Les Pays-Bas ont connu des températures exceptionnelles en mai, avec un record absolu enregistré à De Bilt. Selon Reporterre, le mercure a atteint 29,2 °C le 26 mai, un seuil inédit pour cette période de l’année. Face à cette vague de chaleur précoce, l’Institut royal météorologique néerlandais (KNMI), basé à De Bilt, a décidé de mettre en place un nouvel indicateur : l’indice « Hittekracht », ou « force de chaleur ». Présenté depuis le 2 juin sur l’application et les bulletins météo du KNMI, cet outil vise à mieux qualifier l’intensité des épisodes caniculaires.

Ce qu'il faut retenir

  • Un record de 29,2 °C enregistré à De Bilt le 26 mai 2026, un niveau jamais atteint à cette date.
  • Le KNMI a lancé l’indice « Hittekracht » (« force de chaleur ») pour évaluer la sévérité des canicules.
  • L’échelle de mesure s’étend de 0 (« rien à signaler ») à 10 (« extrême »).
  • L’indice est désormais intégré aux prévisions officielles depuis le 2 juin 2026.

Un indicateur conçu pour anticiper les risques sanitaires

L’introduction de « Hittekracht » répond à un besoin croissant de précision dans l’évaluation des vagues de chaleur. Le KNMI souligne que les canicules précoces ou intenses représentent un risque accru pour la santé publique, notamment pour les populations vulnérables. Cet indice permettra aux autorités néerlandaises d’adapter leurs alertes et leurs recommandations en conséquence. Selon l’institut,

« cet outil complète les seuils classiques de température en intégrant des paramètres comme l’humidité et la durée de l’épisode »
, a précisé un porte-parole du KNMI.

Les Pays-Bas, comme d’autres pays européens, subissent de plus en plus fréquemment des épisodes de chaleur extrême en dehors de la période estivale traditionnelle. Les scientifiques attribuent cette tendance au réchauffement climatique. En 2024 déjà, le pays avait enregistré des températures supérieures à 30 °C dès le mois de mai, un phénomène autrefois exceptionnel.

Une échelle graduée pour mieux communiquer

L’indice « Hittekracht » s’articule autour d’une échelle allant de 0 à 10, chaque niveau correspondant à un degré de dangerosité. Si les détails complets de la méthodologie n’ont pas encore été rendus publics, le KNMI indique que la force de chaleur sera calculée à partir de données en temps réel, incluant la température, l’humidité relative et la durée de l’épisode. À titre d’exemple, un niveau 5 pourrait correspondre à une journée où les températures dépassent 27 °C pendant plus de six heures, tandis qu’un niveau 10 serait réservé aux situations exceptionnelles, comme en 2019, où les Pays-Bas avaient enregistré 40,7 °C.

Cette initiative s’inscrit dans une démarche plus large de modernisation des outils de prévision météorologique aux Pays-Bas. Le KNMI a également annoncé le développement d’autres indicateurs, notamment pour mesurer l’impact des pluies intenses ou des tempêtes hivernales.

Et maintenant ?

L’indice « Hittekracht » sera progressivement intégré aux alertes officielles du KNMI dès cet été. Les autorités néerlandaises devraient publier un guide d’utilisation pour le public d’ici la fin du mois de juin. Par ailleurs, d’autres pays européens, comme la France ou l’Allemagne, observent avec attention cette innovation, susceptible d’être reprise dans les prochaines années. Reste à voir si cet outil permettra effectivement d’améliorer la prévention des risques liés aux canicules.

Un contexte climatique de plus en plus marqué

Les vagues de chaleur précoces, comme celle de mai 2026, deviennent un marqueur du changement climatique aux Pays-Bas. Selon les données du KNMI, les mois de mai sont désormais en moyenne 1,5 °C plus chauds qu’il y a 50 ans. Cette tendance s’accompagne d’une augmentation de la fréquence des épisodes caniculaires, passant de un tous les cinq ans dans les années 1970 à un tous les deux ans aujourd’hui. Les projections climatiques estiment que d’ici 2050, les Pays-Bas pourraient connaître des températures supérieures à 40 °C chaque été.

Face à ce constat, le gouvernement néerlandais a renforcé ses plans d’adaptation, avec un accent particulier sur la protection des personnes âgées et des travailleurs en extérieur. L’indice « Hittekracht » s’inscrit dans cette logique en offrant un outil plus réactif pour alerter la population.

Le KNMI prévoit d’intégrer l’indice directement dans ses alertes météo, aux côtés des seuils de température classiques. Les communes pourront ainsi adapter leurs mesures de prévention, comme l’ouverture de salles climatisées ou la distribution d’eau potable, en fonction du niveau de dangerosité indiqué.