Le célèbre trois-mâts Belem, dernier navire de commerce du XIXe siècle encore en état de naviguer, célèbre ses 130 ans en faisant escale exceptionnelle à Dunkerque jusqu’au vendredi 12 juin 2026. À cette occasion, il ouvre gratuitement ses portes au public, offrant à des centaines de visiteurs l’opportunité de découvrir ce monument historique toujours en activité.
Ce qu'il faut retenir
- Le Belem, construit en 1896 à Nantes, est le dernier trois-mâts de la marine marchande française du XIXe siècle encore à flot.
- Il est actuellement en escale à Dunkerque jusqu’au 12 juin 2026, où il accueille le public gratuitement pour marquer ses 130 ans.
- Ce navire a connu plusieurs vies : cargo, yacht de luxe, navire-école et aujourd’hui ambassadeur de la France pour les grands événements internationaux.
- Classé monument historique depuis 1984, il a notamment transporté la flamme olympique jusqu’à Marseille en 2024.
- Son commandant actuel, Aymeric Gibet, souligne son statut de « survivant », ayant traversé plus d’un siècle de crises et d’évolutions.
Un navire légendaire né en 1896
Construit en 1896 à Nantes par les chantiers navals Dubigeon, le Belem est aujourd’hui le plus ancien trois-mâts français encore en activité. Conçu à l’origine pour le commerce maritime, il assurait notamment le transport de marchandises entre l’Europe et l’Amérique du Sud. Avec ses 58 mètres de long et ses 22 voiles, il incarne encore aujourd’hui l’âge d’or de la marine à voile.
Une histoire marquée par des vies multiples
Après avoir servi de cargo, le Belem a été transformé en 1914 en yacht de luxe par le duc de Westminster. Équipé de six cuisiniers à son bord, il devint alors un symbole de prestige, fréquenté par les plus grands noms de l’époque. Dans les années 1950, il fut racheté par un homme d’affaires italien et devint un navire-école, formant des générations de marins.
Sous pavillon français depuis plusieurs décennies, le trois-mâts conserve aujourd’hui sa mission pédagogique tout en s’illustrant dans des événements internationaux. Il a notamment été choisi pour transporter la flamme olympique jusqu’à Marseille en 2024, un honneur qui témoigne de son prestige.
Un symbole de résilience et d’histoire
Aymeric Gibet, commandant du Belem depuis onze ans, insiste sur la singularité de ce navire. « C’est un miraculé », déclare-t-il. « En 1902, il fut le seul rescapé de l’éruption de la Montagne Pelée en Martinique. Le Belem a traversé les deux guerres mondiales, le réchauffement climatique, la pollution, et même la pandémie. Pourtant, il continue de voguer. » Classé monument historique en 1984, il est aujourd’hui considéré comme un ambassadeur itinérant de la France.
Dunkerque accueille le Belem pour ses 130 ans
L’escale du Belem à Dunkerque s’inscrit dans le cadre des célébrations de ses 130 ans. Jusqu’au 12 juin 2026, le public peut monter à bord gratuitement pour découvrir ses cales, ses voiles et son histoire. Les visiteurs expriment leur émerveillement face à ce géant des mers. « On espère encore être comme ça à son âge ! », confie un Dunkerquois. « Ce navire vaut vraiment la peine d’être vu. On imagine tout le travail que les marins ont dû accomplir à son bord. »
« Beaucoup d’émotions, beaucoup de surprises aussi, parce que j’avais déjà entendu parler du Belem à la télévision. Le voir naviguer à l’écran, puis le voir en vrai, c’était vraiment quelque chose de fabuleux ! »
Un héritage maritime à préserver
Le Belem incarne aujourd’hui bien plus qu’un simple navire : il représente un pan de l’histoire maritime française. Son parcours, jalonné de transformations et de défis, en fait un symbole de résilience. Après avoir survécu à des catastrophes naturelles et à deux guerres mondiales, il continue de naviguer, porteur d’un héritage culturel et historique inestimable.
Selon Franceinfo - Culture, cette escale à Dunkerque permet de rappeler l’importance de préserver ces monuments vivants. « Le Belem n’est pas qu’un bateau, c’est une mémoire flottante », souligne un responsable culturel local. « Chaque visiteur repart avec l’impression d’avoir touché du doigt l’histoire de la marine à voile. »
L’affluence record lors de cette escale confirme l’engouement du public pour ce patrimoine vivant. Les organisateurs espèrent que cette initiative encouragera d’autres villes à accueillir le Belem dans les années à venir, afin de perpétuer sa légende.