Le Sénat a adopté, mardi 16 juin 2026, le projet de loi permettant aux salariés volontaires des boulangeries-pâtisseries et des fleuristeries artisanales de travailler le 1er-Mai, jour férié et chômé. Ce texte, présenté comme une « clarification » par le gouvernement, a été approuvé à 229 voix contre 110 par la chambre haute, malgré l’opposition unie de la gauche et des syndicats, selon Franceinfo – Politique.
Ce qu'il faut retenir
- Adoption sans modification du projet de loi au Sénat, avec 229 voix pour et 110 contre, mardi 16 juin 2026.
- Le texte autorise le travail le 1er-Mai pour les salariés volontaires des boulangeries-pâtisseries et fleuristeries, sous réserve d’un accord de branche.
- L’opposition de gauche et les syndicats dénoncent une « brèche dans le droit du travail » et une remise en cause des acquis sociaux.
- Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, défend une mesure « solide juridiquement » et « respectueuse de l’histoire sociale ».
- L’Assemblée nationale examinera le projet à partir de septembre, dans un contexte politique tendu.
Quelques semaines après l’abandon d’une réforme similaire sous la pression syndicale, le gouvernement a déposé un nouveau texte visant à encadrer le travail exceptionnel du 1er-Mai dans ces secteurs. Pour les artisans concernés, cette disposition doit permettre à leurs salariés de travailler ce jour-là, à condition qu’un accord de branche définisse les modalités de volontariat et de rémunération.
Dans un communiqué commun, les groupes socialiste, communiste et écologiste du Sénat ont dénoncé une mesure « dangereux » ouvrant « une brèche dans le droit du travail ». Ils estiment que ce texte « remet en cause une conquête sociale historique », en s’appuyant sur l’argument selon lequel le 1er-Mai est un jour chômé depuis 1947.
À l’inverse, le gouvernement et ses soutiens défendent une solution « pragmatique ». Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a salué une initiative « solide sur le plan juridique, intelligente sur le plan pratique et respectueuse de notre histoire sociale ». Il a notamment souligné que l’exigence d’un accord de branche « renforcera le pouvoir des syndicats » dans ces secteurs.
Du côté des sénateurs de droite, on insiste sur le caractère volontaire de cette mesure. « Il s’agit de créer un droit pour ceux qui, volontairement, souhaitent travailler », a martelé le sénateur Les Républicains Olivier Paccaud. Ce dernier a rappelé que cette disposition ne s’appliquerait qu’aux salariés ayant explicitement donné leur accord, excluant toute forme de contrainte.
« Ce texte est une solution solide sur le plan juridique, intelligente sur le plan pratique et respectueuse de notre histoire sociale. La nécessité d’un accord de branche va renforcer le pouvoir des syndicats. »
Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail
L’examen du projet à l’Assemblée nationale s’annonce plus difficile. Le texte n’y sera discuté qu’à partir de septembre 2026, après la pause estivale. Plusieurs observateurs politiques anticipent des débats houleux, d’autant que le gouvernement devra convaincre une majorité déjà fragilisée sur d’autres dossiers sociaux.
Les syndicats, mobilisés contre cette réforme, pourraient multiplier les actions dans les semaines à venir. Ils estiment que cette mesure pourrait ouvrir la voie à d’autres exceptions pour le travail les jours fériés, malgré les garanties apportées par le gouvernement.
Cette réforme illustre les divisions persistantes autour de la flexibilité du travail en France, entre impératifs économiques et protection des acquis sociaux. Elle relance également le débat sur la représentativité des accords de branche, souvent critiqués pour leur manque de transparence et leur complexité.
Le projet de loi vise uniquement les salariés des boulangeries-pâtisseries artisanales et des fleuristeries. Il ne s’applique pas à d’autres secteurs, même si d’éventuelles extensions pourraient être discutées ultérieurement.
Le texte impose un accord de branche pour fixer les conditions de recueil du volontariat. Chaque salarié devra expressément donner son accord, sans pression de la part de son employeur. Les modalités pratiques (écrit, oral, délai de réflexion) seront précisées dans ces accords.