Contrairement aux idées reçues, les pâtes ne sont pas à proscrire pour vivre plus longtemps en bonne santé. C’est ce qu’affirme le chercheur Dan Buettner, spécialiste des modes de vie des centenaires à travers le monde. Selon nos confrères de Top Santé, certaines habitudes d’accompagnement pourraient transformer ce féculent en un atout pour la longévité.

Ce qu'il faut retenir

  • Les centenaires consomment des pâtes régulièrement, mais jamais sans les associer à des aliments spécifiques.
  • Dan Buettner a étudié les habitudes alimentaires de populations centenaires dans le monde, notamment en Sardaigne, Okinawa et Nicoya.
  • Les accompagnements des pâtes jouent un rôle clé dans leurs bénéfices santé, selon ses observations.
  • Les légumes, légumineuses et épices figurent parmi les associations les plus fréquentes chez ces centenaires.

L’étude menée par Dan Buettner s’appuie sur l’analyse des régimes alimentaires de populations où le nombre de centenaires est particulièrement élevé. Ce chercheur, auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet, a identifié des patterns communs dans leur manière de consommer les pâtes. Autant dire que leur approche diffère radicalement des recettes occidentales classiques, souvent riches en matières grasses ou en sauces industrielles.

D’après ses observations, ces centenaires ne se contentent pas de cuisiner des pâtes à l’eau. Leurs assiettes intègrent systématiquement des ingrédients frais et nutritifs. Les légumes verts, comme les épinards ou les brocolis, occupent une place de choix dans leurs recettes. Les légumineuses, telles que les lentilles ou les pois chiches, complètent souvent le plat, apportant protéines et fibres. « Les pâtes ne sont pas un aliment à éviter, mais leur valeur nutritionnelle dépend largement de ce qu’on y ajoute », a expliqué Dan Buettner à Top Santé.

Les épices jouent également un rôle central dans ces associations. Le chercheur souligne notamment l’usage du curcuma, du gingembre ou du piment, reconnus pour leurs propriétés anti-inflammatoires. Ces condiments, en plus de rehausser le goût, pourraient contribuer à réduire les risques de maladies chroniques. « Dans les zones où l’on vit longtemps, les plats sont souvent préparés avec des épices qui ne relèvent pas seulement du plaisir gustatif, mais aussi de la prévention », précise-t-il.

« Les centenaires ne mangent pas des pâtes comme on l’imagine en Europe : ils les accompagnent systématiquement de légumes, de légumineuses ou d’épices. Ce sont ces combinaisons qui font la différence. » — Dan Buettner, chercheur en longévité

Les travaux de Dan Buettner mettent en lumière une autre particularité : la modération. Les portions servies sont généralement modestes, et les pâtes ne constituent qu’une partie du repas. Elles sont souvent précédées ou suivies de plats à base de légumes, de poissons ou de céréales complètes. « Ce n’est pas la pâte en elle-même qui est bénéfique, mais la manière dont elle s’intègre dans une alimentation équilibrée et variée », a-t-il indiqué.

Côté Sardaigne, où l’on compte l’un des taux de centenaires les plus élevés au monde, les pâtes sont souvent servies avec des fèves ou des pois. En Okinawa, au Japon, elles sont accompagnées de légumes racines et de tofu. Ces exemples montrent que la clé réside dans la diversité des associations, plutôt que dans l’exclusion d’un aliment en particulier.

Pourtant, en France et dans de nombreux pays occidentaux, les pâtes sont souvent perçues comme un plat rapide et peu équilibré. Les sauces industrielles, riches en sel et en graisses saturées, ou les accompagnements de viande transformée, éloignent ces recettes des modèles observés chez les centenaires. « Bref, ce n’est pas la pâte qu’il faut remettre en question, mais la façon dont on la cuisine », résume le chercheur.

Et maintenant ?

Si les recommandations de Dan Buettner s’inscrivent dans une tendance plus large de retour vers une alimentation moins transformée, leur application à grande échelle reste incertaine. Les habitudes alimentaires évoluent lentement, et la consommation de pâtes industrielles ou de plats préparés continue de progresser dans plusieurs pays. Une étude plus large sur l’impact de ces nouvelles habitudes pourrait être publiée d’ici 2027, selon les annonces récentes de son équipe.

Cette approche ne signifie pas qu’il faille adopter à la lettre les recettes des centenaires. Elle invite en revanche à repenser notre rapport aux pâtes, en privilégiant des associations simples, naturelles et variées. Les nutritionnistes s’accordent d’ailleurs à dire que la clé d’une alimentation saine réside dans la diversité et l’équilibre, plutôt que dans l’exclusion pure et simple d’un aliment.

Alors, prêt à revisiter votre assiette de pâtes ? Peut-être est-il temps de troquer la crème fraîche contre des légumes croquants, et le parmesan industriel contre des épices maison. Une petite révolution culinaire qui pourrait, à terme, faire toute la différence.

Selon le chercheur, les légumes verts, les légumineuses et les épices anti-inflammatoires comme le curcuma ou le gingembre sont les accompagnements les plus recommandés pour optimiser les bienfaits des pâtes. Ces associations permettent d’équilibrer l’apport en glucides et d’ajouter des nutriments essentiels.