Selon Ouest France, le massif des calanques de Marseille vient d’être élu « plus belle randonnée du monde » dans un classement international. Une distinction qui met en lumière un site naturel déjà fragilisé par l’afflux massif de visiteurs. Les gestionnaires du parc national et les autorités locales s’interrogent désormais sur les moyens à mettre en œuvre pour préserver ce joyau méditerranéen, tout en répondant à la demande croissante des randonneurs.

Ce qu'il faut retenir

  • Les calanques de Marseille (Bouches-du-Rhône) sont classées en tête des plus beaux sites de randonnée au monde, selon un récent palmarès international.
  • Le massif, déjà touché par une surfréquentation chronique, voit sa fréquentation annuelle approcher le million de visiteurs.
  • Un plan de protection renforcé est en cours de déploiement pour limiter l’impact environnemental.
  • Les autorités locales craignent une dégradation accélérée des sentiers et de la biodiversité si aucune mesure n’est prise.
  • Parmi les sites primés figurent également des destinations comme le parc national de Zion (États-Unis) ou les fjords norvégiens.

Une consécration internationale qui interroge

Ce palmarès, révélé cette semaine, place les calanques marseillaises en tête devant des sites emblématiques comme le parc national de Zion aux États-Unis ou les fjords norvégiens. « C’est une reconnaissance bien méritée pour un site exceptionnel », a indiqué Jean-Luc Varin, directeur adjoint du parc national des Calanques. Cependant, cette distinction survient alors que le massif fait déjà l’objet de tensions liées à son attractivité touristique. Entre 2010 et 2025, la fréquentation annuelle est passée de 300 000 à près d’un million de visiteurs, selon les dernières estimations de l’Office français de la biodiversité.

Autant dire que la pression sur les écosystèmes est devenue insoutenable. Les sentiers, comme celui du Morgiou ou de Sugiton, subissent une érosion accélérée, tandis que les déchets abandonnés par les randonneurs menacent la faune et la flore locales. « Les calanques ne sont pas une aire de pique-nique », a rappelé Martine Vassal, présidente de la métropole Aix-Marseille-Provence, lors d’une conférence de presse tenue en août 2026.

Des mesures de protection en urgence

Face à cette situation, les autorités ont annoncé un renforcement des dispositifs de régulation. Dès le printemps 2027, l’accès à certaines zones sera restreint en haute saison, avec la mise en place de quotas pour les groupes. « Nous allons tester un système de réservation obligatoire pour les sentiers les plus fréquentés », a précisé Jean-Luc Varin. Par ailleurs, des équipes de nettoyage supplémentaires seront déployées pour limiter l’impact des déchets sur les sites naturels.

Un projet de sentier côtier alternatif, moins fréquenté mais tout aussi spectaculaire, est également à l’étude. Il relierait Cassis à la pointe de l’Escalette en passant par des criques moins accessibles. « L’objectif est de redistribuer la pression touristique sans sacrifier l’expérience des visiteurs », explique Laurent Suzzoni, responsable du tourisme à la mairie de Marseille. Ces mesures s’ajoutent aux restrictions déjà en vigueur, comme l’interdiction des chiens en laisse ou l’obligation de rester sur les sentiers balisés.

Et maintenant ?

Les premières restrictions pourraient entrer en vigueur dès le printemps 2027, avec une évaluation de leur efficacité prévue pour l’automne de la même année. Si les résultats s’avèrent insuffisants, d’autres mesures pourraient être envisagées, comme une hausse des tarifs d’accès ou une limitation plus stricte des horaires d’ouverture. Reste à voir si ces dispositifs parviendront à concilier préservation du site et accueil des visiteurs.

Une chose est sûre : le classement des calanques comme plus belle randonnée du monde devrait encore attirer de nouveaux publics. Comment le parc national et les collectivités locales parviendront-elles à gérer cette affluence sans compromettre l’intégrité du site ? La réponse à cette question déterminera l’avenir d’un lieu aujourd’hui à la fois célébré et menacé.

Les sentiers les plus prisés sont ceux de Morgiou, Sugiton, En-Vau et Port-Miou, qui concentrent à eux seuls plus de 60 % de la fréquentation annuelle du parc.