Une partie de la fusée New Glenn, développée par Blue Origin, a été détruite lors d’un essai au sol fin mai 2026. Bien que spectaculaire, cet incident n’est pas isolé dans l’histoire spatiale. Numerama revient sur les explosions les plus marquantes des dernières décennies, illustrant les défis persistants de l’exploration spatiale.
Ce qu'il faut retenir
- La fusée N1 soviétique a connu la plus grosse explosion non nucléaire de l’histoire spatiale le 3 juillet 1969, avec une puissance estimée à 1 kilotonne de TNT.
- En 1996, l’échec d’une fusée Longue Marche 3B chinoise a causé des dizaines de victimes dans un village proche du pas de tir.
- L’explosion de la fusée Zenit-3SL en 2007 sur une plateforme flottante a endommagé les installations sans faire de blessé.
- Ces incidents rappellent que, malgré les progrès, les lancements restent une opération à haut risque.
L’explosion de la N1 soviétique : un tournant pour le programme lunaire
Le 3 juillet 1969, trois semaines avant le lancement d’Apollo 11, l’Union soviétique a connu l’une des pires catastrophes spatiales de son histoire. La fusée N1, conçue pour rivaliser avec le programme américain, a explosé au décollage, détruisant tout le pas de tir et projetant des débris sur une dizaine de kilomètres. L’onde de choc a été si puissante que des observateurs ont rapporté avoir vu la boule de feu à des dizaines de kilomètres de distance.
Le bilan humain fut heureusement nul, mais cet échec a sonné le glas du programme lunaire soviétique. Après deux autres tentatives infructueuses en 1971 et 1972, l’URSS a définitivement abandonné la N1. « La N1 était un monstre technologique », explique un ancien ingénieur cité par Numerama. « Son explosion a montré que la précipitation peut coûter cher ».
La Longue Marche 3B et son crash dévastateur en Chine
En février 1996, la Chine a vécu son pire désastre spatial avec l’explosion de sa fusée Longue Marche 3B lors du lancement du satellite Intelsat 708. Deux secondes après le décollage, un dysfonctionnement du système de guidage a fait basculer la fusée, qui s’est écrasée en vol horizontal sur un village situé à proximité du centre spatial de Xichang.
L’impact a provoqué une pluie de débris et une explosion d’une violence inouïe. Selon les autorités chinoises, l’accident a fait six morts et une cinquantaine de blessés. Pourtant, des expertises occidentales estiment que le bilan réel pourrait atteindre plusieurs centaines de victimes. « Cet échec a marqué un tournant dans la gestion des risques spatiaux en Chine », souligne Numerama.
L’échec de la Zenit-3SL : un pas de tir détruit en mer
Dans le cadre du projet Sea Launch, une collaboration internationale entre les États-Unis, la Russie, l’Ukraine et la Norvège, la fusée Zenit-3SL a connu un échec retentissant le 30 janvier 2007. Alors qu’elle devait mettre en orbite le satellite NSS 8 pour le compte d’un opérateur néerlandais, la fusée a explosé sur sa plateforme flottante, quelques instants après l’allumage de ses moteurs.
L’explosion a généré une boule de feu si intense qu’elle a masqué toute la structure du pas de tir. Heureusement, aucun blessé n’a été déploré, mais les dégâts matériels ont été considérables. La plateforme a été hors service pendant un an, et le projet, déjà endetté, a finalement fait faillite en 2009. Les tensions géopolitiques entre la Russie et l’Ukraine ont ensuite scellé son sort, conduisant à sa suspension définitive en 2014.
New Glenn et les autres échecs récents : un secteur toujours en tension
L’explosion de la New Glenn en mai 2026 s’inscrit dans une longue série d’échecs, même si elle reste moins meurtrière que les précédents. Blue Origin, fondée par Jeff Bezos, avait déjà connu des déboires avec son lanceur New Shepard, dont une explosion en 2022 lors d’un vol habité.
Ces incidents rappellent que, malgré les avancées technologiques, le secteur spatial reste soumis à des risques majeurs. « Chaque échec est une leçon, mais aussi un coût financier et humain », analyse un spécialiste du domaine. Selon Numerama, ces accidents soulèvent des questions sur la gestion des risques et la fiabilité des nouveaux lanceurs.
Ces catastrophes, bien que rares, rappellent que l’exploration spatiale reste une entreprise périlleuse. Entre enjeux technologiques et pressions économiques, les acteurs du secteur doivent concilier innovation et sécurité. Autant dire que la route vers les étoiles reste semée d’embûches.
Les fusées contiennent des tonnes de carburant hautement énergétique. Lorsqu’une explosion se produit, l’énergie libérée est colossale, générant des ondes de choc et des débris projetés à haute vitesse. Même sans explosion en vol, un simple dysfonctionnement au décollage peut détruire toute une infrastructure.
Oui, en septembre 2022, la capsule New Shepard a subi une explosion lors d’un vol d’essai sans équipage. L’enquête a révélé un problème de température dans le moteur, entraînant une défaillance structurelle. Heureusement, aucun blessé n’a été à déplorer.