En 2025, les médecins généralistes libéraux en France ont travaillé en moyenne 46 heures par semaine, selon une étude publiée ce mercredi 2 septembre par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) du ministère de la Santé. Ce chiffre, révélateur des réalités du secteur libéral, confirme une tendance déjà connue : ces professionnels ne bénéficient pas des 35 heures hebdomadaires applicables dans le salariat. Le temps consacré aux consultations, téléconsultations et visites à domicile représente la grande majorité de leur activité, avec une moyenne hebdomadaire de 36 heures et 30 minutes. Une consultation en cabinet dure en moyenne 19 minutes, un indicateur qui reflète l’organisation serrée de leur agenda, comme le rapporte Le Figaro.

Ce qu'il faut retenir

  • En 2025, les médecins généralistes libéraux ont travaillé en moyenne 46 heures par semaine.
  • 36 heures et 30 minutes sont consacrées chaque semaine aux consultations, téléconsultations et visites à domicile.
  • La durée moyenne d’une consultation dans leur cabinet est de 19 minutes.
  • Les médecins de moins de 45 ans travaillent en moyenne 5 heures et 30 minutes de moins que leurs aînés.
  • Les femmes médecins déclarent des durées de travail inférieures à celles des hommes.

Une semaine type rythmée par l’activité médicale

La répartition du temps de travail des médecins généralistes libéraux illustre la prédominance des activités cliniques. Sur les 46 heures hebdomadaires, 36 heures et 30 minutes sont dédiées aux consultations, téléconsultations et déplacements chez les patients. Le reste de leur temps est partagé entre la gestion administrative de leur cabinet — environ 6 heures par semaine — et la formation continue, avec 2 heures et 30 minutes consacrées à la mise à jour de leurs connaissances médicales. Ces chiffres, issus d’une enquête exhaustive, mettent en lumière la charge de travail importante qui pèse sur ces professionnels, souvent en première ligne du système de santé.

Selon la Drees, cette répartition reflète « les spécificités du modèle libéral », où l’autonomie dans l’organisation du travail s’accompagne d’une charge horaire élevée. Les consultations, qu’elles soient physiques ou à distance, restent le cœur de leur activité, un constat qui n’a rien d’étonnant dans un contexte où l’accès aux soins primaires est une priorité nationale.

Des disparités marquées selon l’âge et le genre

Derrière les moyennes se cachent des écarts significatifs entre les médecins. Les femmes libérales déclarent travailler en moyenne moins d’heures que leurs confrères masculins, une tendance qui s’inscrit dans un contexte plus large de différences de pratiques professionnelles selon le genre. « Les femmes déclarent en moyenne des durées de travail plus faibles que les hommes », souligne la Drees dans son rapport. Cette disparité s’explique en partie par des choix de vie personnelle ou des contraintes familiales, souvent plus marquées chez les femmes.

Les jeunes médecins, eux aussi, affichent des volumes horaires inférieurs à ceux de leurs aînés. Les professionnels de moins de 45 ans travaillent en moyenne 43 heures par semaine, soit 5 heures et 30 minutes de moins que les médecins plus âgés. Plusieurs facteurs expliquent cet écart. D’abord, une évolution des pratiques professionnelles : « les médecins de moins de 45 ans déclarent avoir une meilleure conciliation de leurs horaires de travail avec leurs engagements extraprofessionnels », précise l’étude. Ensuite, des différences de rythme liées à l’expérience ou à la gestion de leur installation, deux éléments qui influencent directement leur temps de travail.

Une conciliation vie professionnelle-vie personnelle en question

Les écarts observés entre générations et genres soulèvent une question centrale : celle de l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Pour les médecins libéraux, la liberté d’organisation rime souvent avec une charge de travail élevée, surtout pour les plus expérimentés. Les jeunes générations, en revanche, semblent mieux parvenir à concilier leurs obligations professionnelles avec leurs engagements personnels. « Les médecins de moins de 45 ans déclarent avoir une meilleure conciliation de leurs horaires de travail avec leurs engagements extraprofessionnels », rappelle la Drees. Cette différence pourrait refléter une adaptation aux nouvelles attentes des professionnels de santé, mais aussi une réponse aux difficultés croissantes du métier.

Reste à savoir si ces tendances se maintiendront à l’avenir. Avec le vieillissement de la population médicale et les enjeux de renouvellement des générations, la question de la répartition des charges de travail et de l’équilibre des pratiques pourrait devenir un sujet de débat au sein de la profession.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes pour les acteurs du secteur pourraient inclure des discussions sur l’évolution des pratiques professionnelles, notamment pour les médecins libéraux les plus âgés. Des mesures incitatives pour favoriser l’équilibre vie professionnelle-vie personnelle, comme des formations à la gestion du temps ou des aides à l’installation pour les jeunes médecins, pourraient être envisagées. Par ailleurs, la Drees pourrait poursuivre ses analyses pour affiner ces données et mieux comprendre les disparités observées. Aucune mesure concrète n’est encore annoncée, mais le débat reste ouvert.

En attendant, ces chiffres rappellent une réalité souvent méconnue : derrière chaque consultation se cache un engagement horaire bien supérieur à la norme légale, un sacrifice que les médecins libéraux continuent d’assumer au quotidien.

Le statut libéral implique une autonomie dans l’organisation du travail, mais aussi une responsabilité totale sur la gestion de leur cabinet. Contrairement aux salariés, ils ne bénéficient pas des 35 heures hebdomadaires et doivent assumer eux-mêmes les charges administratives, la formation continue et les frais liés à leur activité. Cette organisation, bien que flexible, conduit souvent à des durées de travail plus longues.