Le réchauffement du climat devrait entraîner les migrations de nombreuses espèces dangereuses, parfois vers des zones plus densément peuplées, selon une étude de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) rapportée par Le Figaro. Aucun continent n’est épargné par ce phénomène. Chaque année, environ 138 000 personnes décèdent et 400 000 se retrouvent en situation de handicap après une morsure de serpent, selon l’OMS.

Ce problème est particulièrement préoccupant, car le nombre de morsures augmente et devrait encore augmenter dans les prochaines décennies sous l’effet du dérèglement climatique, selon une étude internationale de l’OMS publiée dans PLOS Neglected Tropical Diseases. Les chercheurs ont étudié 508 espèces de serpents venimeux dont la morsure est potentiellement grave pour l’homme et ont très précisément cartographié leur présence sur le globe, au kilomètre carré près.

Ce qu'il faut retenir

  • Le réchauffement du climat entraîne les migrations de serpents venimeux vers des zones plus densément peuplées.
  • 138 000 personnes décèdent et 400 000 se retrouvent en situation de handicap après une morsure de serpent chaque année.
  • Les chercheurs ont étudié 508 espèces de serpents venimeux pour cette étude.
  • Le continent asiatique est le plus affecté, avec près de 2 millions de personnes mordues chaque année en Asie du Sud.
  • Certaines espèces de serpents, comme la vipère péliade, pourraient se rapprocher de l’Europe et de la France.

Les conséquences du dérèglement climatique

Le dérèglement climatique a des conséquences importantes sur la distribution et la migration des serpents venimeux. La destruction de leurs habitats naturels, tels que les forêts, les zones humides, les prairies et les espaces agricoles intensifs, pousse ces animaux à se rapprocher des zones peuplées. Cela augmente le risque de morsures pour les humains, en particulier dans les régions où les populations sont déjà vulnérables.

Le continent asiatique est le plus affecté, avec près de 2 millions de personnes mordues chaque année en Asie du Sud. Les données sont cependant incomplètes, car beaucoup de morsures se produisent dans des régions pauvres où elles sont peu ou mal recensées. Les scientifiques estiment que certaines espèces de kraits devraient se rapprocher des forêts du Myanmar et de la province chinoise du Yunnan, vers les villes centrales et nordiques densément peuplées de la Chine.

Les conséquences pour l’Europe et la France

Mais ni l’Europe ni la France ne font exception. La vipère péliade, présente sur le Vieux Continent mais aussi en Amérique du Sud, devrait être amenée à croiser plus souvent des humains. Fort heureusement, sa morsure n’est pas nécessairement mortelle, à condition qu’elle soit prise en charge rapidement. L’étude souligne par ailleurs que certaines populations pourraient être confrontées à des espèces qu’elles ne connaissent pas.

Les chercheurs espèrent que les autorités sanitaires se saisiront de ces travaux pour cibler les zones concernées et anticiper les risques, pour l’homme bien sûr, mais aussi pour les serpents. « Nos prédictions peuvent être utilisées pour décider où stocker quel antivenin, comment garantir une capacité adéquate des établissements de santé individuels, comment améliorer l’accessibilité aux soins de santé des communautés éloignées à risque, et où concentrer les efforts de conservation pour les espèces de serpents menacées », ont déclaré les auteurs dans un communiqué.

Et maintenant ?

Il est essentiel que les autorités sanitaires et les gouvernements prennent des mesures pour anticiper et prévenir les risques liés aux morsures de serpents. Cela pourrait inclure la mise en place de programmes de surveillance et de prévention, ainsi que la fourniture de traitements et de soins de santé adaptés aux populations à risque. Les recherches futures devraient également se concentrer sur la compréhension des mécanismes de migration des serpents venimeux et sur la développement de stratégies pour réduire les risques de morsures.

En conclusion, le réchauffement du climat et la migration des serpents venimeux vers des zones plus densément peuplées constituent un problème majeur pour la santé publique. Il est essentiel que les autorités sanitaires et les gouvernements prennent des mesures pour anticiper et prévenir les risques liés aux morsures de serpents.