La Coupe du monde 2026 a débuté cette semaine, et pendant un mois, le football sera partout : 48 équipes, 104 matches et des milliards de téléspectateurs. Pour des millions de supporters, détenir une part de leur club serait l’ultime acte de dévotion. Cependant, selon Euronews FR, les actions de clubs de football pourraient ne pas être un bon investissement.
Pour quelques dizaines de clubs à travers l’Europe, c’est pourtant une réalité, puisque leurs actions sont cotées en Bourse et que toute personne disposant d’un compte-titres peut en acheter. La vraie question est de savoir s’il est souhaitable de le faire. L’indice Pelé, géré par Aegon Asset Management, a largement sous-performé les actions mondiales, avec une perte cumulée d’environ 11 % depuis 1998, contre un gain de près de 678 % pour les actions mondiales sur la même période.
Ce qu'il faut retenir
- L'indice Pelé regroupe 18 clubs de football européens dont les actions sont cotées en Bourse.
- Les clubs les plus riches, ou ceux qui évoluent dans les championnats les plus fortunés, pourraient-ils déjouer cette tendance ?
- Les actions de clubs de football ont sous-performé les actions mondiales, avec une perte cumulée d’environ 11 % depuis 1998.
Comment est construit l’indice Pelé
L’indice regroupe 18 clubs de football européens dont les actions sont cotées sur une place boursière publique et pondère chacun selon sa capitalisation, ce qui donne un poids prépondérant aux grands noms. Manchester United est le premier poids lourd de l’indice, avec 25 %, devant la Juventus et le club turc Fenerbahçe SK.
L’ensemble couvre neuf championnats et va des clubs les plus célèbres à d’autres que peu de personnes sauraient identifier en dehors de leur ville. Aux côtés des géants figurent le Celtic FC (Écosse), le SL Benfica et le FC Porto (Portugal), l’Olympique lyonnais (France), le Borussia Dortmund (Allemagne), ainsi que de plus petits clubs danois comme Brøndby IF et Silkeborg IF.
Pourquoi le football est un mauvais placement
Interrogé sur les raisons pour lesquelles les actions de clubs de football accusent un retard chronique par rapport aux grands indices, Jordy Hermanns, gérant de portefeuille et stratégiste chez Aegon Asset Management, met en cause la manière dont les clubs sont structurés plutôt qu’une mauvaise saison en particulier. Une entreprise cotée ordinaire a pour objectif de maximiser la valeur pour ses actionnaires. Un club de football, lui, existe pour gagner des matches, marquer des buts et faire vibrer ses supporters.
« Ces objectifs ne sont pas seulement différents, ils entrent souvent en conflit », souligne Hermanns. Dans les faits, les grandes décisions d’un club – transferts, salaires, investissement dans le stade – sont guidées par la quête de trophées, non par la discipline financière ou le rendement du capital.
La Juventus sert d’avertissement
L’exemple le plus parlant de la période, c’est la Juventus. Lorsque Cristiano Ronaldo a signé en 2018, le cours de l’action a brièvement dépassé 10 €, porté par les rêves de ventes de maillots et de gloire européenne. Aujourd’hui, l’action évolue juste en dessous de 2 € et a perdu 35 % cette saison après la sixième place du club en Serie A.
Même l’un des transferts les plus médiatisés de l’histoire du football n’a pas réussi à offrir de gains durables aux actionnaires. Les clubs peuvent-ils sortir de ce piège ? Hermanns se montre peu optimiste. Rompre avec ce schéma, plaide-t-il, exigerait un vrai changement : une attention accrue aux rendements, des incitations pour les dirigeants indexées sur la création de valeur pour les actionnaires et un équilibre plus durable entre l’ambition sur le terrain et la discipline en dehors.
En conclusion, les actions de clubs de football pourraient ne pas être un bon investissement, en raison de la manière dont les clubs sont structurés et de la priorité donnée à la quête de trophées plutôt qu’à la discipline financière. Les investisseurs devront être prudents et attentifs aux résultats financiers des clubs, car les actions de clubs de football pourraient continuer à sous-performé les actions mondiales.