Selon Futura Sciences, les cellules CAR-T pourraient changer durablement l’histoire du cancer. En effet, ces cellules immunitaires génétiquement modifiées ont déjà permis des rémissions spectaculaires chez des patients condamnés à court terme et ouvrent aujourd’hui la voie à une nouvelle génération de traitements contre les cancers du sang… et peut-être demain contre les tumeurs solides.
Ce qu'il faut retenir
- Les cellules CAR-T sont des lymphocytes T génétiquement modifiés capables de reconnaître spécifiquement les cellules cancéreuses et de les détruire.
- Cette approche cible le système immunitaire plutôt que la tumeur elle-même.
- Les résultats sont déjà majeurs dans plusieurs cancers du sang : leucémies aiguës, lymphomes B et myélome multiple montrent des rémissions prolongées, parfois assimilées à des guérisons.
Le fonctionnement des cellules CAR-T
D'après Futura Sciences, les cellules CAR-T sont des lymphocytes T modifiés génétiquement pour être capables de repérer les cellules cancéreuses et les détruire. Elles sont dotées de capacités de détection et de destruction « high-tech » grâce à des structures moléculaires dites « chimères » capables à la fois de reconnaître spécifiquement les antigènes des cellules cancéreuses et d'activer les lymphocytes T.
Ces structures moléculaires hybrides associant des éléments d'un anticorps à ceux du récepteur des lymphocytes T sont nommées Chimeric Antigenic Receptor (CAR). Elles sont composées d'une « tête » située à l'extérieur du lymphocyte, composée d'un fragment d'anticorps ciblant spécifiquement un antigène de cellule tumorale, d'un « ventre » (la partie enchâssée dans la membrane des lymphocytes) et d'une « queue » nichée à l'intérieur des cellules ayant pour rôle d'activer les capacités destructrices des lymphocytes.
Les limites et les perspectives
Comme le rapporte Futura Sciences, les cellules CAR-T coûtent encore très cher, autour de 300 000 euros en Europe et de 450 000 dollars aux États-Unis. De plus, il existe des effets indésirables parfois graves, tels que le « syndrome de relargage de cytokines », une inflammation systémique qui peut interférer avec certaines fonctions corporelles de l'organisme.
Cependant, les scientifiques travaillent aujourd'hui à comprendre comment les cellules CAR-T pourraient être utilisées pour prendre en charge les tumeurs dites « solides » (cancer du sein, de la prostate, du cerveau, etc.). Les premiers résultats publiés en 2024 dans New England Journal of Medicine sont prometteurs, puisqu'une étude de phase 1 a montré l'efficacité assez spectaculaire de cellules CAR-T bivalentes sur le glioblastome, un cancer du cerveau fréquent et difficile à traiter en cas de rechute.
En conclusion, les cellules CAR-T représentent une avancée majeure dans le traitement du cancer, offrant une nouvelle stratégie pour cibler les cellules cancéreuses et les détruire. Avec des recherches continues et une amélioration de leur efficacité, elles pourraient potentiellement révolutionner la lutte contre le cancer.