Selon Ouest France, les professionnels de la filière des cures thermales montent au créneau pour défendre la prise en charge de ces soins par l’Assurance maladie. À leurs yeux, ces traitements ne relèvent pas du simple confort, mais bien d’une médecine à part entière. Une position qui s’inscrit en réaction aux travaux de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), laquelle avait récemment pointé du doigt le remboursement des cures thermales en France. Une critique que les acteurs du secteur rejettent catégoriquement, affirmant que le pays n’est pas un cas isolé au sein de l’OCDE.
Ce qu'il faut retenir
- Les cures thermales sont présentées comme des soins médicaux légitimes, et non comme des prestations de bien-être par les professionnels du secteur.
- La filière dénonce l’idée selon laquelle la France serait le seul pays de l’OCDE à rembourser ce type de traitement.
- Cette prise de position intervient après les critiques de l’OCDE sur la pertinence du remboursement des cures thermales.
- Les acteurs du secteur insistent sur la nécessité de maintenir ce dispositif, considéré comme un pilier de la médecine préventive et curative.
Des soins médicaux au même titre que les autres traitements
Les représentants des stations thermales et des professionnels de santé spécialisés en thermalisme tiennent à rappeler que les cures thermales sont encadrées par des protocoles médicaux stricts. Selon eux, ces séjours de trois semaines, prescrits par un médecin, visent à traiter des pathologies variées, allant des affections rhumatismales aux troubles veineux, en passant par les maladies respiratoires. « Ce sont de vrais soins, pas des vacances », a souligné Jean-Michel Lemoyne, président du Syndicat national des établissements thermaux (SNETH), cité par Ouest France. Pour lui, la confusion entretenue entre cure thermale et tourisme médical relève d’une méconnaissance des enjeux thérapeutiques.
Les chiffres avancés par la filière sont sans équivoque : en 2025, près de 500 000 patients ont bénéficié d’une cure thermale en France, pour un coût moyen de 600 euros par cure, pris en charge à hauteur de 65 % par l’Assurance maladie. Un remboursement qui, selon les professionnels, permet de réduire les dépenses futures en limitant les hospitalisations ou les arrêts de travail prolongés.
La France n’est pas un cas unique en Europe et dans l’OCDE
Contrairement aux affirmations de l’OCDE, la France n’est pas le seul pays à reconnaître l’efficacité des cures thermales. En Allemagne, en Italie ou encore en Espagne, des dispositifs similaires existent, avec des taux de remboursement variant de 50 % à 80 %. « L’OCDE semble ignorer que plusieurs pays membres de l’organisation ont adopté des politiques comparables », a rappelé Sophie Martin, directrice de la Fédération thermale et climatique française (FTCF). Selon elle, les critères d’efficacité et de sécurité des cures thermales sont évalués au même titre que ceux des autres traitements conventionnels.
Un rapport publié en 2024 par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) concluait d’ailleurs à l’absence de risques majeurs liés aux cures thermales, sous réserve du respect des protocoles. Pourtant, l’OCDE avait estimé dans ses dernières recommandations que ces soins devraient être mieux encadrés, voire partiellement déremboursés. Une position que la filière qualifie de « contre-productive » et de « méconnaissance des bénéfices avérés ».
Cette polémique intervient dans un contexte où le budget de la Sécurité sociale est sous haute tension. Les cures thermales représentent un coût annuel d’environ 300 millions d’euros pour l’Assurance maladie, une somme que certains économistes jugent disproportionnée au regard des bénéfices réels. Pourtant, pour des milliers de patients, ces séjours constituent une alternative thérapeutique efficace, notamment pour les maladies chroniques. Le débat, loin d’être clos, soulève une question centrale : faut-il privilégier l’économie immédiate au détriment d’une médecine préventive reconnue ?
Selon les données du Syndicat national des établissements thermaux, les affections rhumatismales (arthrose, lombalgies) représentent près de 40 % des prescriptions, suivies des troubles veineux (25 %), des maladies respiratoires (15 %) et des dermatoses (10 %).