Avec 16 % des touristes étrangers fréquentant la Côte d'Azur en 2025, les Américains ont dépassé les Italiens pour s'imposer comme la première nationalité touristique de la région, selon BFM Business. Un bond spectaculaire puisque leur part était de seulement 9 % avant la pandémie de Covid-19. Ce phénomène s'accompagne d'un intérêt croissant pour l'investissement immobilier, où les États-Unis représentent désormais un quart des achats de résidences secondaires par des non-résidents. Une tendance qui s'inscrit dans la durée, bien au-delà du simple effet de mode.
Ce qu'il faut retenir
- 16 % des touristes étrangers sur la Côte d'Azur en 2025 sont américains, contre 9 % avant 2020 (BFM Business).
- Les Américains effectuent 770 000 séjours en 2025, détrônant les Italiens selon Côte d'Azur France Tourisme.
- Ils représentent un quart des achats immobiliers par des non-résidents dans la région (estimations de notaires et agences).
- Un touriste américain dépense en moyenne 175 euros par jour, soit plus du double d'un touriste français (Côte d'Azur France Tourisme).
- Les liaisons aériennes directes entre Nice et les États-Unis se sont multipliées, passant d'une liaison quotidienne en 2020 à plusieurs vols hebdomadaires vers Atlanta, Philadelphie et Washington.
- Près de 30 000 Américains résident actuellement sur la Côte d'Azur, avec une croissance régulière depuis 2023 (American Club of the Riviera).
Un attachement historique qui s'intensifie
L'engouement des Américains pour la Côte d'Azur ne date pas d'hier. Dès le début du XXe siècle, des artistes et milliardaires comme Francis Scott Fitzgerald ont contribué à forger le mythe de cette région, à la fois villégiature hivernale et destination estivale. Après la Seconde Guerre mondiale, les liens se sont renforcés avec l'installation de bases militaires américaines en Europe, l'arrivée de Grace Kelly à Monaco et l'essor de Saint-Tropez, devenu un symbole de la culture pop et du luxe à l'américaine.
Selon BFM Business, cette dynamique s'est accélérée depuis 2023, malgré un taux de change euro/dollar défavorable. Les raisons ? Une combinaison de facteurs économiques, politiques et culturels qui rend la région toujours plus attractive pour les États-Uniens.
Un pouvoir d'achat et une consommation qui dopent l'économie locale
Les Américains ne sont pas seulement des touristes : ils figurent parmi les premiers clients des palaces et hôtels cinq étoiles de la Côte d'Azur. Leur dépense moyenne quotidienne de 175 euros — soit plus du double de celle d'un touriste français — en fait une manne financière majeure pour les commerces, restaurants et prestataires de services locaux. « Depuis deux ans, c'est un marché qui est en plein essor, qui tire vers le haut l'ensemble de la filière : restauration, plages privées, commerces », souligne Éric Abihssira, président de la section Nice Azur et haut pays de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih).
Leur préférence pour le luxe ne s'arrête pas là. Les trajets en hélicoptère entre Nice, Monaco, Cannes ou Saint-Tropez sont également très prisés par cette clientèle fortunée. Les prestataires locaux, comme les agences immobilières de prestige, confirment cette tendance. « C'est la volonté d'investir dans un endroit qui leur plaît, avec la possibilité de s'installer à terme », explique Éric Laboue, directeur de l'agence niçoise Côte d'Azur Sotheby Realty.
L'immobilier, miroir d'une attirance durable
L'achat d'une résidence secondaire reste le symbole le plus tangible de cet engouement. Selon plusieurs estimations de notaires et d'agences, les Américains représentent près d'un quart des non-résidents qui acquièrent un logement sur la Côte d'Azur. « Le soleil, la mer, la culture, la proximité de la montagne et de l'Italie, la diversité de l'immobilier de prestige — du style Belle Époque au contemporain — ou encore la qualité du système de santé sont autant d'arguments », détaille Éric Laboue.
Pour certains, cette acquisition s'inscrit dans une logique d'exil. « En ce moment, il y a aussi les incertitudes politiques dans leur pays. Ils sont nombreux à nous dire clairement : On veut partir de là-bas », ajoute-t-il. Une motivation renforcée par des événements comme les ouragans répétés en Floride ou le climat social tendu aux États-Unis, comme en témoignent Fay et Guy, un couple de retraités originaires de Philadelphie. Après avoir envisagé la Floride, ils ont finalement choisi Nice pour ses « coûts de vie moins élevés » et une « société plus policée ».
Une communauté en expansion et des projets concrets
Leur présence se matérialise aussi à travers des structures dédiées. L'American Club of the Riviera, qui compte aujourd'hui 350 membres parmi les 30 000 Américains résidant sur la Côte d'Azur, organise régulièrement des événements pour favoriser les rencontres et l'intégration. « Tous les mois, je rencontre des nouveaux qui s'installent. Il y a des couples de retraités, mais aussi des plus jeunes qui viennent faire des affaires, des femmes divorcées qui viennent refaire leur vie... et toujours pas mal d'artistes », précise Joanne Napoli, vice-présidente du club.
Côté transport, l'offre aérienne s'est adaptée à cette demande. Avant 2020, une seule liaison quotidienne reliait Nice à New York. Désormais, la saisonnalité s'est élargie, avec des vols directs vers Atlanta, Philadelphie et Washington, en plus de la ligne Nice-New York exploitée toute l'année par La Compagnie. Cette compagnie, qui mise sur une clientèle haut de gamme avec un Airbus en classe affaires unique, mise sur la pérennité de cette clientèle. « Heureusement qu'ils sont là ! », résume Éric Abihssira, résumant l'impact économique global de cette présence.
En attendant, la région mise sur cette clientèle pour consolider sa position de destination phare en Europe. Entre attrait culturel, stabilité relative et opportunités économiques, la Côte d'Azur semble avoir trouvé en les Américains un allié de taille pour les années à venir.
Cette différence s'explique principalement par leur statut socio-économique : les touristes américains fréquentant la Côte d'Azur sont majoritairement issus de milieux aisés, souvent en quête d'expériences haut de gamme (restaurants étoilés, hébergements luxueux, transports privés). Leur pouvoir d'achat élevé les pousse à privilégier des prestations premium, avec une dépense moyenne de 175 euros par jour, contre 80 euros pour un touriste français (source : Côte d'Azur France Tourisme).