Les autorités britanniques ont annoncé mardi avoir démantelé un vaste réseau de cryptomonnaies utilisé par des entités russes pour blanchir près de 90 milliards de dollars d’actifs depuis 2017. Selon Journal du Coin, cette opération, coordonnée avec des partenaires internationaux, marque l’une des plus importantes saisies de ce type jamais réalisées en Europe.

Ce qu'il faut retenir

  • Un réseau russe a blanchi 90 milliards de dollars en cryptomonnaies depuis 2017 via des plateformes opérant depuis Londres.
  • Les autorités britanniques ont démantelé ce réseau en collaboration avec des partenaires internationaux.
  • Cette opération s’inscrit dans le cadre de sanctions contre la Russie et le financement d’activités illicites.
  • Les cryptomonnaies utilisées incluaient le Bitcoin, l’Ethereum et d’autres actifs numériques.
  • Les fonds étaient majoritairement issus d’activités liées à la cybercriminalité et à l’évasion fiscale.

Une infrastructure financière dissimulée à Londres

Selon les informations recueillies par Journal du Coin, le réseau démantelé s’appuyait sur des plateformes d’échange et de services financiers basées à Londres. Ces structures, présentées comme légales, servaient en réalité de couverture pour des transactions illicites. Les fonds étaient ensuite redistribués via des comptes offshore et des entités écrans, rendant leur traçabilité particulièrement complexe. Les enquêteurs ont souligné l’utilisation intensive de technologies de mélange de cryptomonnaies (mixers) pour brouiller les pistes.

Les autorités britanniques n’ont pas précisé si des arrestations avaient été effectuées dans le cadre de cette opération. Cependant, des sources proches de l’enquête ont indiqué que plusieurs responsables présumés du réseau faisaient l’objet d’un mandat d’arrêt international. Les investigations se poursuivent pour identifier l’ensemble des bénéficiaires finaux de ces flux financiers.

Un montant record dans le blanchiment crypto

Avec un volume estimé à 90 milliards de dollars, ce réseau dépasse largement les précédentes affaires de blanchiment crypto connues en Europe. À titre de comparaison, l’affaire du réseau « Crypto Capital Corp », démantelé en 2019, avait impliqué environ 8 milliards de dollars. Les enquêteurs estiment que près de 70 % des fonds transitaient via des exchanges non régulés ou des services de mixing, tandis que le reste transitait par des plateformes légales complices ou négligentes.

Cette saisie s’inscrit dans un contexte de durcissement des sanctions contre la Russie. Depuis 2022, les autorités occidentales multiplient les actions pour couper les flux financiers liés à Moscou, notamment via les cryptomonnaies. En mars 2024, le Trésor américain avait déjà sanctionné plusieurs entités russes impliquées dans des schémas similaires, mais cette opération britannique marque un tournant par son ampleur.

« Ce réseau illustre l’utilisation croissante des cryptomonnaies par les acteurs malveillants pour contourner les sanctions et financer des activités illicites. Nous ne laisserons pas Londres devenir un sanctuaire pour ces flux. »
— Un porte-parole du National Crime Agency (NCA), cité par Journal du Coin

Des cryptomonnaies au cœur des réseaux criminels russes

Les enquêteurs ont révélé que les fonds blanchis provenaient principalement de trois sources : la cybercriminalité (rançongiciels, fraudes en ligne), l’évasion fiscale et le financement d’activités liées au renseignement russe. Les cryptomonnaies les plus utilisées étaient le Bitcoin (45 % des transactions), suivi de l’Ethereum (25 %) et du Tether (15 %). Les autres actifs incluaient des stablecoins et des altcoins moins régulés.

Une partie des fonds servait également à financer des opérations d’influence en ligne, notamment via le financement de médias pro-russes ou de campagnes de désinformation. Les services de renseignement britanniques ont confirmé que certains flux correspondaient à des paiements vers des groupes hackers actifs depuis le début de la guerre en Ukraine.

Et maintenant ?

Les autorités britanniques ont annoncé qu’elles allaient renforcer la surveillance des plateformes d’échange et des prestataires de services crypto basés au Royaume-Uni. Une révision de la réglementation locale est attendue d’ici la fin de l’année 2026, avec un accent sur l’obligation de traçabilité des transactions et la lutte contre les mixers. Par ailleurs, cette opération pourrait inspirer d’autres pays à durcir leurs dispositifs, notamment dans l’Union européenne, où un règlement sur les transferts de cryptomonnaies doit entrer en vigueur en décembre 2026.

Reste à voir si cette saisie aura un impact durable sur les réseaux de blanchiment crypto, alors que les acteurs malveillants adaptent sans cesse leurs méthodes. Une chose est sûre : les autorités ne comptent pas relâcher la pression, comme en témoigne la récente création d’une unité spécialisée au sein d’Europol pour traquer ces flux.

Les autorités prévoient de renforcer la régulation des plateformes crypto britanniques d’ici fin 2026 et d’étendre la collaboration avec Europol pour traquer les réseaux similaires. Une révision des sanctions contre les entités complices est également envisagée.