La jeune marque chinoise Leapmotor frappe un grand coup en Europe avec sa nouvelle berline compacte électrique B05, présentée comme une alternative hautement compétitive face aux références du segment. Selon Frandroid, qui a pu l’essayer en Allemagne dans le cadre d’un voyage de presse organisé par la marque, cette B05 mise sur un design soigné, un habitacle spacieux et un positionnement tarifaire agressif pour séduire les automobilistes européens.
Ce qu'il faut retenir
- La Leapmotor B05 est une berline compacte électrique chinoise commercialisée à partir de 25 400 euros, soit près de 15 000 euros de moins que sa principale rivale européenne, la Peugeot e-308.
- Deux batteries sont proposées : une version 56,2 kWh offrant jusqu’à 401 km d’autonomie WLTP, et une version 67,1 kWh dépassant les 480 km.
- Le design de la B05 se distingue par des courbes douces, des jantes de 19 pouces et des portières aux vitres sans encadrement, inspirées des codes des constructeurs européens.
- L’habitacle, basé sur la même plateforme que le SUV B10, mise sur un écran central de 14,6 pouces et un système d’aides à la conduite de niveau 2.
- Le coffre, limité à 345 litres, reste en retrait face à la concurrence directe (Peugeot e-308 : 361 litres, Renault Mégane E-Tech : 384 litres).
Une offensive commerciale qui s’appuie sur un design revu et un positionnement tarifaire agressif
Après des débuts timides en Europe avec ses modèles T03 et C10 en 2024, Leapmotor accélère son expansion sur le Vieux Continent en misant sur une offre mieux adaptée aux attentes des consommateurs locaux. La B05, berline compacte présentée comme une rivale directe de la Volkswagen ID.3 Neo, de la Renault Mégane E-Tech ou encore de la Peugeot e-308, incarne cette nouvelle stratégie. Son atout majeur ? Un prix de départ fixé à 25 400 euros pour la version d’entrée de gamme Life avec la batterie de 56,2 kWh, après déduction de la prime CEE de 380 euros.
Le design de la B05 marque une rupture avec les précédents modèles de la marque. Frandroid souligne que « la B05 mise sur un style bien plus expressif, presque latin, avec des courbes douces, des volumes marqués et des proportions réussies ». La signature lumineuse en trois points et le bandeau noir avant et arrière, emblématiques de Leapmotor, sont conservés, mais la berline se pare de détails originaux : portières aux vitres sans encadrement et poignées invisibles, inspirées des Tesla. Le coefficient de pénétration dans l’air (Cx) de 0,26 témoigne par ailleurs d’un aérodynamisme soigné.
Un habitacle spacieux et un équipement généreux, mais quelques compromis à signaler
L’intérieur de la B05 reprend la planche de bord du SUV B10, mais avec une présentation plus soignée. La planche de bord, très horizontale, met en valeur un écran central de 14,6 pouces alimenté par une puce Qualcomm 8155. Cependant, l’ergonomie est parfois perfectible : « tout se commande depuis l’écran, obligeant à une certaine maîtrise », note Frandroid. Certains réglages, comme l’ouverture du toit vitré ou les modes de conduite, gagneraient en praticité avec des boutons physiques. L’absence d’essuie-glaces arrière, déjà critiquée sur d’autres modèles chinois, est également relevée par le média lors de son essai sous la pluie.
Côté habitabilité, la B05 ne déçoit pas. Avec 4,43 mètres de long et un empattement de 2,74 mètres, elle offre un espace généreux aux passagers avant comme arrière. Les sièges avant chauffants et électriques (en version haut de gamme), l’accoudoir central, les buses d’aération et les multiples rangements renforcent le confort. Seul le coffre, limité à 345 litres, déçoit face à des rivales comme la Kia EV4 (435 litres) ou la Volkswagen ID.3 (385 litres). À noter que la B05 ne propose pas de coffre avant (frunk), une option de plus en plus courante sur les modèles électriques récents.
Des performances dans la moyenne, mais un comportement rassurant
La B05 est équipée d’un seul moteur électrique arrière développant 160 kW (218 ch) et 240 Nm de couple. Ce bloc, associé à une batterie LFP en version standard, permet d’atteindre 0 à 100 km/h en 6,7 secondes et une vitesse maximale de 170 km/h. Les suspensions, la direction et les pneumatiques ont été réglés au centre d’essai de Stellantis à Balocco, en Italie, pour s’adapter aux routes européennes. Frandroid précise que « conduire la B05 n’a rien d’une sinécure, mais le comportement est sain et confortable, même sur revêtement dégradé ». La direction, bien que compacte, manque de précision, et la pédale d’accélérateur, calibrée de manière brutale en modes Sport et Standard, peut surprendre. Un réglage via mise à jour logicielle pourrait améliorer cet aspect.
Côté autonomie, la B05 propose deux options : une batterie de 56,2 kWh offrant jusqu’à 401 km WLTP (consommation : 15,8 kWh/100 km) et une batterie ProMax de 67,1 kWh pour 482 km WLTP (consommation : 15,9 kWh/100 km). Les temps de recharge rapide sont corrects : de 10 à 80 % en 24 minutes pour la version ProMax (168 kW max) et en 24 minutes pour la version standard (140 kW max). Ces chiffres placent la B05 dans la bonne moyenne du segment, même si des rivales comme la Tesla Model 3 (534 km) ou la MG4 (452 km) la dépassent légèrement en autonomie.
Un rapport qualité-prix qui interroge les constructeurs européens
Le principal argument de la Leapmotor B05 réside dans son prix. À 25 400 euros pour la version Life avec la batterie de 56,2 kWh, elle sous-coupe largement ses rivales européennes. La Peugeot e-308 débute à 42 600 euros, la Volkswagen ID.3 à 34 990 euros, et la Renault Mégane E-Tech à 39 500 euros. Même après application du bonus écologique (jusqu’à 6 100 euros pour les ménages éligibles), la B05 reste bien moins chère. Sa plus proche concurrente chinoise, la MG4, affiche un prix de départ de 27 490 euros (après une remise de 6 000 euros), mais avec une autonomie inférieure (452 km WLTP).
Cependant, la B05 n’est pas éligible au bonus écologique en France, contrairement à ses rivales européennes. Cette exclusion s’explique par son assemblage, pour l’instant réalisé en Chine. Frandroid précise que « la production européenne est prévue à terme, notamment dans l’usine espagnole de Stellantis, où sera assemblé le B10 dès fin 2026 ». Une fois produite localement, la B05 pourrait prétendre au bonus écologique, renforçant encore son attractivité.
En conclusion, la Leapmotor B05 se positionne comme une candidate sérieuse pour les automobilistes en quête d’une berline électrique compacte, alliant design moderne, espace généreux et un prix défiant toute concurrence. Si certains compromis (coffre, ergonomie, aides à la conduite) rappellent les débuts des constructeurs chinois en Europe, la B05 marque une nette progression. Son avenir dépendra désormais de sa capacité à convaincre sur le long terme, au-delà du simple effet de surprise.
Non, la B05 n’est pas éligible au bonus écologique en France à ce jour, car elle est assemblée en Chine. Cependant, Leapmotor a annoncé que sa production pourrait être relocalisée en Europe d’ici fin 2026, notamment dans l’usine espagnole de Stellantis. Une fois produite localement, elle pourrait prétendre au bonus écologique, sous réserve de remplir les autres critères d’éligibilité.