D’après Top Santé, les lieux que l’on considère comme des havres de fraîcheur et de protection contre le soleil peuvent en réalité exposer davantage la peau aux rayons ultraviolets sans que l’on en ait conscience.
Ce qu'il faut retenir
- Les espaces ombragés ne protègent pas systématiquement des UV, parfois jusqu’à 80 % des rayons ultraviolets sont réfléchis ou traversent partiellement les obstacles.
- Les zones urbaines comme les terrasses, les parcs ou les abris de transport en commun peuvent être des pièges insidieux pour l’exposition solaire.
- Les spécialistes rappellent l’importance d’appliquer une crème solaire même dans les espaces ombragés, car les UVB et les UVA restent actifs.
- Les cancers cutanés représentent 20 % des cancers diagnostiqués en France, avec une hausse de 50 % des cas en dix ans.
- Les personnes travaillant en extérieur ou vivant dans des zones très ensoleillées doivent redoubler de vigilance.
Contrairement aux idées reçues, les espaces ombragés ne constituent pas une protection absolue contre les rayons du soleil. Top Santé souligne que ces zones, souvent perçues comme des refuges, peuvent en réalité augmenter les risques d’exposition aux ultraviolets. « On a tendance à croire que l’ombre offre une protection naturelle, mais ce n’est pas toujours le cas », a expliqué le Dr Jean-Pierre Cesarini, dermatologue et membre de la Société française de dermatologie. Selon lui, « les matériaux des toits, des stores ou même des arbres laissent passer une partie des UV, parfois jusqu’à 80 % dans certains cas ».
Les exemples sont nombreux : une terrasse couverte par un store en tissu, un parc sous un grand arbre ou encore un arrêt de bus équipé d’un auvent métallique. Autant de lieux où l’on s’installe sans protection solaire, pensant être à l’abri. Pourtant, les UVB, responsables des coups de soleil, et les UVA, liés au vieillissement cutané et au cancer, pénètrent partiellement ces obstacles. Les études montrent que près de 30 % des expositions aux UV surviennent dans des conditions où l’on ne soupçonne pas de danger, simplement parce que l’on est à l’ombre.
Les zones urbaines concentrent particulièrement ce risque. Les trottoirs, les places publiques ou les terrasses de café, souvent ombragées par des structures temporaires ou des végétaux, deviennent des pièges insidieux. « Dans les grandes villes, la réflexion des UV sur les bâtiments et les surfaces claires peut doubler l’exposition », a précisé le dermatologue. Il rappelle que les cancers de la peau, dont le mélanome, représentent désormais 20 % de l’ensemble des cancers diagnostiqués en France, avec une progression de 50 % en dix ans. Les chiffres, publiés par l’Institut national du cancer, confirment une tendance alarmante, notamment chez les jeunes adultes.
Pourtant, des solutions existent. Les experts de Top Santé recommandent d’appliquer une crème solaire à large spectre, même en l’absence d’ensoleillement direct. « Une protection SPF 30 minimum est indispensable, et elle doit être renouvelée toutes les deux heures », a indiqué le Dr Cesarini. Les vêtements anti-UV, les chapeaux à larges bords et les lunettes de soleil complètent cette prévention. Les personnes travaillant en extérieur, comme les agents de sécurité, les livreurs ou les ouvriers du BTP, sont particulièrement exposées et doivent adopter ces réflexes au quotidien.
Ce phénomène illustre un paradoxe de notre époque : alors que la conscience des dangers du soleil progresse, les modes de vie modernes créent de nouveaux pièges. Entre urbanisation, changement climatique et modes de travail hybrides, les occasions de s’exposer aux UV se multiplient, souvent sans que l’on en ait conscience. Les dermatologues insistent sur la nécessité d’une éducation précoce, dès l’école, pour apprendre à se protéger efficacement, quel que soit le lieu.
Selon les experts cités par Top Santé, les surfaces métalliques (toits, auvents, carrosseries) et les revêtements clairs (béton, peinture blanche) réfléchissent jusqu’à 80 % des UV. Les tissus synthétiques des stores ou des parasols peuvent également laisser passer une partie des rayons.
Les dermatologues recommandent de vérifier la densité de l’ombre : un feuillage dense ou un store épais offre une meilleure protection qu’une structure ajourée. L’idéal reste d’utiliser une crème solaire même à l’ombre, car les UVA, invisibles et présents toute l’année, pénètrent les obstacles.