Selon Futura Sciences, une équipe de chercheurs de l'Inserm vient de faire une découverte importante dans la compréhension de la maladie de Charcot, également connue sous le nom de sclérose latérale amyotrophique (SLA). Cette maladie neurodégénérative, qui conduit au décès du patient dans les 3 à 5 ans suivant l'apparition des premiers symptômes, est caractérisée par la destruction progressive des neurones responsables de la motricité, appelés motoneurones.
Les scientifiques ont identifié que les troubles du sommeil pourraient précéder l'apparition des symptômes moteurs de la maladie de Charcot. En effet, après avoir analysé des enregistrements de sommeil de personnes atteintes de SLA à différents stades de la maladie, les chercheurs ont constaté que les altérations du sommeil sont présentes et observables plusieurs années avant la manifestation des troubles moteurs. Cela suggère que les troubles du sommeil pourraient être un symptôme précoce de la maladie.
Ce qu'il faut retenir
- Les troubles du sommeil pourraient précéder les premiers symptômes de la maladie de Charcot.
- Les altérations du sommeil sont présentes et observables plusieurs années avant la manifestation des troubles moteurs.
- Les chercheurs ont identifié l'implication de l'hypothalamus dans les troubles du sommeil.
Les scientifiques ont ensuite cherché l'origine de ces troubles du sommeil dans le cerveau. Une piste : les neurones à orexine, des neurones spécifiques de l'hypothalamus connus pour jouer un rôle dans la stimulation de l'état d'éveil. Chez des modèles de souris atteintes de SLA, les chercheurs ont découvert que les circuits de neurones où sont intégrés les neurones à orexine sont altérés, par la disparition de neurones annexes au cours de la maladie.
Une molécule inhibitrice de l'orexine, déjà prescrite contre les insomnies, a été administrée aux souris malades. Résultats : après une seule prise orale, le sommeil des souris a été restauré. L'activité des neurones annexes des neurones à orexine a été également restaurée et, après 15 jours de traitement, une conservation des motoneurones a été observée chez la souris.
La sclérose latérale amyotrophique (SLA) est une maladie neurodégénérative rare qui concerne 8 000 patients en France, selon l’Association pour la recherche sur la SLA. Son incidence annuelle s’élève à 2,7 cas pour 100 000 habitants. La SLA est une pathologie progressive qui mène au décès dans les 3 à 5 ans qui suivent les premiers signes. C’est le plus souvent l’atteinte des muscles respiratoires qui conduit à la mort du patient.