre 2022, mais le yen est tombé à son plus bas niveau depuis 40 ans face au dollar.