Selon BFM Bourse, la saison des résultats des constructeurs automobiles européens a démontré combien la Bourse a perdu patience avec les constructeurs auto. Le cas de Renault, dont les performances sont purement et simplement déconsidérées par le marché, souligne « à quel point les constructeurs automobiles européens sont tout simplement ignorés, quelle que soit leur valorisation », selon Citi.
Les constructeurs automobiles européens n'abordaient pas la saison des résultats sous les meilleurs auspices, c'est un euphémisme. Le secteur a été frappé par de nombreux vents défavorables depuis le début de l'année. La faiblesse du marché chinois a pesé sur les groupes allemands, Volkswagen, BMW, Porsche et Mercedes-Benz, Renault et Stellantis étant pas ou peu présents dans ce pays. L'association professionnelle des constructeurs chinois s'attend à ce que le marché plonge de 14,3% sur un an en 2026.
Ce qu'il faut retenir
- Les constructeurs automobiles européens sont sous pression due à la concurrence des constructeurs chinois.
- Renault a publié des résultats solides pour le premier semestre 2026, mais le marché n'a pas été emballé.
- Stellantis a vu son action corriger de 4,3% dans la foulée de ses résultats du deuxième trimestre.
Les constructeurs chinois grignotent effectivement des parts de marché à leurs concurrents européens. Selon Bernstein, les marques chinoises ont atteint une part de 10,7% du marché des voitures particulières en Europe occidentale au deuxième trimestre 2026. Le conflit au Moyen-Orient avec ses répercussions pour la confiance des ménages a fini de créer ce que Morgan Stanley qualifie de « tempête parfaite » pour l'automobile.
Mercedes-Benz, la seule vraie bonne surprise, a vu ses comptes du deuxième trimestre récompensés par une hausse de 2,9% de son action. Au deuxième trimestre, Mercedes-Benz a livré des résultats supérieurs aux attentes, avec notamment la marge de sa division automobile à 4% contre 3,5% attendu par les analystes.
En revanche, BMW a souffert, l'action BMW n'ayant pas fait grand-chose lors de la publication officielle des résultats du deuxième trimestre (-0,2%). Le groupe a invoqué les difficultés du marché chinois qui se sont accentuées, avec des ventes encore davantage en berne au deuxième trimestre.
Volkswagen face à un défi impossible, le groupe automobile de Wolfsburg a livré ses résultats le 24 juillet. La société aux douze marques a livré un résultat opérationnel de 4,2% contre 4,7% attendu par les analystes. Le groupe a abaissé ses perspectives de revenus, attendus en repli de 0% à 3%, contre une hausse de 0% à 3% précédemment.
Renault, de son côté, ne pâtit pas de surcapacités en Europe et n'a donc pas à fermer des usines à l'heure actuelle. Son directeur général François Provost l'a souligné à plusieurs reprises à l'occasion de la publication de ses résultats du premier semestre. Le traitement qu'a réservé le marché à la copie du groupe au losange n'en demeure pas moins ingrat voire cruel.
Stellantis va de mal en pis, la société tente de reconquérir les marchés après les errements passés du précédent directeur général, Carlos Tavares. Les résultats du deuxième trimestre publiés par le groupe automobile ont surtout illustré les difficultés de la société à traduire dans ses comptes le rebond réel de ses volumes.
En attendant, les investisseurs restent prudents et attendent les prochaines publications de résultats pour voir si les constructeurs automobiles européens vont réussir à surmonter les difficultés actuelles.