L’Agence spatiale européenne (ESA) a officialisé le 27 août 2026 un contrat de 158,9 millions d’euros avec la société espagnole PLD Space, dans le cadre de son programme European Launcher Challenge (ELC). Selon nos confrères de Euronews FR, cet accord marque une étape clé pour l’Europe, qui cherche à sécuriser son accès indépendant à l’orbite et à réduire sa dépendance aux lanceurs étrangers.

Ce qu'il faut retenir

  • Un contrat de 158,9 millions d’euros attribué à PLD Space, financé principalement par l’Espagne avec une participation allemande.
  • Deux volets principaux : consolidation du service commercial de MIURA 5 et développement de capacités orbitales améliorées, incluant un atterrissage propulsé.
  • PLD Space fait partie des cinq finalistes sélectionnés par l’ESA en juillet 2025, aux côtés de Rocket Factory Augsburg et Isar Aerospace.
  • L’objectif de l’ELC est de disposer, avant 2030, d’un successeur à Ariane 6, avec un financement total porté à 900 millions d’euros.
  • Le contrat s’ajoute aux 42 millions d’euros déjà reçus par PLD Space via le PERTE aérospatial espagnol.

Un partenariat stratégique pour l’autonomie spatiale européenne

Avec ce contrat, PLD Space devient l’un des acteurs majeurs du futur écosystème européen des lanceurs. Ezequiel Sánchez, président exécutif de l’entreprise, a souligné que cette sélection « confirme la maturité de la feuille de route que nous construisons depuis des années ». Selon lui, ce partenariat s’inscrit dans une logique de transfert technologique vers MIURA Next, la prochaine génération de lanceurs lourds développés par PLD Space. « Chaque amélioration technique homologuée aujourd’hui raccourcira les délais et réduira les risques pour le grand lanceur », a-t-il précisé.

Le financement, majoritairement apporté par l’Espagne avec une contribution allemande, s’inscrit dans la stratégie de l’ESA visant à diversifier ses capacités de lancement. L’objectif est clair : d’ici 2030, l’Europe doit disposer d’une alternative crédible à Ariane 6, sans dépendre d’un seul opérateur. Ce contrat intervient après que les États membres de l’ESA ont doublé leur engagement financier lors de la réunion ministérielle de Brême en novembre 2025, portant le budget total du programme à 900 millions d’euros.

Deux axes majeurs pour MIURA 5 : commercialisation et innovation technologique

L’accord signé avec l’ESA se structure autour de deux axes principaux. Le premier concerne la consolidation du service commercial de MIURA 5, un lanceur orbital dont le développement est entré dans sa phase finale. PLD Space affirme déjà enregistrer un intérêt croissant pour son lanceur sur les marchés internationaux. Le contrat prévoit d’augmenter progressivement le rythme des lancements jusqu’en 2030, afin de répondre à cette demande.

Le second volet, baptisé « Upgraded Orbital Capacity » par PLD Space, vise à améliorer les performances de MIURA 5. Il s’agit notamment d’augmenter sa capacité d’emport, d’étendre sa portée orbitale et d’intégrer un système d’atterrissage propulsé. Cette dernière innovation représente une première étape vers la réutilisation du lanceur, une technologie clé pour réduire les coûts des missions spatiales. Une partie des sous-systèmes développés dans ce cadre sera directement transférée vers MIURA Next, la future famille de lanceurs lourds de PLD Space.

« La sélection de PLD Space par l'ESA confirme la maturité de la feuille de route que nous construisons depuis des années. »
Ezequiel Sánchez, président exécutif de PLD Space

L’ELC : un programme ambitieux pour une Europe souveraine en matière de lancement spatial

Lancé en 2023, l’European Launcher Challenge (ELC) s’inscrit dans la volonté de l’Europe de retrouver une autonomie stratégique dans l’accès à l’espace. Ce programme vise à développer une gamme de lanceurs diversifiés, capables de couvrir l’ensemble des besoins en matière de satellites, des plus petits aux plus lourds. Cinq entreprises ont été présélectionnées en juillet 2025 parmi douze candidats : PLD Space, Rocket Factory Augsburg, Isar Aerospace, MaiaSpace et Orbex.

Parmi les autres lauréats de l’ELC, on retrouve l’allemande Rocket Factory Augsburg, qui a obtenu 186,9 millions d’euros pour son lanceur RFA One, ainsi que l’entreprise Isar Aerospace, qui a décroché 197,8 millions d’euros pour son lanceur Spectrum. Ces trois entreprises, dont les projets sont déjà bien avancés, incarnent la diversité des solutions envisagées par l’ESA pour garantir un accès autonome à l’espace.

Pour PLD Space, ce contrat s’ajoute aux 42 millions d’euros déjà perçus via le PERTE aérospatial, un fonds public espagnol dédié à la relance du secteur. Il intervient alors que la société finalise les tests de MIURA 5, dont le premier vol orbital est prévu avant la fin de la décennie. Une fois opérationnel, ce lanceur succédera à MIURA 1, qui avait réalisé un vol suborbital en 2023, marquant une première étape dans le parcours spatial de PLD Space.

Et maintenant ?

D’ici 2030, les contrats signés dans le cadre de l’ELC devraient permettre à l’Europe de disposer d’une flotte de lanceurs opérationnelle, réduisant ainsi sa dépendance aux acteurs étrangers. Pour PLD Space, les prochaines étapes consisteront à finaliser le développement de MIURA 5 et à engager les premières missions commerciales. Le transfert des technologies vers MIURA Next pourrait, à terme, positionner l’Espagne comme un acteur incontournable du secteur spatial européen.

Les prochaines échéances incluent la tenue de revues techniques régulières avec l’ESA, ainsi que la planification des premiers vols de qualification de MIURA 5. La réussite de ces étapes sera déterminante pour confirmer la place de PLD Space dans l’écosystème spatial européen, alors que la compétition entre les différents acteurs s’annonce intense.

L’ESA a également attribué des contrats à Rocket Factory Augsburg (186,9 millions d’euros pour son lanceur RFA One) et Isar Aerospace (197,8 millions d’euros pour son Spectrum). MaiaSpace et Orbex, les deux autres finalistes, n’ont pas encore vu leurs contrats officialisés.

PLD Space vise un premier vol orbital pour MIURA 5 avant la fin de la décennie, selon les informations communiquées par l’entreprise. Le développement est actuellement en phase finale.