Le sud de l’Europe devient de plus en plus vulnérable aux feux de forêt. Selon une étude publiée le 30 juillet 2026 dans la revue Scientific Reports, le nombre de journées estivales offrant des conditions particulièrement favorables à l’émergence et à la propagation de feux intenses a plus que doublé en quarante-cinq ans dans cette région. Reporterre, qui relaie ces travaux, souligne que l’analyse s’appuie sur la comparaison entre les données historiques des incendies en France, en Italie, en Grèce et dans la péninsule ibérique et les conditions météorologiques enregistrées sur cette même période.
Ce qu'il faut retenir
- Le nombre de journées estivales propices aux feux intenses a doublé depuis 1980 dans le sud de l’Europe.
- L’étude, parue dans Scientific Reports, couvre la France, l’Italie, la Grèce et la péninsule ibérique.
- Les chercheurs ont croisé les données d’incendies réels avec les conditions climatiques des quarante-cinq dernières années.
- Le risque accru est directement lié aux changements météorologiques observés en Europe du Sud.
Une tendance alarmante confirmée par les données
Les auteurs de l’étude ont analysé 45 années de relevés pour établir une corrélation entre les conditions météo et les départs de feu. Plus de 12 000 incendies ont été pris en compte, couvrant des superficies variables selon les années. Les chercheurs ont notamment observé que la durée des épisodes de sécheresse prolongée et les températures estivales extrêmes ont fortement augmenté depuis les années 1980. Reporterre précise que ces paramètres créent un environnement idéal pour les feux de grande ampleur, difficiles à maîtriser une fois déclenchés.
Des régions particulièrement exposées
Parmi les zones étudiées, certaines concentrent des risques accrus. En Espagne, notamment en Andalousie, et au Portugal, les forêts méditerranéennes sont devenues des points chauds pour les départs de feu. En France, le sud-est, avec des massifs comme l’Esterel ou les Maures, est également concerné. En Grèce, les îles et les zones montagneuses voient régulièrement des feux dévastateurs en été. Ces régions partagent un climat méditerranéen marqué par des étés secs et chauds, conditions qui, selon les scientifiques, favorisent la propagation rapide des incendies.
Les chercheurs rappellent que 90 % des feux sont d’origine humaine, directement ou indirectement. Les causes incluent les négligences (barbecues, mégots), les activités agricoles ou encore le changement climatique, qui amplifie la fréquence et l’intensité des canicules.
« Les modèles climatiques indiquent que cette tendance va se poursuivre dans les décennies à venir, à moins d’une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre. »
— Un chercheur cité par Reporterre
Des conséquences déjà visibles
Les incendies récents en Europe du Sud ont déjà montré l’ampleur des dégâts. En 2023, plus de 500 000 hectares ont brûlé en Grèce, un record depuis les années 1980. En 2025, l’Italie a enregistré des feux dévastateurs en Sicile et en Calabre, entraînant des évacuations massives. Ces événements illustrent la gravité de la situation, alors que les saisons estivales deviennent de plus en plus longues et chaudes. Les experts soulignent que la gestion forestière et les politiques de prévention doivent s’adapter à cette nouvelle donne pour limiter les risques.
Pour rappel, les données utilisées dans cette étude proviennent de bases de données climatiques et d’archives d’incendies compilées par des organismes européens, dont Météo-France et l’Agence européenne pour l’environnement. Ces travaux s’inscrivent dans un contexte plus large de hausse des températures en Europe, où les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes et intenses.
D’après l’étude, 90 % des incendies sont d’origine humaine, que ce soit par négligence (barbecues, mégots), activités agricoles ou pyromanie. Le reste est lié à des causes naturelles, comme la foudre. Le changement climatique aggrave la situation en augmentant la sécheresse et les températures.