Dans les grandes villes françaises soumises à des Zones à Faibles Émissions (ZFE), la part des véhicules électriques et hybrides a connu une progression marquée ces dernières années. Selon nos confrères de Libération, cette tendance s’accompagne d’une baisse significative des émissions de polluants atmosphériques, confirmant ainsi l’efficacité du dispositif malgré les critiques récurrentes à son encontre.

L’institut national de la statistique, l’Insee, a publié une analyse détaillée de l’impact des ZFE sur la qualité de l’air. Les résultats, qui portent sur les principales métropoles concernées par ce dispositif, révèlent une augmentation de 40 % de la proportion de véhicules propres entre 2020 et 2025. Une hausse qui coïncide avec une diminution de 25 % des émissions de dioxyde d’azote (NO₂) et de particules fines (PM10) dans ces zones.

Ce qu'il faut retenir

  • Une hausse de 40 % de la part des véhicules électriques et hybrides dans les villes dotées d’une ZFE entre 2020 et 2025, selon l’Insee.
  • Une réduction de 25 % des émissions de NO₂ et de PM10 dans ces mêmes zones.
  • Les ZFE, souvent critiquées pour leur coût et leur application jugée trop stricte, montrent un bilan environnemental positif.
  • Les véhicules thermiques restent majoritaires dans les villes sans ZFE, où la pollution atmosphérique reste élevée.

Un dispositif efficace, malgré les polémiques

Lancées en 2020 sous l’impulsion de la loi d’orientation des mobilités, les ZFE visent à interdire progressivement les véhicules les plus polluants dans les centres-villes. Pourtant, ce dispositif a suscité de vives oppositions, notamment de la part des automobilistes et des professionnels du transport, qui dénonçaient son manque de flexibilité et son coût. Pourtant, comme le souligne l’Insee, « les données sont sans ambiguïté : la réduction des émissions de polluants est directement corrélée à la baisse de la circulation des véhicules thermiques », a déclaré un porte-parole de l’institut.

Les villes concernées par les ZFE – Paris, Lyon, Grenoble, Aix-Marseille ou encore Strasbourg – ont toutes enregistré une amélioration notable de la qualité de l’air. À Paris, par exemple, la concentration moyenne de particules fines (PM2,5) a chuté de 18 % entre 2021 et 2025. Un résultat qui contraste avec les villes n’ayant pas encore instauré ce dispositif, où la pollution reste un problème récurrent.

Les véhicules propres en tête, mais des défis persistent

L’analyse de l’Insee met en lumière un autre phénomène : la progression des ventes de véhicules électriques et hybrides rechargeables a été deux fois plus rapide dans les métropoles dotées d’une ZFE. En 2025, ces véhicules représentaient 12 % du parc automobile contre seulement 5 % dans les zones non concernées par les restrictions. « Cette accélération s’explique en partie par les incitations fiscales et les primes à la conversion, mais aussi par une prise de conscience collective de l’urgence climatique », a expliqué un expert en mobilité urbaine.

Pourtant, des obstacles subsistent. Le prix encore élevé des véhicules électriques, ainsi que l’insuffisance des bornes de recharge dans certaines zones, limitent leur adoption massive. Autant dire que, si les ZFE ont permis des progrès significatifs, leur généralisation à l’ensemble du territoire reste un chantier complexe. Bref, le bilan environnemental est positif, mais le chemin vers une mobilité 100 % propre est encore long.

Et maintenant ?

La prochaine étape pour les ZFE consistera à étendre leur périmètre et à durcir les restrictions, notamment en abaissant les seuils d’émission autorisés. Une révision des critères est prévue pour 2027, avec l’objectif d’exclure définitivement les véhicules diesel d’ici 2030. Les collectivités locales devront également accélérer le déploiement des infrastructures de recharge, un point souvent cité comme un frein majeur à la transition écologique.

Enfin, l’État pourrait réviser les aides financières accordées aux ménages modestes pour l’achat d’un véhicule propre, afin de garantir une transition juste et équitable. Reste à voir si ces mesures suffiront à convaincre les réticents.