À Harvard, un professeur d’université défend une idée contre-intuitive : les true friends, ces amis qui ne nous rendent aucun service matériel ou social, seraient en réalité des piliers du bonheur. Selon Top Santé, Arthur C. Brooks, économiste et professeur à la Harvard Kennedy School, avance que ces relations désintéressées, bien que dépourvues d’utilité immédiate, jouent un rôle clé dans notre épanouissement.
Ce qu'il faut retenir
- Pour Arthur C. Brooks, professeur à Harvard, les vrais amis sont « inutiles » car ils ne servent ni votre statut social ni vos ambitions professionnelles.
- Ces relations désintéressées, sans bénéfice tangible, seraient pourtant un levier essentiel pour le bonheur.
- Brooks s’appuie sur des travaux en psychologie et en économie pour étayer sa thèse.
- Il distingue ces amitiés de celles, plus superficielles, qui reposent sur des échanges intéressés.
Dans un monde où les relations sociales sont souvent évaluées à l’aune de leur utilité, Arthur Brooks propose une vision radicalement opposée. Pour lui, ces amis qui n’attendent rien en retour — ni promotion, ni réseau, ni avantage quelconque — offrent une forme de liberté inestimable. « Ils ne vous rendent aucun service, et c’est précisément pour cela qu’ils sont précieux », explique-t-il dans ses enseignements. Cette affirmation, paradoxale en apparence, s’appuie sur des recherches en psychologie positive et en économie du bonheur.
Selon Brooks, ces relations désintéressées permettent de cultiver une authenticité que les autres liens, souvent stratégiques, ne peuvent offrir. « Les gens qui comptent vraiment sont ceux qui vous aiment pour ce que vous êtes, et non pour ce que vous pouvez leur apporter », souligne-t-il. Une idée qui résonne particulièrement dans une société où la valeur d’un individu est parfois réduite à sa productivité ou à son influence.
Pour étayer sa thèse, Brooks s’appuie sur des travaux de chercheurs comme Sonja Lyubomirsky, professeure de psychologie à l’Université de Californie, qui a démontré que les relations sociales de qualité — même sans bénéfice matériel — sont corrélées à un niveau de bonheur plus élevé. Dans son livre « The Happiness Hypothesis », Brooks développe cette idée en s’appuyant sur des études en neurosciences et en sociologie. « Le cerveau humain a évolué pour valoriser les connexions désintéressées, car elles renforcent la résilience émotionnelle », avance-t-il.
Cette théorie prend un relief particulier à l’ère des réseaux sociaux, où les amitiés se mesurent souvent en nombre de followers ou en likes. Pour Brooks, cette superficialité des liens modernes explique en partie l’augmentation des troubles anxieux et dépressifs. « Quand tout devient transactionnel, même l’affection se monétise. Or, le bonheur ne se vend pas », rappelle-t-il. Une critique qui vise autant les algorithmes des plateformes que les dynamiques sociales contemporaines.
Cette réflexion sur l’amitié rejoint d’autres travaux récents en psychologie, comme ceux du Greater Good Science Center de l’Université de Berkeley, qui met en avant l’importance des relations profondes pour la santé mentale. Brooks, lui, pousse le raisonnement plus loin : « Le bonheur n’est pas une accumulation de succès, mais la capacité à aimer et à être aimé sans contrepartie ». Une idée simple, mais radicale dans sa remise en question des normes sociales.
Alors que les études sur le bonheur se multiplient, la thèse de Brooks offre une piste originale. Et si, finalement, la clé du bien-être résidait moins dans ce que l’on possède que dans ceux qui nous entourent — sans rien attendre d’eux ? Une question qui, à l’évidence, mérite d’être posée.
Oui. Selon lui, les « vrais amis » sont ceux qui n’attendent rien en retour, contrairement aux relations superficielles ou intéressées. Il insiste sur leur rôle dans la construction d’une authenticité et d’une résilience émotionnelle.