Les Français pourraient voir leurs frais bancaires s’alourdir dès cette année. D’après Ouest France, le 15e rapport annuel de l’Observatoire des tarifs bancaires (OTB), publié ce mardi 8 juillet 2026, met en lumière une nouvelle augmentation des frais de tenue de compte dans un panel de 102 établissements financiers. Ce document, qui scrute chaque année les évolutions des coûts bancaires, souligne également les conséquences des récentes modifications législatives sur la gestion des dossiers de succession.

Ce qu'il faut retenir

  • L’Observatoire des tarifs bancaires (OTB) publie son 15e rapport annuel le 8 juillet 2026, analysant les pratiques de 102 banques.
  • Une hausse des frais de tenue de compte est constatée pour 2026, ciblant notamment les clients particuliers.
  • Les changements législatifs récents sur la gestion des successions impactent aussi les tarifs pratiqués par les établissements.
  • Le rapport évalue les écarts de prix entre banques traditionnelles, en ligne et néobanques.

Un phénomène récurrent qui s’accentue

L’Observatoire des tarifs bancaires, organisme indépendant, dresse chaque année un état des lieux des coûts imposés aux clients. Pour 2026, ses experts confirment une tendance déjà observée : les frais de tenue de compte, souvent perçus comme marginaux, grignotent un peu plus le pouvoir d’achat des ménages. « Les écarts entre banques restent significatifs », a expliqué Jean-Louis Chambon, président de l’OTB, « mais la tendance générale est à l’augmentation, notamment chez les établissements traditionnels ».

Cette hausse s’inscrit dans un contexte où les banques cherchent à compenser la baisse de leurs revenus traditionnels, comme les commissions sur les opérations de change ou les frais de virement. Les néobanques, souvent moins chères sur le papier, ne sont pas épargnées : certaines appliquent désormais des frais de gestion annuels, là où elles promettaient auparavant la gratuité.

Les successions, un sujet qui pèse sur les tarifs

Autre point saillant du rapport : les modifications législatives récentes concernant la gestion des dossiers de succession. Ces changements, adoptés en 2025, imposent aux banques de nouvelles obligations administratives, entraînant des coûts supplémentaires. « Certains établissements répercutent déjà ces frais sur leurs clients », a précisé un responsable de l’OTB sous couvert d’anonymat. Ces coûts, autrefois pris en charge par les banques, sont désormais souvent facturés, parfois à hauteur de plusieurs dizaines d’euros par dossier.

Les associations de consommateurs, comme l’UFC-Que Choisir, dénoncent depuis des années cette pratique. « Les banques profitent de chaque prétexte pour augmenter leurs tarifs », a réagi Alain Bazot, son président. « Il est urgent que les pouvoirs publics encadrent davantage ces hausses, surtout quand elles touchent des populations déjà fragilisées ».

Comparaison des pratiques : qui facture le plus ?

Le rapport de l’OTB détaille les écarts de tarification entre les différents types d’établissements. Les banques traditionnelles (BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, etc.) figurent parmi les plus chères, avec des frais annuels moyens de 20 à 30 euros pour la tenue de compte. Certaines mutualistes, comme le Crédit Mutuel ou la Caisse d’Épargne, restent plus accessibles, avec des tarifs inférieurs à 15 euros.

Côté néobanques, la gratuité promise se réduit à peau de chagrin. Revolut ou N26, par exemple, appliquent désormais des frais de 1 à 3 euros par mois pour les comptes premium, tandis que les offres basiques restent gratuites. Une évolution qui interroge sur la viabilité à long terme de leur modèle économique.

Et maintenant ?

Cette nouvelle hausse des frais bancaires pourrait alimenter le débat sur la transparence des tarifs. Les associations de consommateurs appellent à une mobilisation, tandis que les pouvoirs publics devraient examiner de près ces évolutions. La prochaine publication de l’OTB, prévue pour juillet 2027, permettra d’évaluer si cette tendance se confirme ou si les banques ajustent leurs pratiques. Pour les clients, la solution reste de comparer régulièrement les offres, quitte à envisager un changement d’établissement.

Reste à voir si les régulateurs interviendront pour limiter ces augmentations. En attendant, les ménages devront composer avec une nouvelle ponction sur leur budget, dans un contexte économique déjà tendu.

Selon l’OTB, les banques traditionnelles comme BNP Paribas ou Société Générale facturent en moyenne entre 20 et 30 euros par an pour la tenue de compte. Certaines mutualistes, comme le Crédit Mutuel, restent en dessous de 15 euros.

Oui, certaines ont commencé à facturer des frais. Par exemple, Revolut et N26 appliquent 1 à 3 euros par mois pour leurs comptes premium, tandis que les offres basiques restent gratuites.