Alors que l’énergie solaire et éolienne dominent largement le paysage des énergies renouvelables, l’énergie marémotrice, longtemps cantonnée au rang de technologie d’avenir, pourrait bien connaître un regain d’intérêt. Selon Journal du Geek, une turbine installée au large de l’Écosse, considérée comme la plus puissante au monde en activité, démontre que les courants marins pourraient encore jouer un rôle clé dans la transition énergétique.
Ce qu'il faut retenir
- La turbine marémotrice d’Orbital Marine Power, située au large des Orcades en Écosse, est actuellement la plus puissante au monde en activité.
- Elle exploite les courants marins pour produire de l’électricité, une source d’énergie stable et prévisible contrairement au solaire ou à l’éolien.
- Cette technologie, bien que moins médiatisée, pourrait compléter le mix énergétique en fournissant une production continue.
Une technologie méconnue mais prometteuse
Pendant des années, l’énergie marémotrice a peiné à s’imposer face aux technologies solaires et éoliennes, dont les coûts ont fortement diminué et dont les performances se sont améliorées. Pourtant, cette solution présente un avantage majeur : la régularité de sa production. Contrairement au solaire ou à l’éolien, dépendants des conditions météorologiques, les courants marins sont prévisibles et constants. Autant dire que, côté fiabilité, la marémotrice n’a pas à rougir.
Au large de l’Écosse, précisément dans les îles Orcades, la turbine O2 d’Orbital Marine Power incarne cette promesse. Avec une capacité de 2 mégawatts (MW), elle est aujourd’hui la plus puissante turbine marémotrice en activité au monde. Installée en 2021, elle a depuis démontré sa capacité à alimenter en électricité des milliers de foyers.
Une production d’électricité continue et décarbonée
L’énergie marémotrice repose sur un principe simple : les turbines, ancrées dans le fond marin, captent l’énergie cinétique des courants de marée pour la transformer en électricité. Cette technologie, encore émergente, se distingue par son faible impact environnemental. Les études réalisées par Orbital Marine Power indiquent que l’impact sur la faune marine reste limité, un point crucial pour les défenseurs de l’environnement.
La turbine O2, longue de 74 mètres et ancrée à une profondeur de 35 mètres, est conçue pour fonctionner pendant plus de 15 ans. Selon les données fournies par le constructeur, elle a déjà produit plus de 10 gigawattheures (GWh) depuis sa mise en service. Un chiffre qui, bien que modeste comparé aux grandes centrales solaires ou éoliennes, illustre le potentiel de cette technologie pour des sites spécifiques.
Un complément au mix énergétique européen
Alors que l’Europe accélère sa transition vers des énergies décarbonées, l’énergie marémotrice pourrait trouver sa place dans des régions aux courants marins puissants. L’Écosse, avec son littoral exposé aux marées de l’Atlantique, est un terrain d’expérimentation idéal. Des projets similaires sont en développement en France, en Corée du Sud et au Canada, où les conditions géographiques se prêtent à cette technologie.
Cependant, le coût de déploiement reste un frein. À ce jour, le prix de l’électricité produite par les turbines marémotrices reste supérieur à celui de l’éolien offshore ou du solaire. Pourtant, les acteurs du secteur tablent sur une baisse des coûts grâce aux économies d’échelle et aux innovations technologiques. Selon les estimations d’Orbital Marine Power, le prix pourrait descendre sous la barre des 100 euros par mégawattheure (MWh) d’ici 2030, un niveau compétitif face à d’autres énergies renouvelables.
En attendant, la turbine O2, symbole de cette filière, continue de prouver que l’énergie des marées n’a pas dit son dernier mot. Pour les défenseurs de cette solution, il s’agit moins d’une révolution que d’un complément indispensable pour un réseau électrique 100 % renouvelable.
Plusieurs facteurs expliquent ce retard : des coûts d’installation élevés, des défis techniques liés à l’environnement marin, et une concurrence accrue des autres énergies renouvelables dont les prix ont fortement baissé ces dernières années. Cependant, sa régularité de production en fait un atout majeur pour compléter le mix énergétique.