Les rebelles Houthis du Yémen ont annoncé cette semaine un blocus maritime contre l'Arabie saoudite, une menace aussitôt suivie de l'attaque de deux pétroliers en mer Rouge, selon BMF - International. Cette nouvelle flambée de tensions au Moyen-Orient fait craindre une nouvelle crise énergétique, alors que le prix du baril repart déjà à la hausse depuis que le cessez-le-feu entre l'Iran et les États-Unis a volé en éclat.

Les Houthis, alliés de Téhéran, ont revendiqué des attaques en mer Rouge contre « deux pétroliers saoudiens ». Cette menace de blocus maritime contre l'Arabie saoudite intervient après une série de tensions entre les deux pays. Les Houthis sont membres de « l'axe de la résistance » contre Israël, mené par l'Iran, aux côtés du Hamas palestinien et du Hezbollah libanais.

Ce qu'il faut retenir

  • Les rebelles Houthis du Yémen ont annoncé un blocus maritime contre l'Arabie saoudite.
  • Deux pétroliers saoudiens ont été attaqués en mer Rouge.
  • Les Houthis sont alliés de Téhéran et font partie de « l'axe de la résistance » contre Israël.

Contexte

Les Houthis ont repris les armes en 2023 en réaction à la guerre menée par Israël dans la bande de Gaza, déclenchée par l'attaque du Hamas du 7-Octobre. À coups de drones et de missiles, les rebelles s'en sont pris à Israël et à tous les navires commerçant avec l'État hébreu, troublant le trafic dans la mer Rouge. Les Houthis tiraient notamment profit du détroit de Bab el-Mandeb, un goulet d'étranglement situé à l'extrémité sud de la mer Rouge et que les navires doivent emprunter pour rallier le canal de Suez.

En 2024 et 2025, leurs capacités militaires ont toutefois été sévèrement affaiblies par une série de frappes israéliennes et américaines. L'élément déclencheur a été la tentative d'atterrissage à Sanaa d'un avion iranien en provenance de Téhéran, défiant l'hégémonie saoudienne sur l'espace aérien yéménite.

Conséquences

Si les menaces des Houthis servent aussi les intérêts de l'Iran, qui entend bloquer le commerce mondial pour faire pression sur Donald Trump, « je crois que c'est une erreur de dire que les Houthis font ça sous les ordres de l'Iran », avance le spécialiste du Yémen, pour qui les rebelles houthis sont « plus autonomes » que les autres proxys de Téhéran.

Le blocus accentuerait la pression sur l'économie saoudienne, qui dépend de son port de Yanbu, sur la mer Rouge, pour l'exportation de son pétrole. « C'est aujourd'hui la seule voie d'exportation pétrolière de l'Arabie saoudite qui est encore véritablement opérationnelle », explique à BMF Sylvain Domergue, géographe et enseignant à Science Po Bordeaux.

Reactions

Les Houthis n'ont même pas besoin de mettre en œuvre le blocus, le simple fait de l'annoncer va avoir un effet dissuasif sur les compagnies maritimes. Et ça, ça va leur donner du poids dans les négociations, selon Thomas Juneau, professeur à l'université d'Ottawa et spécialiste du Yémen.

Et maintenant ?

La situation reste tendue, avec des conséquences potentielles sur le commerce mondial et l'économie saoudienne. Les prochaines semaines seront cruciales pour déterminer l'issue de ce conflit et ses répercussions sur la région.

Le président américain, Donald Trump, a déclaré qu'il suivait de près la situation et que les États-Unis s'occuperaient de la situation si nécessaire. Les réactions des autres pays de la région et de la communauté internationale seront à suivre de près dans les prochains jours.