Comme le rapporte Reporterre, les syndicats d’une vingtaine d’agences et d’opérateurs de l’État ont organisé une assemblée générale à la Bourse du travail, à Paris, le 5 octobre 2026, pour protester contre les suppressions de postes prévues dans le budget 2027. Les services de l’État et les établissements publics liés à la transition écologique, sociale et sanitaire seront touchés, avec 126 postes supprimés dans les services de l’État et 238 dans les établissements publics.
Ce mouvement de contestation est mené par le Collectif des agences en lutte, qui regroupe les syndicats de ces agences et opérateurs. Les représentants de ces syndicats ont exprimé leur inquiétude face à la réduction des effectifs et des moyens alloués à ces agences, qui jouent un rôle essentiel dans la transition écologique et la sécurité sanitaire.
Ce qu'il faut retenir
- 126 postes supprimés dans les services de l’État et 238 dans les établissements publics liés à la transition écologique, sociale et sanitaire
- Le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema) perd 60 postes
- L’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) perd 25 postes
- L’Office français de la biodiversité (OFB) perd 24 postes
- L’Agence de la transition écologique (Ademe) perd 16 postes
Les agences touchées
Le Cerema, qui apporte aux collectivités l’expertise publique pour adapter routes, bâtiments et villes au climat, paie le plus lourd tribut avec 60 suppressions de postes prévues pour l’an prochain. Selon Elsa Moutet, représentante syndicale CGT, le centre d’études a déjà perdu 700 agents depuis sa création en 2014.
La situation est également préoccupante pour l’Ademe, qui perd 16 postes et 350 millions d’euros de budget pour 2027, dont 300 millions d’euros pour le Fonds chaleur. Didier Gabarda Oliva, délégué syndical CGT, a souligné que « ce qui se joue dépasse largement une réorganisation administrative, c’est la place du service public dans la transition écologique et sanitaire ».
Les conséquences des suppressions de postes
Les suppressions de postes auront des conséquences concrètes sur le travail des agents et la qualité des services rendus. À l’OFB, par exemple, 24 postes doivent être supprimés en 2027, ce qui se traduira par « un peu plus de boulot pour chacun et davantage de missions règlementaires au détriment du reste », selon Pascal Irz, scientifique des données à l’OFB et trésorier adjoint de la CGT Environnement.
À l’IGN, 25 postes seront supprimés en 2027, ce qui inquiète Marion Gaudon, technicienne d’études et déléguée CGT, pour l’entretien quotidien des bases de données et les métiers de techniciens. « La direction met régulièrement en avant le recours à l’intelligence artificielle pour justifier les suppressions de postes, mais cela ne peut pas remplacer l’expertise des techniciens », a-t-elle estimé.
Les syndicats et les agences concernées attendent désormais une réponse concrète du gouvernement pour éviter les conséquences néfastes de ces suppressions de postes. La situation reste à suivre de près dans les prochaines semaines.