D'après Euronews FR, quelque 37 000 milliards d’euros dorment dans l’Union européenne (UE), soulignant ainsi un défi majeur pour les Européens : faire fructifier leur argent. Verena Ross, présidente de l’Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) depuis 2021, aborde ce sujet dans The Big Question, une série d’Euronews Business.
Ce qu'il faut retenir
- L’Union européenne compte environ 37 000 milliards d’euros d’épargne inutilisée.
- La fragmentation des marchés nationaux de capitaux constitue un obstacle majeur à l’investissement.
- La culture de l’investissement est plus forte aux États-Unis qu’en Europe.
Les défis de l’investissement en Europe
Verena Ross explique que l’ESMA vise à renforcer la protection des investisseurs, à promouvoir le bon fonctionnement des marchés financiers et à préserver la stabilité financière à l’échelle européenne. Elle souligne que « les capitaux doivent circuler aussi librement que les personnes au sein de l’Union européenne », mais que la fragmentation des marchés nationaux de capitaux reste un obstacle significatif. L’Union de l’épargne et de l’investissement, récemment rebaptisée, vise à mieux intégrer les marchés de capitaux fragmentés de l’UE.
Les différences avec les États-Unis
Verena Ross note que les Américains investissent plus que les Européens, en partie à cause de la culture de l’investissement plus forte aux États-Unis. Elle explique que, contrairement à l’Europe, les États-Unis n’ont pas de régimes de retraite publics par répartition garantis par l’État, ce qui pousse les individus à investir pour leur retraite. Pour inciter davantage d’Européens à adopter cet état d’esprit, Verena Ross estime qu’il faut leur donner accès à une information plus claire et à de meilleurs outils de comparaison des placements.
Les conséquences de la fragmentation
La manière dont les Européens épargnent a un impact sur leur propre sécurité financière à long terme, mais également sur la façon dont les entreprises se financent et la trajectoire de croissance de l’économie européenne. Verena Ross souligne que « aujourd’hui encore, en Europe, une grande partie du financement passe par le crédit bancaire », ce qui expose davantage les entreprises lorsque les conditions de prêt se durcissent. Elle espère que l’Union de l’épargne et de l’investissement permettra de développer des sources de financement plus diversifiées.
La présidente de l’ESMA met également en garde contre les risques liés aux informations financières de mauvaise qualité diffusées par les « finfluenceurs » et par l’IA, soulignant que les outils d’IA peuvent comporter des biais et fournir des informations erronées.