Les frais bancaires ont connu une progression marquée entre février 2025 et février 2026, avec une augmentation moyenne de 2,7 %, soit trois fois plus rapide que l’inflation sur la même période, d’après l’Observatoire des tarifs bancaires (OTB). Ce rapport, publié mardi, confirme une tendance à la hausse déjà observée l’an dernier, où les tarifs avaient progressé de 3,1 %.
Selon Le Figaro, cette hausse s’inscrit dans un contexte où les coûts supportés par les banques, notamment en matière de salaires et d’informatique, ne cessent de croître. La Fédération bancaire française (FBF) y voit même une « trajectoire maîtrisée dans le temps des prix des services bancaires ». Pourtant, cette évolution interroge les associations de consommateurs, qui pointent du doigt un manque de transparence sur certains frais et des bénéfices records enregistrés par les établissements financiers.
Ce qu'il faut retenir
- Entre février 2025 et février 2026, les frais bancaires ont augmenté de 2,7 %, contre 0,9 % pour l’inflation.
- Le prix moyen d’un compte bancaire a bondi de 3,71 %, atteignant 22,39 € par an.
- Les cartes de paiement internationales (débit immédiat ou différé) ont vu leurs tarifs progresser de près de 1,6 %, pour un coût annuel d’environ 45 €.
- Les offres groupées de services, incluant carte bancaire, gestion de compte et assurance, ont augmenté de 2,37 % entre avril 2025 et avril 2026.
- Les cinq plus grandes banques françaises (BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale, BPCE et Crédit Mutuel) ont cumulé plus de 35 milliards d’euros de bénéfices nets en 2025.
Des hausses généralisées sur les services bancaires de base
L’étude de l’OTB, réalisée par le Comité consultatif du secteur financier (CCSF), révèle que la quasi-totalité des services bancaires a subi une augmentation. Le prix moyen annuel des frais de tenue de compte a ainsi progressé de 3,71 %, s’établissant à 22,39 € en moyenne pour l’année écoulée. Une hausse qui touche directement les particuliers, alors même que ces frais sont souvent considérés comme incontournables.
Côté cartes bancaires, les tarifs des cartes internationales à débit immédiat et à débit différé ont respectivement augmenté de 1,59 % et 1,57 %, pour un coût annuel d’environ 45 €. Ces cartes, largement utilisées pour les achats en ligne ou à l’étranger, voient donc leur prix progresser, même si cette hausse reste modérée. Les offres groupées de services, qui incluent généralement la carte bancaire, la gestion du compte et une assurance des moyens de paiement, ont pour leur part enregistré une augmentation de 2,37 % entre avril 2025 et avril 2026.
Une transparence insuffisante sur les frais annexes, selon les associations
Si la FBF met en avant la « trajectoire maîtrisée » des prix, l’Union nationale des associations familiales (Unaf) et la CLCV (Consommation, Logement et Cadre de vie) dénoncent un manque de clarté sur certains postes de dépenses. L’Unaf souligne notamment l’opacité des frais d’irrégularités et d’incidents de paiement, qui peuvent peser lourdement sur le budget des ménages. Ces frais, souvent perçus comme une source de revenus pour les banques, sont pointés du doigt pour leur manque de lisibilité.
Dans un communiqué, l’Unaf a même appelé les parlementaires à lancer « une mission d’information transpartisane pour faire la lumière sur le rôle des frais d’incidents dans le modèle économique des banques de détail ». Une demande qui s’inscrit dans un contexte où les bénéfices des banques françaises ont atteint des sommets. En 2025, les cinq principaux groupes bancaires du pays ont en effet enregistré un total de plus de 35 milliards d’euros de bénéfices nets, malgré une surtaxe sur l’impôt sur les sociétés.
« Le rapport confirme la trajectoire maîtrisée dans le temps des prix des services bancaires. »
Une hausse qui interroge, entre inflation et rentabilité des banques
Les associations de consommateurs soulignent un décalage entre l’évolution des tarifs bancaires et le pouvoir d’achat des ménages. Selon la CLCV, le coût moyen total des frais bancaires pour un consommateur français a augmenté de 3 % cette année, avec des hausses particulièrement marquées sur les services de base. Ces frais, souvent perçus comme des charges fixes, pèsent d’autant plus dans le budget des ménages que les salaires n’ont pas suivi la même courbe.
Pourtant, les banques justifient ces augmentations par des coûts structurels en hausse. « Les dépenses liées aux salaires et à l’informatique représentent un poids croissant pour les établissements bancaires », explique la FBF. Un argument qui ne convainc pas totalement les associations, d’autant que les bénéfices des banques restent exceptionnels. En 2025, BNP Paribas, le Crédit Agricole, la Société Générale, le groupe BPCE et le Crédit Mutuel ont affiché des résultats nets historiques, malgré la surtaxe imposée par l’État.
Dans l’immédiat, les usagers sont invités à consulter les barèmes tarifaires de leur banque et à évaluer l’opportunité de changer d’offre ou d’établissement si les frais deviennent trop élevés. Les comparateurs en ligne, ainsi que les conseils des associations de consommateurs, pourraient aider à identifier les meilleures options disponibles.
Plusieurs pistes existent : comparer les offres des différentes banques, privilégier les établissements en ligne (souvent moins chers), négocier avec sa banque actuelle ou opter pour des offres groupées incluant des services gratuits. Il est aussi possible de limiter les frais d’incidents en surveillant son compte et en souscrivant à des assurances adaptées.
Rien n’indique que la tendance va s’inverser à court terme. Les coûts supportés par les banques (salaires, informatique) restent élevés, et l’inflation pourrait continuer à jouer en faveur d’une hausse des tarifs. Les associations de consommateurs appellent à une régulation plus stricte pour éviter une progression excessive.