Alors que la France subit des épisodes de canicule de plus en plus fréquents, le secteur des transports, premier émetteur de gaz à effet de serre dans le pays, pourrait connaître une révolution avec le leasing social. Une association propose d’élargir ce dispositif pour rendre les véhicules électriques accessibles aux ménages modestes. Une piste envisagée pour accélérer la décarbonation d’un secteur particulièrement polluant.
Comme le rapporte Ouest France, cette initiative s’inscrit dans la troisième édition du leasing social, un dispositif déjà expérimenté mais dont l’ampleur pourrait être considérablement augmentée.

Ce qu'il faut retenir

  • Le leasing social est de retour pour sa troisième édition, avec une ambition élargie pour les ménages modestes.
  • Une ONG propose de créer un mécanisme inspiré des « HLM » pour rendre la voiture électrique accessible à grande échelle.
  • Le secteur des transports représente le premier poste d’émissions de CO₂ en France, avec une dépendance marquée aux véhicules thermiques.
  • La proposition vise à répondre à la fois aux enjeux sociaux et environnementaux.
  • Les épisodes de chaleur extrême, de plus en plus fréquents, soulignent l’urgence d’agir sur les transports.

Un dispositif inspiré du logement social pour démocratiser l’électrique

L’association à l’origine de cette proposition mise sur un modèle proche du parc locatif social, mais appliqué à l’automobile. L’idée ? Proposer des véhicules électriques en location longue durée à des tarifs maîtrisés, avec des aides publiques similaires à celles existant pour l’immobilier. « L’objectif est de casser la barrière financière qui empêche les ménages modestes d’accéder à une mobilité propre », explique l’ONG dans ses colonnes.
Ce modèle, baptisé « HLM de la voiture » par ses promoteurs, s’appuierait sur des partenariats avec les constructeurs et les collectivités locales pour réduire les coûts.

Le leasing social, un outil déjà éprouvé mais à renforcer

Le leasing social, lancé en 2024, permet déjà à des ménages éligibles de louer un véhicule électrique pour moins de 100 € par mois, avec une aide de l’État pouvant atteindre 5 000 €. Pourtant, seulement 50 000 contrats ont été signés à ce jour, un chiffre jugé insuffisant au regard des besoins.
L’association propose donc d’étendre ce dispositif à plusieurs centaines de milliers de ménages, en s’inspirant des mécanismes de solidarité du logement social. « On ne peut pas continuer à laisser 30 % des Français sans accès à une mobilité décente », souligne un responsable de l’ONG, qui rappelle que le prix moyen d’une voiture neuve électrique dépasse souvent les 30 000 €.

Un levier pour décarboner un secteur en crise

Avec 29 % des émissions nationales de CO₂, le transport routier est le premier poste polluant en France, devant l’industrie et l’agriculture. Les véhicules thermiques, responsables de 95 % des émissions du secteur, peinent à se convertir à l’électrique en raison de leur coût.
La proposition de l’ONG s’inscrit dans un contexte où le gouvernement mise sur la fin des ventes de voitures thermiques neuves en 2035. Pourtant, sans solutions d’accompagnement, cette transition risque d’exclure une partie de la population. « Les aides actuelles ne suffisent pas à couvrir les besoins des ménages les plus précaires », rappelle l’association.

« L’urgence climatique et sociale nous impose de repenser la mobilité. Le modèle du leasing social, s’il est amplifié, pourrait devenir un outil majeur de justice environnementale. »
— Un porte-parole de l’ONG

Et maintenant ?

Pour que cette proposition aboutisse, plusieurs étapes restent nécessaires. L’association devrait présenter un dossier détaillé au gouvernement d’ici la fin de l’année, avec l’espoir d’intégrer ces mesures dans le prochain budget. Une concertation avec les constructeurs automobiles et les collectivités locales est également prévue pour affiner le modèle.
Reste à voir si l’exécutif, déjà engagé dans plusieurs dispositifs d’aide à l’achat, sera prêt à investir massivement dans cette nouvelle formule. Une chose est sûre : sans une mobilité accessible à tous, la transition écologique restera inachevée.

En parallèle, les collectivités locales pourraient être invitées à tester des versions locales du dispositif, avec des aides complémentaires. Une expérimentation est même envisagée dès 2027 dans certaines régions, notamment celles touchées par des épisodes de pollution récurrents.

Alors que les températures battent des records cet été, la question de l’accès à une mobilité propre devient chaque jour plus pressante. Pour les ménages modestes, le « HLM de la voiture » pourrait bien représenter l’une des rares solutions réalistes.

Le leasing social permet de louer un véhicule électrique pour un loyer mensuel inférieur à 100 €, avec une aide de l’État pouvant atteindre 5 000 €. Le dispositif est réservé aux ménages aux revenus modestes, sous conditions de ressources. À ce jour, environ 50 000 contrats ont été signés depuis son lancement en 2024.

Les détails ne sont pas encore finalisés, mais l’ONG propose de s’inspirer des critères du logement social : plafonds de revenus, priorité aux ménages sans solution de mobilité alternative, et durée de location encadrée. Une concertation avec les pouvoirs publics est en cours pour affiner ces conditions.