Une étude récente met en lumière un écart significatif entre les émissions réelles et les annonces des constructeurs pour les véhicules hybrides rechargeables. Selon Frandroid, les données de 2023 montrent que ces voitures polluent jusqu’à cinq fois plus que les chiffres communiqués.
Ce qu'il faut retenir
- En 2023, les hybrides rechargeables ont émis jusqu’à 400 % de CO₂ en plus par rapport aux estimations officielles.
- L’écart s’explique par une utilisation réelle majoritairement en mode thermique, loin des conditions optimales d’usage.
- Les normes européennes et françaises pourraient être revues pour intégrer ces nouvelles données.
Une étude qui remet en cause les promesses des constructeurs
L’enquête, menée par des chercheurs indépendants, s’appuie sur des mesures réelles d’émissions de CO₂ réalisées sur des modèles populaires. « Les hybrides rechargeables sont souvent présentés comme une solution écologique, mais les tests montrent qu’en pratique, leur bilan carbone est bien moins vertueux », a déclaré un porte-parole de l’équipe de recherche. Selon Frandroid, les résultats révèlent que les utilisateurs rechargent rarement leurs batteries et utilisent majoritairement le moteur thermique, ce qui fausse totalement leur avantage écologique.
Un écart de pollution confirmé par les chiffres
Les données compilées pour l’année 2023 indiquent que les émissions moyennes des hybrides rechargeables atteignent 250 grammes de CO₂ par kilomètre, contre 50 à 60 grammes annoncés par les constructeurs dans leurs brochures. Autant dire que l’écart n’est pas marginal. Cette différence s’explique par un usage réel très éloigné des conditions théoriques : les conducteurs parcourent en moyenne moins de 50 kilomètres par semaine en mode électrique, alors que les normes européennes supposent une utilisation quotidienne en rechargeant le véhicule.
Parmi les modèles concernés, plusieurs marques européennes et asiatiques sont pointées du doigt. « Le problème n’est pas technique, mais lié à un décalage entre les annonces marketing et la réalité de l’usage », a précisé un expert automobile contacté par Frandroid. Les constructeurs, eux, se défendent en invoquant des normes d’homologation qu’ils jugent trop strictes.
Des normes européennes en question
L’étude souligne que les méthodes de calcul actuelles, basées sur des cycles théoriques, ne reflètent pas la réalité. En 2021, l’Union européenne avait déjà durci les règles pour les véhicules hybrides rechargeables, mais les résultats de cette enquête montrent que les ajustements restent insuffisants. Les chercheurs appellent à une révision urgente des protocoles d’homologation, afin d’intégrer des conditions d’usage plus réalistes. « Les normes doivent évoluer pour refléter l’usage réel des automobilistes, et non les scénarios idéaux imaginés par les constructeurs », a souligné un membre de l’équipe.
Cette étude intervient alors que le marché des hybrides rechargeables connaît un essor en Europe, soutenu par des aides publiques. Elle pourrait donc avoir un impact significatif sur les politiques environnementales et industrielles dans les mois à venir. Reste à voir si les nouvelles réglementations seront à la hauteur des enjeux climatiques actuels.
Les émissions réelles dépassent les annonces des constructeurs car la plupart des utilisateurs ne rechargent pas leur batterie régulièrement. Les normes d’homologation supposent un usage quotidien en mode électrique, ce qui n’est pas le cas dans la pratique. Résultat : le moteur thermique est utilisé la plupart du temps, annulant les avantages écologiques promis.