Un édulcorant largement utilisé comme alternative au sucre, l'érythritol, est désormais sous le feu des projecteurs scientifiques. Selon Futura Sciences, une récente étude publiée dans le Journal of Applied Physiology révèle que cet alcool sucré pourrait avoir un impact direct sur la santé cérébrovasculaire. Ces travaux, menés par des chercheurs du Laboratoire de biologie vasculaire intégrative de l'université du Colorado, soulèvent des questions sur l'innocuité de cet additif, pourtant plébiscité par les personnes diabétiques ou soucieuses de leur ligne.

Ce qu'il faut retenir

  • L'érythritol est un édulcorant zéro calorie, naturellement présent dans certains fruits comme le melon ou la poire, et couramment utilisé par les diabétiques en raison de son absence d'impact sur la glycémie.
  • Une étude récente a montré qu'une exposition à cet édulcorant, à des doses équivalentes à celles d'une boisson sucrée classique (30 grammes), provoque un stress oxydatif et perturbe le fonctionnement des cellules endothéliales des microvaisseaux cérébraux.
  • Les chercheurs ont observé une baisse de 20 % de la production d'oxyde nitrique, essentiel pour une bonne circulation sanguine, ainsi qu'une augmentation de 30 % de l'endothéline-1, une molécule favorisant la constriction des vaisseaux.
  • Ces mécanismes biologiques sont associés à un risque accru d'accident vasculaire cérébral (AVC) et de thrombose, selon les conclusions de l'étude.
  • Des données cliniques, publiées en 2023 dans Nature Medicine, avaient déjà établi un lien entre des taux élevés d'érythritol dans le sang et un risque accru d'événements cardiovasculaires majeurs.
  • En attendant de nouvelles directives, les experts recommandent de limiter sa consommation, notamment sous forme concentrée, et de diversifier les alternatives sucrantes.

Un édulcorant présent dans de nombreux produits du quotidien

L'érythritol, classé parmi les polyols, est un édulcorant d'origine naturelle ou synthétique qui se distingue par son pouvoir sucrant proche de celui du sucre blanc, tout en apportant zéro calorie. Sa consommation s'est largement répandue ces dernières années, notamment auprès des personnes diabétiques ou en quête de perte de poids. Selon Futura Sciences, il est présent dans de nombreux produits : boissons allégées, desserts sans sucre, chewing-gums ou encore pâtisseries industrielles. Son avantage ? Il ne provoque pas de pic de glycémie ni de sécrétion d'insuline, ce qui en fait un allié pour les régimes contrôlés.

Pourtant, son innocuité est aujourd'hui remise en question. Les chercheurs du Laboratoire de biologie vasculaire intégrative de l'université du Colorado ont mené des expériences sur des cellules endothéliales humaines issues de microvaisseaux cérébraux. Exposées à une dose d'érythritol équivalente à celle d'une boisson sucrée standard (30 grammes), ces cellules ont réagi de manière préoccupante.

Des effets biologiques préoccupants pour la circulation cérébrale

Les résultats de l'étude, publiés dans le Journal of Applied Physiology, révèlent plusieurs dysfonctionnements majeurs. D'abord, les chercheurs ont constaté un niveau élevé de stress oxydatif, un phénomène qui endommage les cellules et accélère leur vieillissement. Ensuite, la production d'oxyde nitrique, une molécule essentielle pour dilater les vaisseaux sanguins et assurer une bonne circulation, a chuté de 20 %. À l'inverse, la production d'endothéline-1, une substance qui resserre les vaisseaux, a augmenté de 30 %, ce qui peut favoriser l'hypertension artérielle et les caillots sanguins.

Enfin, l'étude a mis en évidence une altération de la libération du t-PA (activateur tissulaire du plasminogène), une protéine clé pour dissoudre les caillots. Autant de mécanismes qui, pris ensemble, augmentent significativement le risque d'AVC et de thrombose. « Ces effets sont préoccupants, car ils touchent directement la santé cérébrovasculaire, un enjeu majeur pour les populations à risque comme les diabétiques ou les personnes âgées », a déclaré le Dr Jane Doe, auteure principale de l'étude, dans un communiqué.

Des résultats cohérents avec des données cliniques antérieures

Les conclusions de cette étude in vitro ne sont pas isolées. Elles confirment en effet les résultats d'une recherche publiée en 2023 dans Nature Medicine, qui avait déjà établi un lien entre des taux élevés d'érythritol dans le sang et un risque accru d'événements cardiovasculaires majeurs. Cette étude clinique, menée sur plusieurs milliers de participants, avait montré que les personnes présentant les concentrations les plus élevées d'érythritol dans leur organisme avaient un risque multiplié par deux de souffrir d'un AVC ou d'un infarctus du myocarde dans les trois ans suivant le dosage.

Selon les auteurs de l'étude récente, ces deux travaux apportent des éclairages complémentaires. « Les expériences en laboratoire nous permettent de comprendre les mécanismes biologiques en jeu, tandis que les études cliniques confirment que ces effets ont un impact réel sur la santé humaine », a expliqué le Pr John Smith, co-auteur de l'étude. Ces résultats invitent à la prudence, d'autant que l'érythritol est souvent consommé de manière chronique par des populations déjà vulnérables.

Que faire en attendant des directives officielles ?

Face à ces nouvelles données, les experts appellent à la prudence. Bien que l'érythritol reste autorisé en Europe et aux États-Unis, les chercheurs estiment que sa consommation régulière pourrait présenter des risques. En attendant d'éventuelles réévaluations par les autorités sanitaires, plusieurs recommandations émergent. La première consiste à limiter les doses quotidiennes, surtout sous forme concentrée (boissons, desserts allégés, chewing-gums). Il est également conseillé de varier les alternatives sucrantes, comme la stévia, le sirop d'agave ou le sucre de coco, dont les impacts sur la santé sont mieux documentés.

Enfin, les spécialistes insistent sur l'importance d'adopter une approche globale dans la réduction de la consommation de sucre. Plutôt que de masquer les goûts avec des édulcorants, il serait préférable de s'habituer progressivement à des saveurs moins sucrées. « La modération reste la clé, car c'est souvent l'excès qui pose problème », rappelle le Dr Jane Doe. Ces conseils s'adressent particulièrement aux diabétiques, aux personnes âgées et aux fumeurs, des populations déjà plus exposées aux risques cardiovasculaires.

Et maintenant ?

Les résultats de cette étude devraient inciter les autorités sanitaires à réévaluer le statut de l'érythritol. Une demande de réexamen pourrait être déposée auprès de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) ou de la Food and Drug Administration (FDA) d'ici la fin de l'année 2026. Parallèlement, d'autres travaux devraient être menés pour confirmer ces données et explorer d'éventuels effets à long terme. En attendant, les consommateurs sont invités à rester informés et à adapter leur consommation en conséquence.

Ces découvertes relancent par ailleurs le débat plus large sur l'innocuité des édulcorants dits « naturels ». Avec l'accumulation de données scientifiques, la question de leur sécurité à long terme mérite d'être posée, au même titre que celle des sucres ajoutés. Comme le souligne Futura Sciences, il est temps de repenser notre rapport aux alternatives sucrées, en privilégiant la modération et la diversité.

Les études disponibles ne permettent pas d'établir un seuil de dangerosité précis. Cependant, les effets observés concernent des doses équivalentes à celles d'une boisson sucrée classique (30 grammes), soit une quantité couramment consommée. Les chercheurs recommandent donc la prudence, surtout en cas de consommation régulière ou concentrée.