Le tribunal judiciaire de Paris a rendu, ce 9 août 2026, un jugement défavorable à Gabriel Attal et au parti Renaissance. Les magistrats ont rejeté la demande visant à interdire au Rassemblement National (RN) l’usage du terme « renaissance » dans ses communications politiques. Selon Le Monde – Politique, cette décision intervient après la saisine de Renaissance, qui contestait une affiche de Marine Le Pen dévoilée début juillet et portant le slogan « Pour la France, la renaissance ».
Les juges ont estimé que le mot « renaissance », utilisé dans un contexte politique, ne constituait pas une appropriation exclusive par le parti du président Emmanuel Macron. Une source proche du dossier a indiqué à Le Monde – Politique que « le tribunal a considéré que le terme appartenait au patrimoine linguistique commun et ne pouvait être réservé à une seule formation politique ».
Ce qu'il faut retenir
- Le tribunal judiciaire de Paris a rejeté, le 9 août 2026, la demande de Renaissance d’interdire au RN l’usage du mot « renaissance » dans ses communications.
- Cette décision fait suite à la saisine du parti présidentiel après la publication d’une affiche de Marine Le Pen début juillet 2026.
- Les magistrats ont jugé que le terme « renaissance » ne pouvait être réservé à une seule formation politique, le considérant comme un mot d’usage commun.
- Le slogan incriminé, « Pour la France, la renaissance », figurait sur une affiche du RN dévoilée début juillet.
Un contentieux né d’une affiche politique
L’affaire trouve son origine dans une affiche diffusée par le Rassemblement National au début du mois de juillet 2026. Celle-ci présentait Marine Le Pen devant un fond tricolore, accompagnée du slogan « Pour la France, la renaissance ». Le parti Renaissance, héritier de La République en Marche, avait alors saisi la justice pour faire cesser l’utilisation de ce terme, arguant d’une volonté de confusion avec son propre mouvement politique.
Dans ses arguments, Renaissance estimait que l’emploi de « renaissance » par le RN portait atteinte à son image et à sa marque. « Nous avons toujours défendu l’idée que ce terme était associé à notre projet politique depuis 2016 », avait déclaré un cadre du parti à Le Monde – Politique. Cependant, les juges n’ont pas retenu cet argument, soulignant que le mot ne pouvait être protégé juridiquement dans ce contexte.
Une décision fondée sur le droit des marques et la liberté d’expression
Le tribunal a rappelé que, en l’absence de dépôt de marque pour le terme « renaissance » dans la classe des services politiques, aucune protection ne pouvait être accordée à Renaissance. « Le droit des marques ne couvre que les termes déposés et protégés », a précisé une source judiciaire à Le Monde – Politique. De plus, les magistrats ont estimé que l’usage du mot par le RN relevait de la liberté d’expression politique, protégée par la Constitution.
Cette décision s’inscrit dans une jurisprudence constante en matière de droit des marques et de liberté d’expression. Elle rappelle que les termes génériques ou descriptifs, même fortement associés à une formation politique, ne peuvent être réservés à son usage exclusif sans protection juridique préalable. « Autant dire que le RN peut continuer à utiliser ce mot sans crainte de poursuites », a commenté un juriste spécialisé en droit électoral.
En attendant, cette affaire illustre les tensions persistantes entre les partis politiques autour de l’appropriation des symboles et des mots-clés. Pour le RN, cette victoire juridique pourrait renforcer sa stratégie de communication axée sur la thématique du renouveau. Du côté de Renaissance, la question reste entière : comment se différencier face à un adversaire qui utilise désormais un terme central dans son propre discours ?
Renaissance a saisi la justice car il estimait que l’utilisation du mot « renaissance » par le RN portait atteinte à son image et risquait de créer une confusion avec son propre mouvement politique, fondé en 2016 sous le nom de La République en Marche.
Renaissance pourrait faire appel de la décision dans un délai de deux mois. Si aucun recours n’est engagé, le RN sera libre d’utiliser ce terme sans restriction dans ses futures communications politiques.