Un drone de surveillance conçu par la société toulousaine Delair pourrait bientôt renforcer les patrouilles des autoroutes françaises. Selon Capital, un essai en conditions réelles a été mené ce mardi 9 juin sur l’autoroute A88, entre Argentan (Orne) et Falaise (Calvados), comme l’a rapporté TF1.

Ce qu'il faut retenir

  • Un drone de 5 mètres d’envergure et 25 kg développé par Delair a été testé sur l’A88.
  • Doté d’une autonomie de 3h15 et d’une caméra infrarouge, il permet de détecter des mouvements même de nuit.
  • Les images sont transmises en temps réel à un centre de contrôle pour une réaction adaptée.
  • Ce dispositif pourrait accélérer les interventions et limiter les risques pour les patrouilleurs.

Un essai nocturne pour valider les capacités du drone

Le test réalisé dans la nuit du 9 au 10 juin a permis de valider les fonctionnalités du drone Delair sur un tronçon autoroutier. Selon les observations rapportées par TF1, l’engin, qui ressemble à un petit avion, a démontré sa capacité à repérer une personne au bord de la chaussée en mode infrarouge. « Le drone est capable d'observer la situation en mode infrarouge. On voit nettement les mouvements de la personne », a précisé à TF1 Eric Denèl, ingénieur aviation chez Delair.

Cette technologie pourrait notamment servir à identifier des situations à risque, comme des intrusions ou des débuts d’incendie, avant d’alerter les services compétents. L’objectif n’est pas de remplacer les patrouilleurs, mais de les assister en leur fournissant des informations précises en temps réel.

Une transmission d’images instantanée pour une réactivité accrue

Le fonctionnement du drone repose sur un itinéraire préprogrammé par ordinateur. Une fois en vol, il transmet des images en continu vers un centre de contrôle. Le système embarqué est même capable de suivre un point spécifique, comme le ferait un opérateur humain. Par exemple, en cas d’incendie déclaré, « on peut décider d’arrêter la circulation pour éviter tout risque supplémentaire », a expliqué Eric Denèl.

Cette réactivité pourrait s’avérer cruciale pour la gestion des incidents sur les autoroutes, où chaque minute compte. Les exploitants routiers espèrent ainsi gagner en efficacité, notamment pour des missions de surveillance nocturne, souvent difficiles à réaliser par des moyens humains classiques.

Un déploiement inspiré d’autres secteurs déjà équipés

Bien que ce type de drone soit une nouveauté pour les autoroutes françaises, il existe déjà dans d’autres domaines. La SNCF, par exemple, utilise des drones pour inspecter ses voies ferrées de nuit et prévenir les actes de malveillance ou les vols de câbles. Pour les routes, cette technologie représente un bond en avant en termes de sécurité et de rapidité d’intervention.

Arnaud de Froissard, président de la société Alicorne A88, exploitant du tronçon testé, a souligné l’intérêt de ce dispositif : « On a un drone qui va plus rapidement sur site, et avec les images on est en capacité de prendre la bonne décision au PC ». Selon lui, l’objectif est de « vérifier que les images produites par le drone nous permettent d’identifier ces situations à risque sur le domaine autoroutier afin de déclencher les intervenants pour gérer telle ou telle situation », a confirmé Julie Dringot, directrice générale de Routalis, filiale d’Egis et exploitant de l’A88, auprès d’Ouest-France.

Une réponse aux besoins croissants de sécurité routière

Ce projet s’inscrit dans un contexte où la sécurité des usagers et des agents en charge de la surveillance des autoroutes devient une priorité. Les drones pourraient jouer un rôle clé pour sécuriser les patrouilleurs en limitant leurs déplacements dans des zones potentiellement dangereuses. Ils permettraient également d’optimiser les ressources humaines en ciblant les interventions là où elles sont nécessaires.

Les tests réalisés sur l’A88 serviront de base pour évaluer l’efficacité du drone Delair dans des conditions réelles. Si les résultats sont concluants, ce dispositif pourrait être déployé sur d’autres autoroutes françaises dans les mois à venir. Pour l’instant, aucune date officielle n’a été communiquée, mais les acteurs du projet semblent optimistes quant à une généralisation progressive.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes consisteront à analyser les données recueillies lors du test du 9 juin. Si les performances du drone Delair sont jugées satisfaisantes, une phase de déploiement pourrait être envisagée d’ici la fin de l’année, voire début 2027. Les exploitants autoroutiers, en collaboration avec les forces de l’ordre, devront par ailleurs définir les protocoles d’intervention en fonction des alertes transmises par le drone. Reste à voir si cette technologie sera étendue à l’ensemble du réseau ou réservée à des zones spécifiques.

En attendant, les drones de surveillance continuent de gagner du terrain dans divers secteurs. Renault, par exemple, a annoncé le lancement de la production en masse de son propre drone militaire d’ici la fin de l’année. Autant dire que l’utilisation des drones pour la sécurité publique et privée est appelée à se développer rapidement.

Non. Selon les informations de Capital, ce drone est conçu uniquement pour la surveillance et l’identification de situations à risque. Il ne sera pas équipé de systèmes de verbalisation automatique.

Aucun calendrier précis n’a été annoncé à ce stade. Les résultats des tests en cours seront déterminants. Une généralisation progressive, d’ici 2027, semble envisageable si les essais sont concluants.