Les Ecologistes ont annoncé mardi 9 juin 2026 qu’ils consulteraient leurs militants « durant la première semaine de juillet » sur l’organisation d’une primaire destinée à désigner un candidat commun de la gauche non membre de La France Insoumise (LFI) pour l’élection présidentielle de 2027. Cette décision intervient dans un contexte de tensions internes au parti, où Marine Tondelier, secrétaire nationale, fait face à des critiques sur la gestion de ce processus. Selon Franceinfo - Politique, le bureau politique du mouvement a réaffirmé son objectif d’une « primaire rassemblant la gauche et les écologistes », tout en laissant planer l’hypothèse d’une campagne autonome si cette initiative échoue.

Ce qu'il faut retenir

  • Les Ecologistes organiseront une consultation militante début juillet 2026 pour valider une primaire de la gauche hors LFI.
  • Le bureau politique du parti réaffirme son souhait d’une candidature commune, mais admet un processus « mal engagé ».
  • Marine Tondelier, en faveur de cette primaire, fait face à une opposition interne et à des appels à anticiper un échec possible.
  • Le Parti socialiste (PS) et Place Publique, portés respectivement par Olivier Faure et Raphaël Glucksmann, restent divisés sur leur participation.
  • La primaire, si elle se concrétise, exclurait explicitement La France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon.

Une initiative fragilisée par les dissensions internes

Le projet de primaire, porté par Marine Tondelier, vise à fédérer les forces de gauche autour d’un candidat unique, excluant LFI. Pour autant, ce processus peine à convaincre au sein même des Ecologistes, où certains cadres demandent à la dirigeante d’envisager un scénario de repli. « Si cette solution devait ne pas aboutir, nous poursuivrons notre campagne pour la présidentielle 2027 autour de nos valeurs, nos idées, et de notre candidate Marine Tondelier », précise le communiqué du bureau politique, diffusé en soirée du 9 juin.

Cette fragilité s’explique en partie par la position du PS. Olivier Faure, premier secrétaire du parti, s’est dit favorable à l’idée d’une primaire, mais son aile gauche y est farouchement opposée. Place Publique, dont Raphaël Glucksmann est une figure montante, reste également en retrait, malgré des sondages qui placent ce dernier en tête des intentions de vote à gauche. « Le contraste nous est favorable », avait d’ailleurs déclaré Mélenchon, exploitant ces divisions pour consolider sa position.

Marine Tondelier sous pression, entre pragmatisme et militantisme

Marine Tondelier, qui défend depuis des mois l’idée d’une primaire large, a appelé le PS à trancher rapidement sur sa participation. « Le contraste nous est favorable » : comment Jean-Luc Mélenchon veut profiter de la désorganisation de ses rivaux à gauche pour la présidentielle

Pourtant, au sein de son propre parti, des voix s’élèvent pour critiquer la méthode. Certains militants lui reprochent de s’obstiner dans un processus mal préparé, alors que les chances de succès s’amenuisent. La dirigeante, qui mise sur un vote démocratique pour départager les candidats, se retrouve ainsi isolée, entre les exigences de l’unité et les réalités politiques.

Quelles suites pour la gauche en 2027 ?

Si la primaire aboutit, elle pourrait offrir à la gauche une visibilité inédite depuis des années. En revanche, son échec signifierait une fragmentation accrue du paysage politique, avec des candidats écologistes, socialistes et écologistes en lice séparément. Les prochaines semaines seront déterminantes, alors que le calendrier électoral s’accélère : les législatives de 2027 suivront de près la présidentielle, et chaque choix stratégique pèsera lourd.

À noter que cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de recomposition de la gauche, après les divisions apparues lors des dernières élections. L’enjeu ? Éviter une nouvelle défaite face à la droite ou au centre, tout en proposant un projet crédible aux électeurs.

Et maintenant ?

La consultation des militants écologistes début juillet devrait apporter des premières réponses sur la faisabilité de cette primaire. Si le PS et Place Publique ne parviennent pas à un accord d’ici l’automne, le risque d’une campagne éclatée deviendra réalité. Les prochaines déclarations d’Olivier Faure et de Raphaël Glucksmann seront scrutées, tout comme la capacité de Marine Tondelier à maintenir la cohésion interne. Une chose est sûre : le temps presse, et chaque décision pourrait peser dans la balance électorale.

Reste à voir si cette tentative de rassemblement résistera aux clivages historiques de la gauche française, ou si elle ne sera qu’une étape de plus dans une série de divisions.

Les Ecologistes ont clairement indiqué vouloir organiser une primaire « hors LFI » pour la présidentielle 2027. Cette exclusion repose sur des divergences idéologiques et stratégiques avec Jean-Luc Mélenchon, dont le mouvement est perçu comme trop radical ou trop diviseur par une partie de la gauche modérée.