Une récente mise en garde émane du monde médical : les compléments alimentaires sous forme de « gummies » censés protéger la peau du soleil ou favoriser son bronzage n’ont aucune efficacité prouvée, alerte un dermatologue. Comme le rapporte Top Santé, ces produits, qui se multiplient sur les réseaux sociaux et en pharmacie, ne remplacent en rien les méthodes traditionnelles de protection solaire.

Ce qu'il faut retenir

  • Les « gummies » solaires sont dépourvus de toute preuve scientifique quant à leur efficacité contre les UV.
  • Ils ne protègent pas des coups de soleil ni des risques de cancer cutané, contrairement aux crèmes solaires.
  • Leur mécanisme repose souvent sur des promesses marketing trompeuses, comme un bronzage accéléré.
  • Les dermatologues recommandent des protections solaires classiques : crèmes, vêtements couvrants et éviction aux heures d’ensoleillement maximal.

Des produits marketing sans fondement scientifique

Les « gummies » solaires, ces bonbons vitaminés présentés comme une alternative naturelle aux crèmes, gagnent en popularité depuis quelques années. Pourtant, leur efficacité est largement contestée par les experts. « Ne vous attendez surtout pas à ce que ces produits protègent votre peau du soleil », a indiqué le dermatologue interrogé par Top Santé. « Leur mécanisme repose sur des mécanismes physiologiques non validés par la science. Autant dire qu’ils ne remplacent en rien une protection solaire adaptée. »

Ces compléments se présentent souvent comme enrichis en vitamines D ou en antioxydants, avec des allégations de « bronzage sain » ou de « prévention des coups de soleil ». Pourtant, aucune étude indépendante ne confirme ces bienfaits. Les autorités sanitaires, comme l’ANSES en France, n’ont jamais validé ces produits pour une utilisation en tant que protection solaire.

Les risques d’une confiance mal placée

Se fier à ces « gummies » pour se protéger des UV peut s’avérer dangereux. Les dermatologues soulignent que leur consommation pourrait même encourager une exposition prolongée au soleil, sous prétexte que le produit « protège ». « Certains patients croient, à tort, que ces compléments agissent comme un bouclier contre les rayons ultraviolets », a précisé le spécialiste. Or, les UV, qu’ils soient UVA ou UVB, pénètrent la peau et causent des dommages irréversibles, comme le vieillissement cutané ou le développement de mélanomes.

Selon les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), près de 300 000 nouveaux cas de mélanomes sont diagnostiqués chaque année dans le monde, dont une part significative est attribuable à une exposition excessive aux UV. Les « gummies » ne contiennent aucun filtre UV, contrairement aux crèmes solaires, et ne sauraient donc limiter ces risques.

Quelles sont les protections solaires recommandées ?

Face à l’engouement pour ces compléments, les dermatologues rappellent les gestes essentiels à adopter. La crème solaire reste la méthode la plus efficace, à condition de choisir un indice adapté à son type de peau et de l’appliquer régulièrement. « Un indice 30 minimum est recommandé pour une protection optimale », a expliqué le médecin. Les vêtements couvrants, les chapeaux à larges bords et les lunettes de soleil complètent cette protection, surtout entre 12h et 16h, période où les UV sont les plus intenses.

Les experts insistent également sur l’importance de ne pas sous-estimer l’indice UV, disponible en temps réel via des applications comme Météo France ou UV Lens. « Une protection solaire est une combinaison de plusieurs actions : éviter les heures où le soleil tape le plus fort, porter des vêtements adaptés et appliquer une crème solaire toutes les deux heures en cas d’exposition prolongée », a rappelé le dermatologue.

Et maintenant ?

Alors que les « gummies » solaires continuent de séduire, notamment auprès des jeunes et des réseaux sociaux, les autorités sanitaires pourraient renforcer leur vigilance. En 2025, l’ANSES a déjà alerté sur les allégations trompeuses de certains compléments alimentaires. Une évaluation plus stricte de ces produits est attendue d’ici la fin de l’année 2026, selon les observateurs du secteur.

Pour l’heure, les dermatologues appellent à la prudence et rappellent que les méthodes de protection solaire éprouvées restent les seules fiables. Bref, si les « gummies » peuvent avoir un effet placebo, ils ne protègent pas la peau des risques liés au soleil.