Les idées reçues sur le sommeil de nos ancêtres viennent d’être remises en cause par une étude relayée par Franceinfo - Sciences. Contrairement à une croyance populaire bien ancrée, les humains d’autrefois ne dormaient pas plus longtemps ou plus profondément que nous aujourd’hui. Cette conclusion s’appuie sur l’analyse de données historiques et anthropologiques, qui montrent que la durée et la qualité du sommeil sont restées globalement stables au fil des millénaires.
Les chercheurs à l’origine de cette étude soulignent que les variations observées relèvent davantage des conditions de vie modernes que d’un quelconque changement dans les habitudes ancestrales. Autant dire que la représentation d’un sommeil « réparateur » et prolongé au temps des cavernes ou même au Moyen Âge relève davantage du mythe que de la réalité scientifique.
Ce qu’il faut retenir
- Durée stable du sommeil : Les humains d’autrefois ne dormaient pas significativement plus ou moins que nous aujourd’hui, selon l’étude de Franceinfo - Sciences.
- Conditions de vie déterminantes : Les différences perçues dans la qualité du sommeil sont liées aux conditions environnementales, bien plus qu’à une évolution naturelle des habitudes.
- Mythes démystifiés : La croyance selon laquelle nos ancêtres bénéficiaient d’un sommeil plus profond ou plus long est infondée.
- Analyse anthropologique : L’étude s’appuie sur des données historiques et des observations sur les sociétés traditionnelles encore existantes.
- Impact des modes de vie modernes : Le stress, les écrans et les horaires chargés influencent davantage le sommeil que les époques passées.
Une étude qui bouscule les idées reçues
Cette publication, rapportée par Franceinfo - Sciences, remet en lumière un sujet souvent entouré de fantasmes. Pour les auteurs, il est essentiel de corriger cette image d’Épinal selon laquelle nos ancêtres bénéficiaient d’un sommeil plus réparateur. « Les données montrent que la durée moyenne du sommeil était comparable à la nôtre, même si les conditions de vie étaient radicalement différentes », précise l’un des chercheurs impliqués.
L’étude s’appuie sur des travaux menés auprès de sociétés traditionnelles, encore peu exposées à la pollution lumineuse ou au bruit des villes modernes. Les résultats indiquent que, malgré des environnements radicalement distincts, la durée du sommeil oscillait autour de 7 à 8 heures par nuit, avec des variations liées aux saisons ou aux activités quotidiennes.
Le sommeil, une constante humaine malgré les époques
Les chercheurs ont analysé des récits historiques, des journaux de bord de voyageurs ou encore des études anthropologiques sur des populations indigènes. Ces documents révèlent que les humains, qu’ils soient chasseurs-cueilleurs ou paysans médiévaux, adoptaient des rythmes de sommeil adaptés à leur environnement. « Ce n’est pas la durée qui change, mais la manière dont le sommeil est structuré », explique l’un des auteurs.
Par exemple, dans les sociétés préindustrielles, le sommeil était souvent segmenté en deux phases, une pratique aujourd’hui associée aux troubles du sommeil. Cette organisation permettait de profiter des heures les plus fraîches de la nuit pour se reposer, avant de reprendre une période d’éveil avant l’aube. Rien d’étonnant donc à ce que la durée totale soit globalement similaire à celle que nous connaissons.
« Nos ancêtres ne dormaient pas plus que nous, mais différemment. Leur sommeil était davantage lié aux cycles naturels, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. »
— Un chercheur cité par Franceinfo - Sciences
Les facteurs modernes qui perturbent notre sommeil
Si la durée du sommeil n’a pas fondamentalement évolué, les conditions qui l’influencent, elles, ont radicalement changé. Les chercheurs pointent du doigt plusieurs facteurs propres à notre époque : la lumière artificielle des écrans, le stress professionnel ou encore les décalages horaires liés aux voyages. Autant d’éléments qui expliquent pourquoi beaucoup de gens se plaignent aujourd’hui d’un sommeil moins réparateur.
« Les sociétés traditionnelles dormaient souvent à même le sol ou dans des habitats simples, mais leur environnement ne les exposait pas aux stimuli modernes », rappelle l’étude. À l’inverse, nos villes bruyantes et nos emplois du temps chargés créent des conditions idéales pour perturber les cycles de sommeil. Cette analyse rejoint les recommandations des spécialistes, qui insistent sur l’importance de recréer un environnement propice au repos.
Pour les auteurs, cette remise en perspective est une invitation à repenser notre rapport au sommeil. Plutôt que de fantasmer sur un passé idéalisé, il s’agit de prendre conscience que les défis actuels en matière de repos sont davantage liés à nos modes de vie qu’à une évolution biologique. Une conclusion qui, espèrent-ils, pourrait aider à mieux cibler les solutions pour des nuits plus sereines.