Depuis plusieurs années, les assurés constatent une augmentation régulière de leurs cotisations auprès des mutuelles de santé. Ce mouvement, déjà constaté en 2025 et 2026, devrait se poursuivre en 2027, selon Ouest France. La raison ? Un probable transfert de charges de la Sécurité sociale vers les complémentaires santé, qui va peser sur les budgets des ménages.
Ce qu'il faut retenir
- Une hausse annuelle depuis plusieurs années des cotisations des mutuelles de santé, avec un nouveau bond attendu en 2027.
- Cette augmentation s’explique par le transfert de charges de la Sécurité sociale vers les complémentaires santé.
- Les assurés devront donc supporter une partie des coûts supplémentaires, déjà en partie couverts par leurs cotisations actuelles.
- Cette tendance s’inscrit dans un contexte de hausse globale des dépenses de santé en France.
Un transfert de charges déjà en cours
Les mutuelles de santé jouent un rôle clé dans le système de santé français en prenant en charge une partie des frais non couverts par l’Assurance maladie. Or, depuis quelques années, Ouest France relève que les complémentaires santé voient leurs responsabilités s’alourdir. « Le transfert de charges de la Sécurité sociale vers les mutuelles s’accélère », a confirmé un responsable du secteur, sous couvert d’anonymat. Autant dire que cette tendance n’est pas près de s’inverser.
Cette situation s’inscrit dans un contexte économique tendu. Les dépenses de santé en France ont augmenté de près de 3,5 % en 2025, selon les dernières données disponibles. Une partie de cette hausse est désormais répercutée sur les cotisations des assurés, ce qui explique l’inflation des tarifs des mutuelles.
Les mutuelles face à un défi financier croissant
Les organismes complémentaires de santé doivent désormais assumer des dépenses qu’elles n’avaient pas prévues initialement. « Les mutuelles ne peuvent plus absorber indéfiniment ces surcoûts », a expliqué une source proche du dossier. Certaines structures ont déjà annoncé des hausses de cotisations pour 2026, et d’autres devraient suivre en 2027.
Ce phénomène n’est pas isolé. D’après Ouest France, les cotisations des mutuelles ont augmenté en moyenne de 2 à 4 % par an depuis cinq ans. Pour les ménages, cela représente un budget supplémentaire non négligeable, surtout dans un contexte d’inflation persistante. « Les assurés paient déjà plus cher leur complémentaire santé qu’il y a cinq ans, et la tendance ne va pas s’inverser », souligne un économiste spécialisé dans la santé.
Quelles conséquences pour les assurés ?
Pour les ménages, l’augmentation des cotisations des mutuelles va peser sur leur pouvoir d’achat. « Avec la hausse des prix de l’énergie et de l’alimentation, cette nouvelle charge financière peut sembler insupportable », a réagi une association de consommateurs. Certains assurés pourraient être tentés de réduire leur couverture santé ou de se tourner vers des offres moins chères, au risque de moins bien se couvrir.
Les plus modestes pourraient être particulièrement touchés. Selon une étude de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), près de 15 % des ménages les plus pauvres consacrent déjà plus de 10 % de leurs revenus aux dépenses de santé, malgré la Sécurité sociale et les mutuelles. Une hausse supplémentaire des cotisations ne ferait qu’aggraver la situation.
En attendant, les assurés n’ont d’autre choix que de s’adapter à cette nouvelle donne. Certains pourraient opter pour des contrats moins protecteurs, tandis que d’autres chercheront à négocier avec leur mutuelle actuelle. Une chose est sûre : cette hausse des cotisations va alimenter le débat sur l’avenir du système de santé en France.
Les mutuelles augmentent leurs cotisations en raison du transfert de charges de la Sécurité sociale vers les complémentaires santé. Les organismes doivent désormais prendre en charge une partie des dépenses autrefois couvertes par l’État, ce qui alourdit leurs budgets.
Les assurés peuvent comparer les offres des mutuelles, négocier avec leur organisme actuel ou opter pour des contrats moins protecteurs. Certains pourraient aussi se tourner vers des aides sociales pour compenser la hausse des cotisations.