Alors que les marchés financiers restent sous haute tension en ce début d’année 2026, marquée par des tensions géopolitiques persistantes et une inflation toujours volatile, trois noms reviennent régulièrement sur le devant de la scène. Sébastien Korchia, Pierre Schang et Frédéric Rozier ont été désignés comme les trois meilleurs gérants de l’année par l’émission C’est votre argent, diffusée chaque vendredi sur BFM Business, comme le rapportent nos confrères ce 20 mars. Une distinction qui s’appuie sur leurs performances respectives dans un contexte économique où la gestion d’actifs devient un exercice d’équilibriste entre risque et rendement.

Présentée par Marc Fiorentino, figure incontournable de l’analyse financière en France, l’émission hebdomadaire est devenue une référence pour les investisseurs particuliers comme pour les professionnels. Lors du dernier numéro, diffusé aujourd’hui même, le trio de gérants a été mis en avant pour leur capacité à naviguer dans un environnement incertain, où les anticipations de croissance mondiale restent fragilisées par les tensions au Moyen-Orient et les ajustements monétaires des grandes banques centrales. La sélection de ces trois profils reflète une tendance forte : l’expertise française en matière de gestion patrimoniale et d’investissement responsable, un secteur en pleine mutation sous l’effet des réglementations européennes et des attentes sociétales.

Ce qu'il faut retenir

  • Sébastien Korchia, Pierre Schang et Frédéric Rozier ont été désignés « top 3 des gérants » dans l’émission C’est votre argent sur BFM Business ce 20 mars 2026.
  • Les trois professionnels sont reconnus pour leurs performances respectives dans un contexte de marché marqué par l’incertitude géopolitique et une inflation persistante.
  • Pierre Schang, déjà cité dans plusieurs numéros récents, cumule plus de 20 ans d’expérience dans la gestion d’actifs, avec une spécialisation dans les stratégies d’impact et d’investissement responsable.
  • L’émission, présentée par Marc Fiorentino, s’impose comme un rendez-vous hebdomadaire majeur pour les épargnants et les investisseurs en France.
  • Cette distinction intervient dans un environnement où les marchés actions européens peinent à se stabiliser, avec des indices comme le CAC 40 en légère baisse sur les trois premiers mois de 2026.

Une distinction symbolique dans un contexte économique complexe

Le choix de ces trois gérants ne relève pas du hasard. Depuis le début de l’année 2026, les marchés financiers européens traversent une phase de volatilité accrue, alimentée par plusieurs facteurs. D’abord, la persistance des tensions au Moyen-Orient, où le conflit en Iran et ses répercussions sur les flux pétroliers continuent de peser sur les prix de l’énergie. Ensuite, les politiques monétaires divergentes des grandes banques centrales, avec la Banque centrale européenne (BCE) qui maintient des taux directeurs élevés pour lutter contre l’inflation, tandis que la Réserve fédérale américaine commence à envisager des baisses de taux plus tôt que prévu.

Dans ce contexte, les gérants français distingués dans C’est votre argent ont su se démarquer par leur approche différenciée. Sébastien Korchia, associé-gérant chez Primonial Asset Management, est notamment salué pour sa gestion active de portefeuilles diversifiés, alliant actions, obligations et actifs alternatifs. Son parcours, marqué par une carrière de près de 25 ans dans la finance, lui a valu une reconnaissance dans plusieurs classements spécialisés, dont celui de Citywire, où il figure régulièrement parmi les meilleurs gérants en Europe.

Frédéric Rozier, cofondateur de Rozier et Associés, est quant à lui reconnu pour son expertise en gestion privée, avec une clientèle majoritairement composée de familles fortunées et d’institutionnels. Son approche repose sur une analyse macroéconomique fine, combinée à une sélection rigoureuse de valeurs à long terme. Enfin, Pierre Schang, responsable des pôles France et Impact chez La Financière de l’Échiquier, incarne une tendance forte de la finance française : l’investissement responsable. Depuis plusieurs années, il défend une stratégie d’investissement alignée sur les critères ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance), une approche désormais incontournable pour de nombreux épargnants.

Des parcours complémentaires dans un secteur en pleine mutation

Chacun de ces trois gérants représente une facette différente de la gestion d’actifs en France. Sébastien Korchia, formé à l’ESSEC et passé par plusieurs grandes banques d’investissement, a développé une expertise dans la gestion de fonds flexibles, capables de s’adapter rapidement aux changements de cycle économique. Ses performances passées, notamment durant la crise du Covid-19 en 2020, lui ont valu une solide réputation dans le secteur. En 2025, ses fonds ont surperformé l’indice de référence du CAC 40 de près de 8 %, selon les dernières données disponibles.

Pierre Schang, diplômé de l’HEC Paris, a rejoint La Financière de l’Échiquier en 2010, où il a progressivement pris la tête des activités liées à l’investissement responsable. Sous sa direction, l’encours géré selon des critères ESG a dépassé les 5 milliards d’euros en 2025, un chiffre qui illustre l’essor de cette thématique auprès des investisseurs institutionnels et privés. Son fonds phare, « Echiquier Positive Impact Europe », a enregistré une performance annualisée de 7,2 % sur cinq ans, un résultat qui le place parmi les leaders du segment en Europe.

Quant à Frédéric Rozier, son approche se distingue par une forte personnalisation des stratégies, adaptées aux profils de risque de chaque client. Titulaire d’un MBA de l’INSEAD, il a cofondé sa société en 2015 après avoir occupé des postes à haute responsabilité chez BNP Paribas Wealth Management. Aujourd’hui, Rozier et Associés gère un encours de près de 2,5 milliards d’euros, principalement investis dans des actifs européens et nord-américains. Son fonds « Global Opportunities » a réalisé une performance de 9,5 % en 2025, malgré un contexte de marché particulièrement difficile.

Une émission, C’est votre argent, devenue un baromètre de la finance française

Diffusée chaque vendredi en direct sur BFM Business, l’émission C’est votre argent s’est imposée comme une référence pour les épargnants et les investisseurs en quête de conseils éclairés. Animée par Marc Fiorentino, l’un des journalistes économiques les plus influents en France, l’émission mêle analyses de marché, interviews d’experts et débats sur des sujets de société liés à l’épargne et au patrimoine. Avec une audience moyenne de 500 000 téléspectateurs par semaine, selon les dernières données Médiamétrie, elle joue un rôle clé dans la vulgarisation de la finance auprès du grand public.

Lors du dernier numéro, diffusé ce 20 mars, l’émission a abordé plusieurs thèmes majeurs, dont la performance des indices boursiers en 2026, un sujet particulièrement sensible cette année. Après une année 2025 marquée par une forte volatilité, les marchés actions européens peinent à retrouver une dynamique haussière. Le CAC 40, par exemple, affiche une baisse de 3,2 % depuis le début de l’année, pénalisé par la faiblesse des valeurs bancaires et énergétiques. Dans ce contexte, les conseils des gérants invités prennent une importance particulière, d’autant que l’inflation en zone euro reste supérieure à l’objectif de 2 % fixé par la BCE.

Parmi les autres sujets abordés dans l’émission, la dépendance au pétrole a été longuement analysée, avec un focus sur les 400 millions de barils de réserve stratégique que certains pays membres de l’UE envisagent de constituer pour faire face à d’éventuelles ruptures d’approvisionnement. Un chiffre qui donne la mesure des enjeux géopolitiques actuels, alors que le conflit en Iran continue de menacer la stabilité des approvisionnements énergétiques mondiaux.

Les défis de la gestion d’actifs en 2026 : entre opportunités et risques

Pour les trois gérants mis à l’honneur, 2026 s’annonce comme une année charnière. D’un côté, les opportunités existent, notamment dans les secteurs technologiques et de la transition énergétique, portés par les plans d’investissement massifs de l’UE (comme le Green Deal) et des États-Unis (avec l’Inflation Reduction Act). De l’autre, les risques restent nombreux : tensions géopolitiques, récession possible en Europe, et incertitudes sur l’évolution des taux d’intérêt.\p>

Pierre Schang, par exemple, insiste sur l’importance de diversifier ses investissements pour limiter les risques.

« Dans un environnement où les taux d’intérêt restent élevés et où la croissance mondiale est atone, la clé réside dans la sélection de valeurs capables de résister à des chocs économiques. Les entreprises avec des bilans solides, des marges stables et un avantage concurrentiel durable sont celles qui surperformeront à moyen terme. »
Ses propos s’appuient sur des études récentes, dont une de McKinsey indiquant que les entreprises les plus résilientes en période de crise affichent en moyenne une croissance annuelle de 3 % supérieure à leurs concurrentes.

De son côté, Sébastien Korchia met en garde contre un optimisme excessif sur les marchés actions.

« Les valorisations actuelles des grandes capitalisations européennes ne reflètent pas pleinement les risques de récession en Allemagne ou en Italie. Nous maintenons une allocation prudente, avec une surpondération sur les obligations d’État françaises à court terme et une exposition limitée aux valeurs cycliques. »
Ses choix s’expliquent par les dernières prévisions de l’OCDE, qui table sur une croissance du PIB français de seulement 0,8 % en 2026, contre 1,2 % attendu initialement.

Frédéric Rozier, enfin, souligne l’importance de l’adaptation aux nouvelles réglementations, notamment celles liées à la SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation), qui impose une transparence accrue sur l’impact des investissements. En 2025, près de 40 % des nouveaux fonds lancés en Europe étaient labellisés SFDR, un chiffre qui illustre la rapidité des changements en cours. Pour lui, l’investissement responsable n’est plus une option, mais une nécessité.

Et maintenant ?

Si la distinction décernée à Korchia, Schang et Rozier consacre leur expertise, elle reflète aussi les défis qui attendent les gérants en 2026. Plusieurs échéances pourraient redessiner le paysage financier dans les prochains mois : la prochaine réunion de la BCE, prévue le 10 avril, où une baisse des taux pourrait être annoncée, ou encore les résultats des élections américaines de novembre, qui pourraient influencer les politiques monétaires mondiales. Par ailleurs, les investisseurs devront surveiller de près l’évolution du conflit en Iran, dont l’impact sur les prix de l’énergie pourrait se répercuter sur l’inflation et, in fine, sur les décisions des banques centrales. Enfin, la mise en œuvre des nouvelles règles européennes sur la finance durable, attendues pour 2027, devrait accentuer la pression sur les gérants pour intégrer davantage de critères ESG dans leurs stratégies.

Réactions et perspectives : vers une nouvelle ère de la gestion d’actifs ?

La mise en avant de ces trois gérants dans C’est votre argent a suscité plusieurs réactions dans le milieu de la finance. Du côté des institutionnels, l’Association Française de la Gestion Financière (AFG) a salué « une reconnaissance bien méritée de l’excellence française en matière de gestion d’actifs ». Sophie Mougard, déléguée générale de l’AFG, a rappelé que « la France reste le deuxième marché européen pour la gestion d’actifs, avec un encours total de 4 500 milliards d’euros en 2025 », un chiffre qui place le pays juste derrière l’Allemagne.

Du côté des épargnants, la distinction accordée aux trois gérants pourrait inciter davantage de particuliers à se tourner vers des solutions de gestion pilotée. Selon une étude Xerfi publiée en janvier 2026, 62 % des Français détenteurs d’un patrimoine supérieur à 100 000 euros déclarent être prêts à confier la gestion de leurs actifs à un professionnel, un chiffre en hausse de 12 points par rapport à 2023. Cette tendance s’explique en partie par la complexité croissante des marchés, mais aussi par une meilleure sensibilisation aux enjeux de la diversification et de la résilience financière.

Pour les gérants eux-mêmes, cette reconnaissance représente une opportunité de renforcer leur visibilité. Pierre Schang a d’ores et déjà annoncé que La Financière de l’Échiquier lancerait en mai 2026 un nouveau fonds dédié aux petites et moyennes capitalisations européennes, avec une forte composante ESG. Sébastien Korchia, quant à lui, prépare le lancement d’un fonds indiciel coté (ETF) répliquant un indice de valeurs résilientes, tandis que Frédéric Rozier a évoqué la possibilité d’étendre son activité à l’Allemagne et à la Suisse d’ici 2027.

Un secteur en mutation, entre tradition et innovation

L’attention portée à ces trois profils illustre aussi les profondes transformations que connaît le secteur de la gestion d’actifs en France. D’un côté, la gestion traditionnelle, basée sur l’analyse fondamentale et une approche long terme, reste un pilier, comme en témoignent les parcours de Korchia et Rozier. De l’autre, l’essor de la finance durable et de l’investissement à impact, incarné par Pierre Schang, redéfinit les contours de la profession.

Plusieurs éléments expliquent cette évolution. D’abord, l’entrée en vigueur de la directive européenne SFDR en 2021, qui a obligé les gérants à intégrer des critères de durabilité dans leurs processus d’investissement. Ensuite, la prise de conscience accrue des épargnants, notamment des jeunes générations, pour qui l’impact environnemental et social des placements devient un critère de choix. Enfin, les attentes des régulateurs, qui imposent désormais des obligations strictes en matière de transparence et de reporting extra-financier.

Dans ce contexte, les trois gérants mis à l’honneur dans C’est votre argent incarnent deux modèles complémentaires : celui de la performance financière classique et celui de l’investissement responsable. Leur réussite conjointe pourrait bien préfigurer l’avenir d’un secteur en pleine mutation, où la rentabilité et l’impact positif ne sont plus antinomiques, mais au contraire, indissociables.

Alors que l’émission C’est votre argent continue de rythmer le débat économique en France, une question reste en suspens : ces trois gérants