Les océans viennent de franchir un seuil historique. Selon nos confrères de Reporterre, la température moyenne à la surface des eaux mondiales a atteint **21,1 °C** au début du mois de septembre 2026, un niveau exceptionnel pour cette période de l’année. Cette donnée, mesurée par l’observatoire européen Copernicus, dépasse largement les normes saisonnières et confirme une tendance alarmante pour les écosystèmes marins.

Ce qu'il faut retenir

  • 21,1 °C : la température moyenne des océans en septembre 2026, un record absolu pour cette saison.
  • **Juillet 2026** a été le mois le plus chaud jamais enregistré à la surface des océans, avec **20,96 °C** en moyenne.
  • Chaque journée depuis le mois de **juin 2026** bat le record de température correspondant pour la saison.
  • Le phénomène **El Niño**, particulièrement intense cette année, amplifie cette surchauffe océanique.

Un record qui s’inscrit dans une tendance de long terme

Ce nouveau pic de température s’ajoute à une série de records successifs. Comme l’indique Copernicus, la moyenne de **20,96 °C** enregistrée en juillet 2026 dépasse le précédent record de **20,89 °C**, établi en 2023. Autant dire que l’écart, bien que faible en apparence, reflète une accélération inquiétante du réchauffement des masses océaniques. Depuis le début de l’été boréal, chaque jour confirme cette dynamique : selon les données satellites, les températures dépassent systématiquement les seuils historiques pour la saison.

El Niño, un facteur aggravant

Plusieurs facteurs expliquent cette situation inédite. Outre le réchauffement climatique d’origine anthropique, le phénomène **El Niño** joue un rôle clé. Ce courant océanique naturel, caractérisé par un réchauffement anormal des eaux du Pacifique équatorial, influence les températures à l’échelle mondiale. En 2026, son intensité est particulièrement marquée, ce qui contribue à amplifier la hausse des températures océaniques. — Les scientifiques rappellent que El Niño n’est pas une cause directe du réchauffement, mais un amplificateur de ses effets.

Des conséquences déjà visibles sur les écosystèmes

Les répercussions de cette surchauffe se font déjà sentir. Les récifs coralliens, particulièrement sensibles aux variations de température, subissent un blanchissement massif dans plusieurs régions du globe. Les pêcheurs signalent également des perturbations dans les courants marins, affectant la migration des espèces. Enfin, les scientifiques alertent sur le risque accru de cyclones plus intenses, car les océans plus chauds fournissent plus d’énergie aux tempêtes tropicales.

Et maintenant ?

Les prévisions des modèles climatiques suggèrent que cette tendance pourrait se poursuivre au moins jusqu’à la fin de l’année 2026. Les spécialistes de Copernicus estiment que les températures océaniques pourraient rester anormalement élevées jusqu’à l’automne, voire jusqu’à l’hiver boréal dans certaines régions. La question se pose désormais de l’impact sur les prochaines saisons cycloniques dans l’Atlantique et le Pacifique.

Les négociations internationales sur le climat, prévues lors de la COP29 en novembre 2026 à Bakou, devraient aborder cette urgence. Les États pourraient être appelés à renforcer leurs engagements en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, alors que les océans, qui absorbent plus de 90 % de l’excès de chaleur lié au réchauffement climatique, montrent des signes clairs de saturation.

Les océans agissent comme un régulateur thermique pour la planète. Ils absorbent plus de 90 % de l’excès de chaleur généré par les activités humaines, ce qui limite l’augmentation des températures atmosphériques. Cependant, cette absorption a un coût : elle entraîne une acidification des eaux, une désoxygénation et des perturbations des écosystèmes marins. Lorsque les océans atteignent des températures record, cela signifie que leur capacité à absorber la chaleur est désormais compromise, accélérant le réchauffement global.