Carré Otis, ancienne mannequin internationale, a déposé plainte pour des faits de viols contre Gérald Marie, qui occupait le poste de directeur Europe de l’agence Elite dans les années 1980. L’information a été rendue publique vendredi 5 juin 2026 par son avocat, selon Ouest France.

Ce qu'il faut retenir

  • Carré Otis, ex-mannequin des années 1980, a porté plainte contre Gérald Marie pour des faits de viols présumés.
  • Gérald Marie était alors directeur Europe de l’agence Elite, une structure majeure du mannequinat international.
  • La plainte a été déposée et révélée par l’avocat de la victime, avec l’appui du quotidien Ouest France.
  • Les faits remontent à plusieurs décennies, une période où le secteur du mannequinat était marqué par des pratiques opaques et des abus de pouvoir.

Une plainte déposée près de quarante ans après les faits présumés

Carré Otis, figure emblématique du mannequinat des années 1980, a donc franchi le pas judiciaire en déposant plainte contre Gérald Marie. Ce dernier, alors à la tête de la branche européenne d’Elite Model Management, une agence parmi les plus influentes au monde, aurait commis des actes graves à son encontre. L’avocat de la plaignante a confirmé cette démarche juridique à la presse, précisant que les faits remontaient à une période où les mécanismes de protection des victimes étaient quasi inexistants dans le milieu.

Selon les informations rapportées par Ouest France, la plainte vise des agressions sexuelles qualifiées de viols par les autorités judiciaires. Ces allégations s’inscrivent dans un contexte historique où les modèles, en particulier les jeunes femmes, étaient souvent exposées à des abus de pouvoir sans possibilité de recours. L’affaire soulève ainsi des questions sur les dérives d’un secteur longtemps resté sans contrôle.

Gérald Marie, une figure controversée du mannequinat

Gérald Marie, aujourd’hui âgé de 72 ans, a marqué l’histoire d’Elite dans les années 1980 et 1990. Il a dirigé la branche européenne de l’agence, qui a lancé les carrières de nombreux top models, dont certains devenus des icônes mondiales. Cependant, son nom est aussi associé à des pratiques critiquées, notamment en matière de recrutement et de gestion des modèles. Plusieurs témoignages, recueillis ultérieurement, évoquaient des méthodes autoritaires et des comportements prédateurs au sein de l’agence.

La plainte de Carré Otis s’ajoute à une série d’accusations visant l’ancien directeur. Dans les années 2010, plusieurs mannequins avaient déjà dénoncé des agressions sexuelles imputées à des figures du milieu, dont Gérald Marie. Ces révélations avaient conduit à une prise de conscience collective sur les violences sexistes et sexuelles dans l’industrie du mannequinat. En 2020, une enquête interne menée par Elite avait d’ailleurs abouti au licenciement de plusieurs employés pour comportements inappropriés.

Un secteur en mutation face à ses démons

Cette affaire intervient à un moment où l’industrie du mannequinat tente de se réinventer. Depuis le mouvement #MeToo, de nombreuses agences ont mis en place des protocoles de prévention et de signalement des violences sexuelles. Les contrats incluent désormais des clauses de protection renforcées, et des cellules dédiées ont été créées pour accompagner les victimes. Pourtant, comme le montre cette plainte, les cicatrices du passé restent profondes, et les mécanismes de recours restent longs à mettre en œuvre.

Les associations féministes et les collectifs de victimes saluent ces avancées, tout en rappelant que la justice doit désormais suivre son cours. Pour Carré Otis, cette démarche judiciaire représente une tentative de retrouver une forme de justice après des décennies de silence. Son avocat a indiqué que d’autres victimes pourraient se manifester dans les semaines à venir, signe que cette affaire pourrait ouvrir une brèche dans un système longtemps verrouillé.

Et maintenant ?

La plainte déposée par Carré Otis devrait désormais être instruite par la justice française. Les enquêteurs vont devoir recueillir les témoignages et les preuves, une tâche complexe compte tenu de l’ancienneté des faits. Une instruction judiciaire pourrait s’ouvrir dans les prochains mois, avec des auditions potentielles de témoins et d’experts. Si la procédure aboutit, un procès pourrait avoir lieu d’ici un à deux ans, selon les délais habituels de la justice.

Cette affaire rappelle aussi que le secteur du mannequinat doit poursuivre ses efforts pour éradiquer les violences sexistes et sexuelles. Des initiatives comme la signature de chartes éthiques ou la formation des recruteurs pourraient être renforcées dans les mois à venir.

Cette plainte survient à un moment où la société toute entière questionne ses propres mécanismes de justice et de réparation. Pour les victimes, elle représente une lueur d’espoir, mais aussi un rappel cruel de l’impunité qui a trop longtemps protégé les agresseurs.