Les banques françaises, notamment BNP Paribas, Société Générale et Crédit Agricole, ont enregistré de fortes baisses à la Bourse de Paris, selon nos confrères de BFM Bourse. Cette baisse est attribuée aux inquiétudes des investisseurs sur la trajectoire des finances publiques françaises, qui pourraient avoir un impact significatif sur l'économie du pays.
Ce jeudi, les actions de BNP Paribas ont perdu 4%, tandis que celles de Société Générale ont reculé de 3,6% et celles de Crédit Agricole de 3,3%. Ces baisses ont contribué à faire reculer le CAC 40 de 1,06% à 8 372,42 points, soit plus que ses homologues européens au même moment.
Ce qu'il faut retenir
- Les banques françaises ont enregistré de fortes baisses à la Bourse de Paris.
- La baisse des actions bancaires françaises pèse sur le compartiment sectoriel du Stoxx 600, qui recule de plus de 1%.
- Le CAC 40 perd 1,06% à 8 372,42 points.
- Les coûts de la dette publique française ont récemment atteint des niveaux qui n'avaient plus été observés depuis la crise financière de la fin des années 2000.
Contexte économique
La France se prépare à une bataille budgétaire rude cet automne, avec l'élection présidentielle du printemps prochain et le niveau élevé de la dette publique, qui devraient donner le ton des débats. Les favoris de la course à la présidentielle, l'extrême droite du Rassemblement national (RN) et la gauche de La France insoumise (LFI), proposent des programmes coûteux, tandis que les gouvernements successifs font depuis longtemps marche arrière sur les réformes face aux manifestations et aux pressions politiques.
Le secteur bancaire est l'un de ceux qui sont traditionnellement les plus touchés par toute inquiétude concernant l'économie dans son ensemble. Les banques françaises sont particulièrement exposées aux risques liés à la situation budgétaire de la France, qui pourrait avoir un impact sur leur stabilité financière.
Impact sur les marchés
Les tensions sur le marché obligataire sont également visibles, avec le rendement de l'OAT à dix ans qui gagne près de 3 points de base à 4,1068% jeudi, tandis que celui du titre à 30 ans reste proche de la barre hautement symbolique des 5%, un niveau qu'il n'a plus atteint depuis 2008.
Certains investisseurs ont déclaré à Reuters qu'ils se préparaient à des mois de turbulences susceptibles de déstabiliser des marchés déjà nerveux face à la situation financière du pays. La prime exigée par les investisseurs pour détenir des obligations françaises à 10 ans plutôt que des obligations allemandes notées AAA s'est creusée pendant trois mois consécutifs, atteignant son plus haut niveau depuis fin 2024, à environ 88 points de base.
Déclarations et prévisions
« Je ne serais pas surpris de voir ces 'spreads' atteindre 100 points de base, et même à partir de ce niveau, ils pourraient encore s'amplifier », a déclaré Kevin Thozet, de la société française de gestion Carmignac.
Un autre risque immédiat est que les agences de notation devraient également actualiser leurs prévisions dans les prochaines semaines, à commencer ce vendredi par Fitch, qui, il y a un an, avait abaissé la note de crédit de la France à A+, son plus bas niveau historique.
En conclusion, la situation budgétaire de la France et son impact sur les banques françaises et les marchés financiers sont des sujets de préoccupation majeurs. Les prochaines semaines et mois seront déterminants pour l'avenir de l'économie française et européenne.