Depuis 2001, l'association SOS Disparus offrait un lieu de rassemblement aux proches des disparus de la décennie noire en Algérie. Chaque mercredi, ces femmes se retrouvaient pour partager leur douleur et honorer la mémoire de leurs proches au 21 rue Mustapha-Ben-Boulaïd à Alger. Cependant, ce refuge symbolique a récemment été fermé par les autorités.
Le lundi 16 mars, des scellés de cire rouge ont été apposés sur la porte de l'association, mettant ainsi fin à un quart de siècle d'activité. SOS Disparus était la seule entité enregistrant les victimes des disparitions forcées survenues lors de la décennie noire, une période marquée par une guerre civile meurtrière ayant causé entre 100 000 et 200 000 décès.
L'intervention policière, soutenue par un arrêté de la wilaya d'Alger daté du 12 mars, a justifié la fermeture de l'association en raison de son absence d'agrément officiel prévu par la loi sur les associations de 2012. Cette décision administrative, bien que formelle, a mis fin à un lieu de mémoire important pour de nombreuses familles algériennes.
Ce qu'il faut retenir
- L'association SOS Disparus, active depuis 2001, a été fermée par les autorités d'Alger le 16 mars.
- Les scellés de cire rouge ont signifié la fin des activités de l'association qui recensait les disparus de la décennie noire en Algérie.
- La guerre civile de la décennie noire a causé entre 100 000 et 200 000 morts, avec de nombreuses disparitions forcées.
Les circonstances de la fermeture
L'opération de fermeture de SOS Disparus a été menée par un important dispositif policier, mettant en avant l'arrêté de la wilaya d'Alger comme base légale pour cette action. Cette mesure a suscité des réactions contrastées au sein de la société civile et des organisations internationales.
La situation des associations en Algérie
La fermeture de SOS Disparus met en lumière les difficultés rencontrées par les associations en Algérie, notamment en ce qui concerne l'obtention d'un agrément officiel. La loi sur les associations de 2012 a été critiquée pour son caractère arbitraire par des instances internationales, soulevant des questions sur la liberté d'expression et d'organisation dans le pays.
