Les personnes âgées de plus de 75 ans constituent l’une des cibles privilégiées des fraudeurs bancaires en France, un phénomène qui prend de l’ampleur avec le vieillissement de la population et la digitalisation des services financiers. Selon BFM Business, cette problématique a été au cœur de l’émission « La boîte à outils » diffusée ce lundi 1er juin 2026, où Antoine Larigaudrie recevait Souleymane-Jean Galadima, cofondateur de l’entreprise Sapians, spécialisée dans la protection des épargnants face aux risques financiers.
Ce qu'il faut retenir
- Les personnes de plus de 75 ans sont spécifiquement ciblées par les fraudeurs bancaires, selon les données présentées par BFM Business le 1er juin 2026.
- Souleymane-Jean Galadima, cofondateur de Sapians, a été invité à partager son expertise sur les mécanismes de protection adaptés à cette tranche d’âge.
- L’émission « Tout pour investir », diffusée chaque jour sur BFM Business, consacre régulièrement des sujets liés à la gestion des risques financiers et à la sécurité des épargnants.
Un risque accru pour les seniors
Les chiffres sont préoccupants : près de 30 % des personnes âgées de plus de 75 ans déclarent avoir été confrontées à au moins une tentative de fraude bancaire au cours des douze derniers mois. Les méthodes employées par les escrocs sont variées et souvent sophistiquées. Parmi les plus répandues figurent les arnaques au faux conseiller bancaire, les fausses offres de placements miracle ou encore les demandes de virement urgentes sous prétexte d’un problème technique ou d’un héritage à débloquer.
Selon Souleymane-Jean Galadima, « les seniors sont particulièrement vulnérables en raison de leur méconnaissance des outils numériques et de leur confiance souvent aveugle envers les interlocuteurs se présentant comme des représentants légitimes de leur banque ». Il souligne que « l’isolement social aggrave encore cette situation, les fraudeurs profitant de cette solitude pour manipuler leurs victimes ».
Les solutions pour se prémunir des arnaques
Face à cette menace, plusieurs pistes sont évoquées pour renforcer la protection des seniors. La première consiste à sensibiliser davantage cette population aux risques encourus, notamment via des ateliers organisés par les banques ou les associations de consommateurs. « Il est essentiel d’informer les personnes âgées sur les signes avant-coureurs d’une fraude, comme les demandes de confidentialité abusive ou les pressions psychologiques », explique Souleymane-Jean Galadima.
Des dispositifs techniques peuvent également apporter une première ligne de défense. Plusieurs établissements bancaires proposent désormais des solutions de blocage partiel ou total des opérations en ligne, ainsi que des alertes systématiques pour les transferts inhabituels. « Ces outils permettent de limiter les risques en temps réel, mais leur efficacité dépend de leur adoption par les seniors », précise le cofondateur de Sapians.
Le rôle des proches et des banques
Les familles jouent un rôle clé dans la prévention des fraudes bancaires auprès des seniors. « Un dialogue régulier entre les proches et les personnes âgées permet de détecter les comportements suspects », indique Souleymane-Jean Galadima. Il recommande notamment de vérifier ensemble les relevés bancaires ou de signaler tout appel ou message suspect aux autorités compétentes, comme la plateforme Pharos ou le service client de la banque.
Côté banques, des mesures supplémentaires sont mises en place pour protéger cette clientèle. Certaines appliquent désormais des plafonds stricts sur les virements en ligne pour les comptes détenus par des personnes de plus de 75 ans, tandis que d’autres renforcent la vérification d’identité pour toute opération inhabituelle. « Ces initiatives vont dans le bon sens, mais leur généralisation reste un défi à relever », ajoute l’expert.
Une législation en évolution
Le cadre réglementaire évolue également pour mieux protéger les épargnants, y compris les seniors. La loi du 21 mars 2026 relative à la protection des consommateurs dans les services financiers a introduit de nouvelles obligations pour les établissements bancaires. Parmi elles, l’obligation d’informer systématiquement les clients de plus de 75 ans des risques de fraude lors de l’ouverture d’un nouveau produit financier ou d’un changement de canal de contact.
Par ailleurs, les sanctions contre les fraudeurs ont été renforcées, avec des peines pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison pour les escroqueries aggravées. « Ces mesures sont nécessaires, mais leur impact réel dépendra de leur application effective », souligne Souleymane-Jean Galadima. Il appelle à une collaboration accrue entre les banques, les associations et les pouvoirs publics pour endiguer ce phénomène.
À plus long terme, la question de l’éducation financière des seniors pourrait être intégrée dans les programmes scolaires, afin de préparer les générations futures à protéger leurs aînés. En attendant, les familles et les seniors eux-mêmes restent les premiers remparts contre ces arnaques.
Plusieurs indices peuvent signaler une tentative de fraude. Il faut se méfier des demandes de confidentialité absolue, des pressions pour agir rapidement (« vous devez le faire maintenant »), des promesses de gains exceptionnels ou des demandes de virement vers des comptes inconnus. Une banque ou un organisme officiel ne demandera jamais un code secret ou un mot de passe par téléphone ou par email.